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Interviews
    Guinée : Grande interview de Sadio Barry dans le journal Sanakou

    Sotelgui S.A

     lundi 31 octobre 2016   

    Dans son N°062 de ce 31 octobre 2016, le Magazine d’informations de proximité de la Moyenne Guinée, Sanakou, a publié la grande et importante interview qu’elle a réalisée avec Sadio Barry, le Président du parti Bloc Pour l’Alternance en Guinée (BAG), afin de connaître son opinion sur des questions brûlantes du pays et l’accord inter-guinéen du 12 octobre 2016.

    Ci-dessous, l’intégralité de l’entrevue :

    1) - Bonjour M. Sadio Barry ! Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

    Sadio Barry (SB): je m’appelle Abdoulaye Sadio Barry. Je suis né à Siguiri de père et de mère guinéens, eux-mêmes tous deux de père et mère guinéens et j’ai grandi à Kankan. Je suis marié à une femme guinéenne et père de 3 enfants.

    J’ai fait l’école primaire et le collège à Kankan, le lycée à Fria et l’université à Conakry (Electromécanique).
    Membre du Comité de Coordination des étudiants (CC) de 1991-1992
    Membre du Conseil des Œuvres Universitaires de Conakry (1991-1992)
    Ancien responsable du grand mouvement des étudiants de Guinée (1991-1992),
    Diplômé d’Informatique, fondateur du site www.guineepresse.info,
    Vice-président du Conseil d’Intégration de Aachen en Allemagne, regroupant les partis politiques allemands, les organisations de la société civile et l’administration (2010),
    Président du Conseil d’Intégration de Aachen en Allemagne (2010-2014),
    Délégué de Aachen à la Commission Nationale d’Intégration de l’Etat NRW (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), l’Etat le plus peuplé de la Fédération Allemande avec 18 millions d’habitants,
    14.06.2015 – 04.09.2015 : Secrétaire Général du Bureau Exécutif National du parti UFD (Nous avons démissionné de ce parti en bloc quand son président a voulu rejoindre Alpha Condé).

    2)- Monsieur Barry, après avoir essayé beaucoup d'alliances, vous avez décidé finalement de lancer votre propre parti. Quels sont vos atouts pour réussir là où vos aînés ont échoué ?

    SB : Notre premier atout est d’abord la Crédibilité.

    La jeunesse, des sages et intellectuels jamais compromis en Guinée et les Guinéens de la diaspora constituent les supports-clés et fondateurs du parti. Et un parti supporté par la diaspora est nécessairement innovateur et plus démocratique en Afrique, tout en jouissant d’une meilleure crédibilité auprès des populations et ayant une vue multi-perspective (intérieur et extérieur).

    Tous les anciens Ministres de Conté ont échoué face à leur adversaire voire ennemi commun Alpha Condé venu de l’extérieur, parce qu’ils ne s’aiment pas entre eux et ne se font pas confiance.

    Le candidat de l’UFDG a échoué en 2010 parce que d’un côté, ses amis d’enfance, tous ses collègues de travail et leaders politiques n’ont pas eu confiance en lui et se sont ralliés à Alpha Condé contre lui, et de l’autre, il n’a pas écouté les conseils et avertissements qui lui ont été donnés même par les autorités françaises qui le soutenaient à l’époque, ce que beaucoup ne savent pas en Guinée. Ce n’est pas la France qui a mis Alpha au pouvoir en Guinée comme certains le pensent, mais c’est bien Cellou Dalein qui a été lui-même le principal artisan de tous ses échecs politiques en Guinée.

    Politiquement, Cellou Dalein n’a aucune compétence. Il ne fait que jouir de la frustration et de la mobilisation de la communauté peule de Guinée. Et même ça, il ne sait malheureusement pas comment le capitaliser. Soyez-en certain, si les Guinéens me mettent à la place de Cellou Dalein Diallo aux prochaines législatives, il n’y a aucun doute que je serai à la place d’Alpha Condé à la prochaine présidentielle.

    Ceux qui en ont marre du statuquo actuel et de la mauvaise gouvernance, ceux qui se soucient de l’avenir du pays et qui aspirent à un véritable changement démocratique, qu’ils soient du RPG ou de l’UFDG, ils doivent simplement voter le BAG aux prochaines législatives.

