mercredi 01 avril 2015
La rencontre à Paris entre les principaux Responsables de l’opposition (Sidya TOURE, Cellou Dalein DIALLO, BA Oury, et Lansana KOUYATE) a fait et continue de faire l’objet de commentaires inégaux, parfois injustes.
D’autres sont tout simplement une succession d’incohérences et d’accusations mensongères. C’est le cas avec l’article intitulé : « Que s’est-il donc passé à Paris ? », récemment publié sur le site de GBASSIKOLO.
L’auteur, par habileté d’ailleurs maladroite, fait semblant de louer les qualités qu’il prétend reconnaître à M. Cellou Dalein DIALO, mais avec beaucoup de conditionnels, comme si lui-même doutait de ce qu’il écrit au sujet du président de l’U.F.D.G.
Alors, qu’écrit-il en résumé ?
1- Pour avoir reconnu l’illégitimité pourtant indiscutable de M. Alpha CONDE au pouvoir, Cellou Dalein DIALLO se serait fait piéger par ses collègues, « moins intelligents et plus diaboliques ». Je mets les guillemets ici, parce que notre commentateur n’a pas employé ces qualificatifs, mais en creux, c’est ce qu’on comprend, ou plutôt c’est que j’en ai déduit.
2- L’O.R.E.P. dont je suis un des fondateurs, créé le premier Mars 2014, serait à l’origine de la proposition de « candidature unique ». Elle serait donc une sorte de sous-main de l’U.F.R., et peut-être au service de Sidya (l’ennemi à abattre ?). Son argument principal ?-« …Les vrais fondateurs étaient à majorité membres de l’U.F.R. ….».
3- En Guinée, il n’y a que M. Cellou Dalein (qui vient de se faire piéger selon notre commentateur), et M. Alpha CONDE qui lui, serait un génie sans lequel notre pays replongerait dans les « ténèbres » dont il l’aurait sorti en 2010. M. Sidya et l’U.F.R. ne seraient que des supplétifs dont le destin est de servir de bétail électoral à l’un ou à l’autre. Pourquoi ?---« …. Mais à cause du repli identitaire causé en grande partie par nos politiques….Ils (Sidya et KOUYATE) n’auraient aucune chance d’être élus….Par conséquent, l’U.F.D.G. aurait trois fois plus de chance que l’U.F.R…. ».
L’oracle a parlé, sur un ton hautain, péremptoire, catégorique et définitif. Il a un souci indéniable de paraitre sérieux, pédagogue. Il plaint « nos politiciens qui essaient de dissocier ces deux notions de droit public… ». Ici, il veut parler de « légalité et légitimité ». A la veille d’une élection aussi importante dit-il, il a décidé « comme d’habitude, de rester du côté de la vérité et de la justice ». Le Saint homme !
J’aurai pu ne pas faire attention à ce « brillantissime » texte et m’abstenir d’en parler. Mais voilà ! l’O.R.E.P. est attaquée (pas avec virulence), mais par affabulation pure et simple. Par ailleurs, ce « que s’est-il passé à Paris ? » me semble particulièrement désobligeant pour M. Cellou Dalein DIALLO dont je ne suis évidemment pas l’avocat. Je m’empresse de l’écrire.
Créée le premier Mars 2014, l’O.R.E.P. ne peut en aucun cas, être le mouvement dont aurait émané la proposition de candidature unique. Car cette idée a commencé à courir dès le début de 2013, bien avant les législatives de la même année et donc avant l’existence de notre mouvement (mes amis et moi-même).
Par ailleurs, les fondateurs de cette Association ne sont pas en majorité des membres de l’U.F.R. Nous sommes deux membre-fondateurs appartenant à l’U.F.R. : Dr. Abdoul Baldé et moi-même. Notre ami personnel commun, HABA Cécé Roger n’est plus membre de l’U.F.R. depuis bien longtemps. Mais s’il décidait d’y revenir, la porte lui sera grandement ouverte, et il sera accueilli avec bienveillance et fraternité. Sur ce plan, M. Aziz BAH est mal renseigné. Il a peut-être été trompé par son informateur.
