mardi 02 décembre 2014
Le 15ème sommet de la francophonie a pris fin ce weekend à Dakar. Ce sommet avait pour thème : les jeunes et les femmes. Et justement une femme a été honorée à Dakar. Elle a été désignée secrétaire générale de l’OIF. Michaelle Jean, une canadienne, d’origine haïtienne, a désormais la lourde responsabilité de faire la transition de la francophonie d’une organisation culturelle et politique à une organisation économique.
Après ce sommet, quelques leçons à sont à tirer. Tout d’abord, François Hollande, confronté à une impopularité record dans son pays, a retrouvé une Afrique où il demeure très populaire. Autant les Maliens l’avaient accueilli en héros sauveur, autant les Guinéens l’ont acclamé comme un ami. La visite du président français isolée et décriée par ses propres voisins a été un symbole très fort.
En outre, François Hollande a marqué les esprits à Dakar. Dans cette ville où son prédécesseur avait indiqué que « l’homme africain n’était pas entré dans l’histoire », il a tenté de redorer le blason de la France. C’est dans ce cadre qu’il a visité le cimetière où les soldats africains massacrés par l’armée coloniale en 1944 reposent. Il a promis de tout mettre en œuvre pour lever un coin du voile sur ce massacre dont la France en a toujours fait un sujet tabou.
Pour revenir au sommet, puisque le chef de l’Etat français était à Dakar à ce sujet, ce sommet semble être des plus amers pour certains chefs d’Etat du continent. Tout au long des débats, leur homologue français a mis en garde ceux qui sont tentés de tripatouiller la constitution. Trois d’entre eux étaient particulièrement visés par ce discours qui les a agacés. Ce sont les deux congolais et le burundais.
De surcroit les candidats congolais et burundais au poste de secrétaire général de la francophonie n’ont pas été désignés. Là aussi la volonté française a prévalu. Le burundais et le congolais ont officiellement fait les frais des plusieurs candidatures africaines. Mais les vrais raisons sont ailleurs. La France ne voulait pas que le candidat d’un chef d’Etat qui est tenté par la modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir soit à la tête de l’OIF. Pas plus qu’un ancien putschiste.
En clair, un François est en train de marcher sur les traces d’un autre François. Mitterrand le socialiste avait prononcé le fameux discours de la Baule. Ce discours avait sonné le glas aux partis uniques. Hollande, l’autre socialiste, fait de la lutte contre le tripatouillage constitutionnel une affaire personnelle. Ce qui n’est pas du goût des princes qui nous gouvernent.
En revanche, les démocrates africains saluent cet engagement de la France pour empêcher désormais la présidence à vie sur le continent. Particulièrement en Afrique francophone où, après le départ de Blaise Compaoré, deux autres sont à la tête de leur pays depuis plusieurs décennies.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
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Pour www.nlsguinee.com
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