    Notre deuxième atout est notre force et l’espoir que nous apportons enfin par :

    - Des jeunes et des femmes dynamiques et engagés, mus par des idéaux et principes
    - La volonté de changement du côté population
    - La perte de crédibilité de la vieille ou actuelle classe politique dans son ensemble.
    - La transversalité de notre équipe politique (parti alternatif national).
    - Le fait d’être nouveau dans l’arène politique, justifié par l’échec des anciens partis tant sur le plan social que politique.

    Enfin, un troisième atout réside dans mes liens sociaux et mon passé

    La principale conséquence de la gestion actuelle du pays est l’ancrage et le refuge ethnique de la population et il est très important d’en tenir compte. Malheureusement, les conditions de vie actuelles de cette population qui ne cessent de se détériorer, les frustrations qui ne font que s’accumuler, indépendamment de l’appartenance politique ou ethnique, au lieu d’unir et réunir les gens, sont entrain plutôt de renforcer cet ancrage, seul possible refuge ou recours pour la survie.

    Chacun regarde l’autre en chien de faïence et, connaissant ou ayant appris à tort ou à raison le mal que lui et les siens ont infligé ou pensent avoir infligé aux autres, redoute et est effrayé et terrorisé à la simple idée de leur colère et désir de vengeance et refuse d’accepter l’alternance.

    Moi je suis de la Haute Guinée, appartenant aux deux villes les plus importantes, stratégiques voire problématiques de la région malinké (né à Siguiri et grandi à Kankan).

    A Fria en Basse Côte, ma famille adoptive où je fis mes études secondaires jusqu’à l’université est soussou. C’est une grande famille notable de Boffa.

    Je fais partie des responsables des mouvements de jeunes et étudiants des années 90 auxquels on doit le multipartisme et le processus démocratique en cours en Guinée. Je fus un des proches compagnons d’Alpha Condé dans la fondation et l’implantation du RPG en Guinée. C’est en signe de protestation contre les dérives et pratiques ethniques de la direction nationale du RPG que j’ai quitté le mouvement politique d’Alpha Condé en aout 1991.

    En 2015, j’étais la deuxième personnalité du parti UFD (Secrétaire Général du BE). Dès que nous avions soupçonné les velléités du Président de ce parti de rallier le pouvoir, nous avions alors démissionné en bloc avec plus de la moitié du bureau exécutif du parti derrière moi.

    C’est cette équipe, jouissant d’une grande crédibilité politique et d’estime auprès des jeunes et, aujourd’hui, dans les milieux guinéens, qui a décidé de fonder son propre parti afin d’accomplir la mission politique qu’elle s’est assignée en Guinée.

    3)- Pouvez-vous nous parler du choix du nom et du logo du parti ?

    L’emblème du B.A.G est l’Aigle brun avec en fond le Soleil (Article 5 des Statuts).
    Le soleil, symbole de pouvoir, par sa lumière éclaire et voit tout. Nous avons choisi le lever du soleil qui symbolise la renaissance et la régénération. L’aigle, quand à lui, est symbole de majesté, de courage et de vision. L'aigle est souverain, il est puissant, il est rapide et voit très loin, il possède de grandes serres et des pattes puissantes pour saisir ses proies. Il ne perd jamais ce qu’il a gagné. Il ne fait pas que voler, mais il peut s’élever très haut. Intelligent et courageux, il affronte les obstacles, il sait saisir des opportunités et convertir une situation défavorable à son avantage. C’est ainsi que l’aigle vole à travers la tempête. Le seul animal, le seul être vivant qui ose chasser dans la tempête.

    Fidèle à ses amitiés et à ses convictions, l’aigle s’en fout de rester seul, tant qu’il ne trouve pas le bon partenaire. Il se marie une fois et pour la vie. Il ne se lance pas dans une aventure juste parce qu’il a vu les autres le faire. Quand il vise un objectif, il reste fidèle à ses engagements.

    Nous avons été séduits par ce que cet oiseau représente : les idées de beauté, de fidélité, de rapidité, d’audace, de détermination, de force et de prestige.

    Autre raison pratique du choix de l’aigle dans la symbolisation du parti B.A.G (Bloc pour l’Alternance en Guinée):

    Le parti au pouvoir (RPG) a inconsciemment choisi le coq, c'est-à-dire le poulet comme symbole. Cela lui va vraiment à merveille ! Parce qu’au fait, le poulet et le corbeau symbolisent la paresse et la saleté. Quoi de mieux qu’un aigle pour chasser les poulets qui souillent actuellement notre pays ? Notez bien qu’il ne s’agit pas ici du petit épervier qui attrape les poussins, mais bien de l’aigle qui prend les coqs, les poules et même les renards. Car, c’est le coq lui-même et son fauteuil qui nous intéresse en Guinée, pas les poussins que nous allons convertir après.

