mardi 06 janvier 2015
Une partie des musulmans de Guinée a passé la nuit dans les mosquées vendredi dernier. Ces musulmans célébraient l’anniversaire de la naissance de celui que le créateur a envoyé pour guider les hommes.
Cet anniversaire est célébré pendant la nuit comme la nuit du destin. Raison pour laquelle les autorités décrètent le lendemain jour férié. Mais cette année, cela ne valait pas la peine. La veillée ayant précédé le weekend.
Pourquoi les autorités ont donc décrété le lundi 5 janvier férié. Parce qu’on ne veut pas travailler dans ce pays ou parce que le mouvement syndical a annoncé le début de sa grève pour le même lundi ?
S’il s’agit du premier cas c’est grave dans la mesure où un pays comme la Guidée a besoin de travailler pour améliorer le sort de ses populations. Et si s’il s’agit de la deuxième hypothèse, la décision aura été une fuite en avant.
En tous les cas, ce mardi matin est un jour crucial. C’est le début de la grève. Une autre grève déclenchée un autre mois de janvier.
Avec le recul, le président Alpha Condé doit avoir de l’empathie pour celui qu’il a combattu durant tout son règne. Si l’opposition n’avait pas organisé la grève de 2007, elle a cependant approuvé et soutenu cette grève.
Aujourd’hui c’est le leader de cette opposition d’alors qui est à la tête de la Guinée. Il est là où se trouvait le président Conté. Il a les mêmes soucis.
Le communiqué du gouvernement en dit long sur la panique des autorités. Lesquelles prennent à témoin l’opinion nationale et internationale. Elles mettent en garde le syndicat et s’engage à tout mettre en œuvre pour assurer la liberté de ceux qui souhaiteraient se rendre à leur service. Avant de conclure que la porte reste ouverte pour les négociations.
La cause est donc entendue. La Guinée se plonge dans autre crise. Après celle d’Ebola, après celle de la politique aussi. Une nouvelle fois le syndicat pourrait voler la vedette à l’opposition. Les dés sont donc jetés.
Nouvelle grève, nouveaux protagonistes. Les syndicalistes ont été surpris par le caractère inflexible du président Lansana Conté en 2007. L’homme n’a cédé que quand la grève a débordé et dépassé ses organisateurs.
L’histoire va-t-elle se répéter ? Pour qui connait l’actuel président guinéen, sait que ce dernier va remuer terre et ciel pour sortir vainqueur de cette épreuve. Alpha Condé n’est pas Lansana Conté. Il est hors de question pour lui de s’enfermer au palais et laisser le mouvement syndical paralysé le pays.
Ainsi, si les négociations officielles ont pris fin et n’ont pas abouti, les négociations officieuses elles continueraient. Cette fois en tentant de casser l’union sacrée du mouvement syndical.
Lequel mouvement sait qu’il joue non seulement sa crédibilité vis-à-vis des travailleurs mais aussi sa survie tout court. C’est donc un duel sans merci qui s’est engagé entre les deux parties. Un duel entre celui qui a toujours vaincu, celui qui n’a jamais été vaincu sur un terrain où il n’y aurait ni vainqueur ni vaincu.
Par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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