Guinée : La Prostitution : Les faits ou les causes ?
mardi 23 mai 2006
Personne ne devrait être obligé de vendre sa dignité de quelque manière que ce soit !
Les questions que tous devraient se poser à mon avis sur la prostitution en Guinée; sont les suivantes : les femmes célibataires, sont-elles des prostituées; ou des potentielles prostituables?
Et, le mariage est-il un remède contre la prostitution?
La question de la prostitution est très délicate à traiter en général; mais deux fois plus délicate pour une guinéenne en particulier. Compte tenu de plusieurs facteurs culturels. Car quand on parle prostitution on pense femme, jeune, célibataire qui vend son corps pour de l’argent en général.
Dans le petit Robert, la prostitution est définie comme suit : le fait de « livrer sont corps au plaisir sexuel d’autrui, pour de l’argent » et d’en faire métier. Voilà ce que dit le dictionnaire. Dans le même dictionnaire ils ne précisent pas le sexe de la personne qui se prostitue. Ils ne disent pas que la prostitution est masculine ou féminine; mais qu’il s’agit de « commerce » échanger sont corps moyennant rétribution. Selon ma compréhension de la définition, si on a de l’argent, on ne se prostitue pas. Cependant, on pourrait prostituer quelqu’un d’autre.
Comme j’ai pris l’engagement de « m’exposer devant la scène » dans le seul objectif de servir la justice, la vérité, la dignité et de participer à la promotion de la démocratie dans notre pays et partout où je serais. Donc je ne reculerais devant rien. Je sais qu’il peut y avoir des prix à payer pour un engagement comme ça. Et j’en suis consciente et prête à assumer !
Des faits où l’exception confirme la règle…suivez-moi!
Donc, je vous demanderais de regarder autour de vous ou que vous soyez de par le monde; et selon vos connaissances, le nombre de femmes mariées que vous connaissez, qui, au moment de leur mariage; étaient plus riches financièrement que leurs maris. Puis, parmi ces femmes mariées, combien ont un salaire provenant d’un métier, suffisant pour subvenir à leurs propres besoins; sans ne rien demander à leurs maris.
Et enfin, de regarder autour vous, toutes les femmes célibataires; mais professionnelles, instruites et éduquées, indépendante ou financièrement aisées, et qui se prostituent !
On pourrait dire que dans la catégorie de femmes célibataires et financièrement autonomes; il n y a presque aucun risque qu’elles se retrouvent dans la prostitution. À moins d’avoir de graves problèmes personnels!
Combien de femmes dans le monde, sont obligées de rester mariées, non pas par amour, mais par dépendance économique et financière?
Combien de femmes mariées sont « obligées » de se prostituer pour subvenir au besoin de leurs maris et familles pour cause de pauvreté ?
Nul ne pourra le savoir ! Figurez-vous que dans cette catégorie de prostituées; il ne peut y avoir un soupçon d’amour; en plus du fait qu’il est presque impossible de les identifier; puisqu’elles bénéficient de la couverture ambiguë du mariage!
Elles vendent leurs corps effectivement, dans le sens propre de la définition du mot. Dans le cadre des ménages polygames par exemple; la vie et la santé de plusieurs personnes sont en jeu. Car il suffit de l’infidélité du mari, d’une des épouses pour hypothéquer la vie et la santé de tous les autres, par des MTS !
Mais il faut savoir aussi que les personnes qui se prostituent en général n’ont pas accès aux préservatifs et à la contraception (une femme mariée qui chercherait à se procurer des préservatifs est soupçonnée d’infidélité). Par manque d’éducation, d’information, d’éloignement géographique; les condoms peuvent aussi être inabordables par le prix pour la plupart de ces personnes. Et quand elles en ont, leurs clients des hommes mariés très souvent ou, déjà impliqués dans d’autres relations, refusent ou négocient le port du condom!!!
Contrairement à certaines cultures à travers le monde, où les personnes choisissent entre plusieurs possibilités; la prostitution comme carrière. En Guinée, elle n’est engendrée que par la misère. Et elle n’est pas que féminine!!!
Non, loin s’en faut; des gigolos il y en a en Guinée; et des Guinéens gigolos il y en à l’étranger; et je ne vous dirais pas si j’ai eu recours à leur service! S’il est vrai que c’est la pauvreté qui créée la prostitution; et tous les fléaux qui accablent la Guinée; alors je crois que la meilleure chose à faire pour tous les « combattants de la morale », de la justice sociale et de la dignité humaine, serait de s’en prendre aux responsables de la pauvreté en Guinée. Et non de stigmatiser les filles qui supportent déjà des tas de problèmes sociaux créés par le sexisme sur leurs épaules! Sexisme, soutenu et entretenu par une majorité d’hommes irrespectueux; irresponsables. De repoussants MACHOS!
Que ceux qui sont engagés dans la lutte contre la prostitution en Guinée, aillent demander aux dirigeants de la guinée, combien parmi leurs filles, leurs fils, leurs femmes etc. se prostituent?
Et vous verrez ensuite que la réponse se trouve dans la question! Car je ne crois pas qu’eux et leurs proches soient présentement concernés par un manque d’argent; et d’ailleurs par tous les autres maux dont souffre la majorité des guinéens.
Je rêve d’un monde SANS PEUR de la pauvreté. Où, tous les HUMAINS seraient RESPONSABLES les uns envers les autres!
EST-CE QUE JE VOUS AIME ? OUI
Bilguissa BARRY
Montréal, CANADA
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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