    Comme notre emblème, le B.A.G veut symboliser la clairvoyance, l’audace, la force, l’espoir pour l’alternance, qui permettra enfin à la Guinée de prendre son envol et de la hauteur vers la lumière, la renaissance, la régénération. Nous voulons rendre à la Guinée sa souveraineté, sa dignité, sa grandeur, sa fierté et son prestige perdus.

    4- Comment appréciez-vous les accords issus du récent dialogue politique inter guinéens?

    Décevant, car mauvais et même dangereux pour la démocratie en Guinée !
    Les anciens ministres leaders n’ont pas la maitrise des choses et ne sont pas à la hauteur de leurs titres. Même quand on a jamais participé à une grève ou dirigé un mouvement de revendication avant d’être leader politique, on doit être capable de tirer des leçons du passé, de par simplement le bon sens. Mais malheureusement, l’opposition guinéenne, sous la direction du président de l’UFDG, répète de façon systématique, périodique et aux mêmes occasions, les mêmes fautes et erreurs! Cet accord n’est pas seulement un échec comme les précédents, c’est un coup de poignard contre le peuple et la démocratie en Guinée.

    5)- Concrètement, qu'est-ce qui sent mauvais dans ces accords?

    Premier constat : la baisse des prix que l’opposition avait promise en appelant à manifester en aout et en s’engageant dans le dialogue a été oubliée. L’opposition n’a non seulement rien obtenu sur les 5 points qu’elle a présentés, pire encore, dans sa volonté de prouver sa bonne foi de vouloir collaborer avec le pouvoir, elle lui a fait des concessions dangereuses en acceptant la suppression du droit de vote des citoyens dans les quartiers et districts. Un droit pourtant prescrit par la Constitution.

    Quand on veut agir en homme politique, il faut mesurer les conséquences avant de poser certains actes. Par cet accord, l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo encourage et entérine le principe de la violation de la loi et de la modification de la Constitution en Guinée pour satisfaire ses intérêts personnels et égoïstes. Si Alpha Condé tente à son tour de modifier la Constitution pour une raison quelconque, ils ne seront plus crédibles pour le dénoncer ou être entendus par la communauté internationale.

    Ils ont poussé la bêtise jusqu’à écrire : « 7. Les parties au Dialogue observent que l’état actuel du fichier électoral permet son utilisation sans trop d’incidences pour les prochaines élections locales ».

    Comment le Président de l’UFDG peut oublier dans quelles conditions ce fichier a été constitué et surtout que beaucoup de ses militants et sympathisants ont perdu la vie ou leurs biens en contestant ce fichier sur son appel ?!

    L’accord stipule au point 8 que: « Les parties au Dialogue s’accordent pour les élections nationales à venir, sur le recrutement par la CENI, sur la base d’un Appel d’Offres International, d’un Cabinet pour réaliser un Audit complet du Fichier Electoral, afin de formuler des recommandations permettant d’assainir davantage le Fichier et le rendre plus performant et consensuel ».

    Ainsi, c’est la CENI actuelle que l’opposition avait déjà récusée, source de tous les problèmes et de la corruption du fichier qui est encore chargée d’en faire la correction après avoir organisé son audit !!! Pire encore, c’est elle-même qui doit recruter le cabinet auditeur. Manifestement, la coalition dirigée par le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, n’a tiré aucune leçon du passé et de l'affaire GEMALTO, l'opérateur électoral à la présidentielle de 2015.

    Coté Justice et dédommagement, les victimes depuis fin 2013 jusqu'à nos jours ne sont malheureusement pas prises en compte! Les cadres et militants de l’UFDG de Conakry, Labé, Banankoro et de Boké ainsi que les commerçants de Madina ont donc tous été sacrifiés à l’hôtel du partenariat que Cellou Dalein souhaite avoir avec Alpha Condé. Ils apprécieront !

    6)- Qu'est-ce que vous préconisez pour infléchir la tendance en faveur du renforcement de la démocratie à la base ?

    Que le peuple se lève pour défendre ses droits, sanctionner ceux qui trahissent et nous aide à faire émerger un leadership nouveau et crédible ! Le pouvoir et son nouveau partenaire UFDG ont décidé de supprimer les élections à la base, dans les quartiers et districts afin de se partager ces postes par simple nomination après les élections communales. Alors que la loi et la Constitution interdisent aux partis politiques la participation aux élections communautaires.