L’O.R.E.P. est un mouvement de nature politique, mais pas un parti politique. Nos sympathisants sont pour l’essentiel en Guinée. Ils ne sont affiliés à aucun parti, mais ils partagent nos idées. Après ce petit détail, revenons aux choses sérieuses.
Recherchant en apparence une certaine solidité, d’entrée de jeu, M. Aziz BAH déplore que les opposants dissocient légitimité et légalité pour aboutir au constat que M. Alpha CONDE est disqualifié à présider aux destinées de notre pays. Mais lui-même ne nous explique pas ce qu’est la légitimité, à part de dire « …on nous enseigne en droit public que…. ». M. GANDO Baldé (je ne le connais que par ses interventions), en est d’ailleurs étonné.
Contrairement à ce qu’écrit notre ami, il faut dissocier LEGITIMITE et LEGALITE. La complémentarité n’est pas la confusion. La légitimité, c’est ce qui est perçu, compris par le plus grand nombre comme juste, équitable, normal qu’il en soit ainsi, et donc acceptable et accepté par tous et toutes. Dans ce cas, on lui donne une forme qui le rende raisonnablement NORMAL, compréhensible pour la collectivité (village, association, nation….), ou l’individu. C’est cela la règle de droit.
Autrement dit, la légalité c’est ce dont la légitimité est éprouvée ou devrait être prouvée. Et parce que, on en reconnait la légitimité, on l’érige en règle commune. Une légalité dépourvue de légitimité ne repose plus que sur la violence.
En Guinée, nous sommes exactement dans cette situation depuis 2011. Plus d’une soixantaine de personnes ont été délibérément massacrées pour avoir juste usé de leurs droits constitutionnels d’exprimer publiquement leur désaccord avec le pouvoir. Un pouvoir légitime gère par la discussion, le débat, la persuasion les conflits qui l’opposent à ses adversaires politiques. M. Aziz BAH n’est pas de mauvaise foi, bien au contraire. Mais il n’a pas bien compris la notion qu’il évoque. Ce qui explique le mauvais usage qu’il en fait.
Les Grandes Démocraties dont il parle, cherchent en permanence à éviter que la légalité à laquelle elles recourent, reste en tout temps et tout lieu, légitime. Elles sont si soucieuses de garder une légitimité indiscutable à leur pouvoir, que les Dirigeants pourtant élus, n’hésitent pas à démissionner dès lors qu’ils ont le sentiment d’avoir perdu toute légitimité, même si l’échéance légale de leur mandat n’est pas arrivée.
Ainsi, il y a quelques années, M. Tony BLAIR a été obligé de démissionner de son mandat de premier ministre britannique bien avant l’échéance électorale. Il n’avait plus aucune légitimité dans sa fonction, parce qu’il avait menti pour entrainer son pays dans une guerre aux côtés des U.S.A.
Dans d’autres pays (France, Allemagne,….) démocratiques, il arrive qu’une décision votée par une représentation nationale ou régionale ne soit pas appliquée, ou même retirée, parce que les populations concernées en contestent la légitimité.
En résumé, on use de la force pour faire respecter une légalité dont la légitimité est indiscutable. Aucune violence, aucune brutalité, aucune force ne peut engendrer une légitimité. En revanche, un pouvoir illégitime perd de facto toute légalité aux yeux de ceux qu’il opprime ou brutalise. Et les victimes, comme c’est le cas en Guinée sont naturellement fondées à utiliser tous les moyens pour se débarrasser du pouvoir dont elles contestent la légitimité.
Exemple : l’apartheid était un régime légal fondé sur un racisme légal, inscrit dans la constitution. Le respect de cette légalité par ses victimes (Noirs pour l’essentiel) pouvait s’analyser comme leur consentement à leur propre bestialisation. Tandis que leur insurrection contre un système légal qui leur était insupportable, a été reçue par les pays, y compris ceux qui sont attachés à la notion de légalité, comme LEGITIME et donc juste, normal, équitable et acceptable. La suite, chacun la connait.
