lundi 15 juin 2015
La prestation de serment de Muhamadu Buhari comme nouveau président le 29 Mai dernier ouvre, une nouvelle ère dans la construction et la consolidation de la democratie au Nigeria.
Cette passation du pouvoir dans la douceur prouve à suffisance que quand tous les acteurs jouent leur partition il n’y pas de raison que les résultats ne suivent pas. Une bonne démocratie c’est des élections transparentes et des résultats acceptés de tous.
En reconnaissant la victoire du General Muhamadu Buhari, le président Ébelé Goodluck Jonathan a non seulement montrer son attachement aux principes de la démocratie, mais sa stature d’homme d’état et a surtout évité au Nigeria des violences postes électorales aux conséquences incalculables et inimaginables.
Avec cette défaite, il engrange une victoire. Celle-là qui va lui permettre de sortir par la grande porte et la tête haute du pouvoir. En acceptant cette défaite il entre dans l’histoire comme le premier président à avoir accepté une défaite électorale au Nigeria. Si son acte est à saluer, il a aussi évité à son pays des violences qui avaient fait des centaines de morts après la présidentielle de 2011.
Une première pour ce pays jadis champion des coups d’états. Cette victoire est celle de la confiance sur le doute. Elle évite au Nigeria, une crise postélectorale dont malheureusement l'Afrique en a fait une marque déposé. Il évite aussi à la sous-région le spectre de l’instabilité et du chaos. Le président J.G. avait promis une élection libre et transparente et il l’a fait.
Quelle chance pour le Nigeria et l’Afrique de l’Ouest ! Jonathan, « The Good Luck » de la démocratie.
A la croisée des chemins, le Nigeria avait besoin de cette élection pour se rassurer, rassurer ses voisins et les investisseurs. Cette élection est aussi un signal fort à Abubakar Shekau et sa bande de voyous de BOKO HARAM de déposer les armes. Qualifier de géant au pied d'argile, le Nigeria vient de démontrer par cette élection que ce surnom n’est pas le sien, mais une vue erronée et avilissante de ses détracteurs et prouve à suffisance leur méconnaissance de ce pays. Pour ceux qui doutaient du Nigeria cette élection est votre réponse.
La démocratie ne se décrète, ne s'impose pas, mais se construit. C’est un processus pas un dictat. Si les grieffes contre le président G.J. ont été nombreux, cette élection à elle seul suffit pour oublier les faux pas et autres erreurs de son passage à la tête du Nigeria. Si le général Muhamadu Buhari est le nouveau président démocratiquement élu à l’issue de cette consultation, le président sortant en est le véritable architecte. Au vu de la situation que vit le Nigeria, rien ne présageait de la tenue de cette élection qualifiée de juste, équitable et transparente par de nombreux observateurs.
En choisissant le General Buhari et le changement qu’il incarne les Nigérians ont clairement fait le pari de la démocratie et intégré le giron des grands pays démocratiques comme l’Inde et le Brésil pour ne citer que ces deux-là.
En tournant le dos définitivement aux vieilles habitudes (coups d’états) qui pendant 43 ans (1960 -2003) ont donné les résultats que l'on sait. Les Nigérians ont fait le pari réussi de la démocratie et de l’alternance pacifique. En écrivant cette belle page de la démocratie les Nigérians viennent de démontrer qu'ils n'ont de leçons à recevoir de personne. Cette élection doit plutôt servir de leçon à beaucoup de pays surtout dans la sous-région.
L’élection derrière lui, le président Buhari devra réconcilier les Nigérians avec leur gouvernement s’attaquer à la corruption et confronter le péril de l’heure, les terroristes de Boko Haram. Habituer des arcanes du pouvoir, l’ex général démocratiquement élu devra avoir une main de fer dans un gant de velours. Comme la démocratie, il lui faudra de la poigne, de l’agilité, du temps et surtout du consensus.
Le temps, la seule denrée qui peut être lui fera défaut. Les Nigérians eux sont las d’attendre et sont devenus exigeants tant les défis sont nombreux et gigantesques à l’image du pays et de sa population.
Cherif Zawiya Diallo
Pour www.nlsguinee.com
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