    En effet, la Constitution guinéenne en vigueur, stipule à son article 136 alinéa 2, que : « Les Collectivités Locales s'administrent librement par des Conseils élus, sous le contrôle d'un délégué de l'Etat qui a la charge des intérêts nationaux et du respect des lois »

    Et le code électoral, à son article 109 alinéa 2 stipule que : « Aucun candidat ou liste de candidat, ne doit faire campagne sous le couvert d’un parti politique ou de toute autre organisation gouvernementale ou non gouvernementale (ONG) ».

    Il s'agit là d'une garantie constitutionnelle de la démocratie à la base que le RPG et l’UFDG veulent démanteler à leur profit en violation flagrante de la Constitution ! Nous devons l’empêcher par tous les moyens.

    Cet accord apporte les preuves que parmi les partis et leaders que les Guinéens ont jusque-là soutenus, parfois au prix de leur vie, beaucoup ont échangé volontiers l'honneur contre les honneurs et l’intérêt personnel. Ceux qui parlent et décident en notre nom n’ont pas tenu leurs parole, ils n’ont pas respecté leurs engagements. Alors si nous voulons nous en sortir en Guinée, nous devons comprendre, comme l’a dit Albert Einstein, que : « Ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’il faut espérer les résoudre ».

    Ou encore, comme l’a dit Mhairi McFarlane : « Ne rien faire, et rien ne se passe. La vie ne se passe pas comme ça. Elle est faite de décisions. Vous faites des choix ou on les fait pour vous, mais vous ne pouvez pas les éviter »

    Et enfin, comme le dit Diana Ross : « Vous ne pouvez vous asseoir et attendre que des gens réalisent pour vous votre rêve. »

    Pour Alpha Condé, il n’y a que deux choses normales en politique : la conquête du pouvoir et la conservation du pouvoir. Et pour les anciens ministres leaders politiques, la politique n’est autre qu’un moyen de participer au partage du gâteau, de garder et préserver des privilèges, d’échapper à la justice et de jouir impunément des biens mal acquis.

    Les pertes et douleurs que nous allons subir en nous dressant dès maintenant pour le respect et l’application stricte de la Constitution et des lois du pays, pour la justice et le traitement égal des Guinéennes et Guinéens, pour un fichier correct avant l’organisation de toute élection en Guinée, sont incomparables a celles que nous subirons après en allant aux élections avec ce fichier et cette CENI.

    En réalité, les anciens ministres leaders de l’opposition guinéenne sont toujours en retard et surtout allergiques à la démocratie. Ils sont lents à comprendre les choses et sont incapables de réagir de manière adéquate et judicieuse quand enfin ils les comprennent. Ils ne font que constater des faits accomplis, se lamenter et verser des larmes de crocodiles.

    Jusqu’à quand leur permettrons-nous de commettre impunément ces erreurs? Elles sont trop nombreuses et nous n’en avons déjà que trop souffert ! Que de malheurs et de pertes à cause de leurs faux pas, de leurs hésitations, de leur incompétence et de leur trahison !

    Comme le dit une sagesse européenne, agissons pour chasser le renard et nous mettre à l’abri de ses soucis. Si le renard t’échappe, tu n’y verras que de la poussière.

    7)- Dans l’accord, il est également question de reformer la CENI et la remplacer par un organe plutôt technique. Votre position sur cette question ?

    SB : La réforme de la CENI est un point qui relevait déjà des accords passés depuis 2014. Ce n’est donc pas un acquis de ce nouvel accord.

    Je suis pour le retrait total et définitif des soi-disant membres de la société civile des affaires et institutions politiques du pays. On leur a accordé l’honneur et le privilège de diriger des institutions sensibles comme la CENI pour garantir la neutralité de ces institutions et le succès du processus démocratique. Fort malheureusement, ils ont toujours trahi et se vendent au plus offrant. Ils font leur carrière, non plus sur la base de leurs CVs, mais plutôt dans la traitrise et sur le dos du peuple. Tous ceux d’entre eux qui ont été mis à l’épreuve ont prouvé qu’ils sont opportunistes, corrompus et incompétents.

    Il faut désormais clarifier les choses en Guinée : on a des fonctionnaires ou agents de l’Etat, des partis politiques ainsi que des entreprises ou ONG (organisations non gouvernementales).

