mardi 06 janvier 2015
Lorsqu’on parle de grève dans ce pays, aucun citoyen ne reste insensible. Et pour cause, depuis la plus célèbre, la plus médiatisée et la plus lourde en terme de bilan de toutes les grèves qui ont eu lieu dans ce pays, les Guinéens savent que grève est synonyme de désordre.
Ce droit n’étant pas très connu dans notre pays, désormais les émeutes sont qualifiées de grève. Lorsque les gens entendent un coup de feu notamment à Conakry ils se demandent si c’est encore une grève.
Dès lors quand les centrales syndicales menacent d’aller en grève, il va de soi que les Guinéens s’agitent. A la fois les hauts perchés et l’homme de la rue.
Tous les deux redoutant le même désordre. La célèbre grève de janvier et février 2007 restera dans les annales de l’histoire de ce pays. Elle fut une autre occasion maquée : celle qui a vu celui qui disait à qui veut l’entendre qu’il n’est pas un homme politique rouler tout le monde dans la farine.
Pour revenir donc à cette grève prévenue cet autre mois de janvier, les négociations continuent entre les deux parties afin d’éviter le pire.
Le pire étant pour le pouvoir l’ouverture d’un troisième front après celui d’Ebola et la crise politique latente. Il pourrait donc prendre des engagements. Déjà des informations font état d’un probable accord. Les fonctionnaires obtenant 30% d’augmentation ainsi que la prise en bras le corps des dossiers comme celui de Fria par le gouvernement.
Le moins que l’on puisse dire est que cette grève, si jamais elle est déclenchée, sera un test pour le mouvement syndic al guinéen. Lequel, après avoir acquis ses lettres de noblesse, a dormi sur ses lauriers. En un temps record elle a connu la grandeur et la décadence.
La mort prématurée d’Ibrahima Fofana et la nomination de sa sœur jumelle à la tête du CNT ont porté un coup dur au mouvement syndical. A cela s’ajoute que le nouvel animal politique de l’Afrique de l’Ouest n’est pas allé des mains mortes pour avoir la paix.
L’actuel secrétaire général de la principale centrale syndicale ayant été soutenu par le pouvoir au détriment de son rival qui, lui-même avait été soutenu à des fins inavouables.
Une nouvelle fois donc le syndicat pourrait se contenter d’un minimum. Pour le plus grand bonheur du pouvoir. Lequel pouvoir, et de tous les temps, demande aux travailleurs de faire un sacrifice patriotique. En choisissant le pays avant leur poche. Mais les travailleurs ont compris qu’entre eux et le gouvernement c’est comme entre le médecin fumeur et son malade, il lui dit fais ce que je dis et non ce que je fais.
En effet, pendant que le pouvoir demande toujours aux fonctionnaires de faire un sacrifice lui n’en fait aucun. Si demain le gouvernement annonçait la réduction du train de vie de l’Etat et à commencer par les salaires de nos ministres, si ces derniers se contentaient uniquement de leur salaire et s’ils prenaient leur voiture personnelle le weekend et les jours fériés, les travailleurs réaliseraient qu’il y a un début de sacrifice.
Mais pendant que le pouvoir demande aux travailleurs de serrer la ceinture, ses membres eux sont obligés de desserrer la leur à cause leur obésité. D’où le cri de cœur et en cœur de tous les travailleurs « on a tout compris ».
Par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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