Le régime de M. Alpha CONDE n’est évidemment pas l’apartheid. Mais la violence infligée au pays (voir les répressions meurtrières doublées d’assassinats ciblés), les pillages économiques (concessions minières opaques, des caisses de devises, d’or et de diamant saisies à Dakar en direction de DUBAÏ où réside son fils), la désinvolture vis-à-vis du virus EBOLA, alors qu’il aurait pu l’endiguer, s’il avait eu un minimum de considération pour nos compatriotes, la main basse sur le budget national(le président s’est attribué 100.000 euros par jour comme budget présidentiel) sont largement suffisants comme indicateurs sérieux établissant l’ILLEGITIMITE d pouvoir du Président Alpha CONDE.
Par ailleurs, quatre ans durant, il a refusé d’organiser des législatives, régnant ainsi sur la Guinée, sans aucun contrôle sur son action, exactement comme un Roi.
Dans des pays africains autres que la Guinée, des patriotes organisés et déterminés l’auraient depuis longtemps mis à la disposition des tribunaux pour attentat contre les institutions.
M. Aziz BAH, dans sa « bienveillance » un peu excessive pour M. Cellou Dalein DIALLO, lui attribue, ou lui trouve une page de qualités. Mais il les met toutes au conditionnel. A aucun moment il n’est affirmatif sur aucune qualité. « …Il aurait….Il serait…. ». Selon lui, aucune qualité n’est assurée chez Cellou.
Par contre, avec M. Alpha CONDE, il est catégorique. A son sujet, il écrit : « …Qu’on le reconnaisse ou pas, l’homme qui est aujourd’hui à la tête de la Guinée a été à l’avant-garde de la lutte politique pour l’avènement du multipartisme en Guinée…. ».
Je suis intrigué : pour célébrer M. Alpha CONDE, est-il i dispensable de dénigrer M. Cellou Dalein DIALLO ? Lors d’une récente rencontre à Paris, les principaux opposants constatant l’évidence, déclarent le pouvoir de M. Alpha CONDE désormais ILLEGITIME et le jugent indigne de rester à la tête de notre pays comme des millions de nos concitoyens le proclament à longueur de journée. De tous ces opposants, seul M. Dalein se serait fait piéger.
Les autres, tous les autres agissent librement, décideraient en toute liberté. Cellou Dalein lui, se serait fait piéger. Pardonnez-moi, M. Aziz BAH, j’ai une fâcheuse tendance à me mettre du côté de celui que je crois injustement attaqué.
Cellou n’a pas besoin de moi pour se défendre. Mais tout de même, pourquoi lui seul serait dépourvu de libre-arbitre, sans lucidité ? Pourquoi lui seul se serait associé à un texte avec lequel vous le déclarez autoritairement en désaccord ? Pensez-vous vraiment que Cellou est dépourvu de la moindre volonté, et qu’il est manipulable par le premier venu ?
Vous pouvez le critiquer. Mais il n’est pas indispensable de le mépriser. Acceptez pour une fois, que Cellou aussi prend ses décisions en toute liberté. Il peut se tromper. C’est un être humain. Mais il n’est pas plus sot que les autres.
M. Aziz BAH, vous écrivez des choses dont vous ne réalisez pas la portée. Vous parlez de repli identitaire qui serait causé en grande partie par « nos politiques ». Lesquels ? Vous n’en dites rien.
Je suis un homme politique certes modeste, mais un homme politique quand même. Serait-ce moi ? Sidya qui appartient à la plus petite minorité ethnique ? Vous l’imaginez en train de dire aux électeurs guinéens, « votez selon votre appartenance ethnique. » ? Puisque vous ne désignez aucun politique prônant le repli identitaire, je suis tenté de croire que c’est vous qui projetez sur les autres ce que vous souhaitez, ou que vous êtes peut-être en train de prôner.
Je me mêle de ce qui ne me regarde pas, me direz-vous. Exact. Je suis moi-même sévère, cruel parfois. Mais jamais méprisant. Je déteste qu’on méprise qui que ce soit. Là, je vous trouve méprisant pour Cellou.
Mamadou Billo SY SAVANE
Pour www.nlsguinee.com
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