    Que chacun reste à la place qu’il a librement choisie et assume pleinement son choix ! Les partis politiques ne doivent plus accepter qu’une soi-disant société civile soit associée à des négociations politiques, de même que les partis ne doivent pas décider pour les organisations apolitiques. Personne n’est et ne pourra être neutre aujourd’hui en Guinée et ceux qui sont portés par l’intérêt personnel sont les plus nombreux.

    8)- Votre point de vue sur le statut du chef de file de l’opposition qui va jouir désormais des avantages en Guinée en tant qu’institution ?

    SB : C’est la pire des aberrations politiques que nous vivons en Guinée. Dans le pluralisme politique, il est aberrant et absurde de nommer le leader d’un parti, chef et porte-parole de tous les partis de l’opposition. Chacun est chef de son parti et défend ses intérêts qui peuvent être opposés à ceux des autres.

    La situation actuelle où d’un côté le leader de l’UFDG et chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, se propose d’être le meilleur partenaire du Président Alpha Condé, selon ses propres termes, et de l’autre la contestation des accords politiques qu’il a signés au nom de l’opposition par beaucoup d’autres partis importants de cette opposition et des organisations citoyennes, montrent que ce statut de chef de file de l’opposition n’a pas sa raison d’être et n’est qu’un piège et un cadeau empoisonné que l’opposition dirigée par des anciens ministres a avalé sans réfléchir.

    Depuis quand le Président de la République a promulgué cette loi ? Pourquoi ce n’est que quand il a voulu engager un dialogue et avait besoin d’obtenir quelque chose de Cellou qu’il est revenu sur cette loi et a promis de la mettre en application pour, a-t-il publiquement dit, accorder des privilèges à son nouvel ami ? Un opposant qui reçoit des locaux, des véhicules de service et un salaire mensuel ou budget de fonctionnement du chef de l’Etat est quoi selon vous ?

    Alpha Condé a réussi à faire de son principal opposant, le chef de tous les autres partis de l’opposition et un de ses ministres. Comment s’étonner donc que les conclusions du dialogue soient la légalisation de ce que le pouvoir a toujours voulu forcer : la nomination des conseils et chefs de quartiers et de districts, le maintien du fichier de la fraude et la reconnaissance de la CENI de Bakary Fofana ?

    Un constat : même ce statut de chef de file de l’opposition nous apporte la preuve que le leader Cellou Dalein Diallo ne pourra jamais défendre même ses propres droits. Dans le rang protocolaire, on cite toujours le Haut Représentant du chef de l’Etat (Sidya Touré) avant le Chef de File de l’Opposition (Cellou Dalein Diallo), sans qu’il n’ose dire un mot. Alors que le poste du Haut Représentant du chef de l’Etat n’est pas une Institution contrairement à celui du Chef de File de l’Opposition.

    Par ailleurs, au cours d’un mandat présidentiel, les partis politiques se préparent pour trois élections : communales et communautaires, législatives et présidentielle. Donner un budget de fonctionnement et des véhicules de service au leader d’un parti politique, c’est violer le principe de l’égalité de chance des partis en compétition sur le terrain.

    J’invite donc le parlement guinéen à corriger le tir en annulant la loi portant sur le statut du chef de file de l’opposition. Au moins le groupe parlementaire de l’UFR devrait avoir la sincérité d’en faire la demande au Parlement.

    9)- Comment comptez-vous vous y prendre pour vous impliquer efficacement dans le débat politique guinéen à partir de l'extérieur du pays ?

    SB : Alpha Condé et le RPG, comme la plupart des oppositions africaines des années 80 et 90 l’ont réussi à un moment où la communication à distance était presqu’inexistante en direction de l’Afrique. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de tenir une réunion à Conakry avec la participation interactive des membres du parti dans les quatre coins du monde. Mais pour ce qui est du Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG), nous avons fondé le parti et élu le Bureau Exécutif National à Conakry.

    Je suis le seul membre du BEN qui n’est pas en Guinée en ce moment et ce, pour des raisons professionnelles et familiales, en attendant que le parti soit en activité intense. C’est le parti qui participe au débat politique et non le Président en tant que personne. Le BAG est bien structuré et les tâches sont reparties en fonction des compétences. Le parti est donc bien représenté à tous les niveaux et dans chaque domaine pour participer pleinement et efficacement à l’animation de la vie politique en Guinée.

    10)- A quand votre retour définitif en Guinée ?

    SB: Le plutôt que cela sera possible et nécessaire.

    Propos recueillis par
    Idrissa Sampiring DIALLO
    Pour www.nlsguinee.com

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