lundi 09 février 2015
21 personnes accusées de faux et usage de faux sont actuellement devant la justice guinéenne. Précisément au tribunal de première instance de Mafanco à Conakry.
La justice leur reproche d’avoir de faux visas pour l’Angola. Ces personnes ont été interpellées à l’aéroport de Conakry. Curieusement, la justice reconnait que les passeports et les visas sont authentiques. Les premiers ont été délivrés par les services compétents guinéens. Les seconds par les services consulaires angolais.
Seul crime commis par les candidats à l’exil, les visas auraient été apposés à l’extérieur de la Guinée. Après avoir obtenu les passeports, les personnes concernées les auraient envoyés à l’étranger pour obtenir le visa. Et pour la justice guinéenne c’est cela qui pose problème. Pour le ministère public, on ne peut obtenir un visa que si on est physiquement présent.
Pour leur part, les accusés accusent. Ils estiment que leur malheur est causé par leur refus d’arrondir la fin du mois difficile aux policiers de l’aéroport. Lesquels leur auraient exigé 200 dollars par personnes.
L’affaire pourrait devenir une patate chaude entre les mains de la justice. D’autant plus que le roi des poursuites reconnait que ni les passeports ni les visas ne sont de faux documents. Ce mea culpa devrait, dans les conditions normales, amener les accusateurs à la place des accusés.
L’enquête a été bâclée. Autrement, elle aurait dû être menée jusque dans les capitales où les visas ont été apposés. Mais aller jusqu’à Johannesburg, Luanda ou Malabo pour mener des enquêtes relève de la gageure pour la justice guinéenne.
En attendant cette enquête, qui pourrait intervenir le 31 février prochain, les prévenus méditent en prison.
Est-ce le début de la réalisation d’une des promesses électorales du candidat Alpha Condé ?
En effet, le professeur avait promis entre autres de ramener la Guinée là où le responsable suprême de la révolution l’avait laissée. Or, on se souvient qu’à l’époque, vouloir sortir de la Guinée était un crime.
Le président Sékou Touré avait demandé à sa milice populaire d’abattre tout Guinéen franchissant la frontière, notamment celle du Sénégal. Dans le cas présent, les infortunés ont appris que le gouvernement guinéen a interdit d’aller en Angola.
Le moins que l’on puisse dire est que cette affaire n’honore pas la Guinée. Car en dépit de la situation chaotique dans laquelle les Guinéens d’Angola se trouvent avec un assassinat quotidien d’un guinéen dans ce pays, si d’autres Guinéens sont prêts à l’ultime sacrifice c’est que de l’intérieur la situation est des plus difficiles.
Si les Guinéens préfèrent prendre un tel risque en se rendant massivement encore en Angola cela devrait plutôt faire rougir leur gouvernement. Lequel gouvernement devrait étudier les causes de leur départ et essayer de les corriger au lieu d’interdire le voyage vers ce pays.
Un proverbe de chez nous dit « Si le singe trouvait tout ce dont il a besoin sur l’arbre, il ne serait pas descendu sur terre ». Ou encore « Si la mère-poule et ses poussins suivent la femme qui va au marigot c’est qu’ils n’ont pas trouvé celle qui va piler le fonio ».
Il est établi que les gens préfèrent la mort au déshonneur. Or ne pas pouvoir nourrir et soigner sa famille en est un. C’est pour cela que les Guinéens prennent le risque d’aller dans l’enfer angolais. Et il faut rappeler que ce pays n’est pas mieux doté par la nature que le nôtre. C’est qui fait la différence ce sont les dirigeants.
Pendant que les Angolais développent leur pays pour le rendre attractif, les Guinéens se remplissent les poches. Dommage pour ce pays.
Par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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