jeudi 27 novembre 2014
Emoussée et roulée dans la farine par le nouvel animal politique de la sous-région, l’opposition guinéenne tente de reprendre l’initiative. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé une conférence de presse au début de la semaine à la maison des journalistes à Coléah. Au cours de cette rencontre, Jean Marc Telliano a mis le pied dans le plat.
Le président du RDIG, se disant leader d’opinion et non leader politique, même si la différence entre les deux est mince, a fait une sortie des plus controversée. Il a indiqué que l’attaque dont a été victime un taxi brousse transportant des échantillons d’Ebola entre Kankan et Kissidougou viserait à contaminer des populations non favorables au pouvoir en place.
Ces propos suscitent encore aujourd’hui réprobation, indignation et condamnation. C’est vrai que le transport de ces échantillons par un moyen de transport totalement inapproprié a surpris tous les Guinéens et leurs partenaires. C’est aussi vrai que mettre de tels échantillons dans un taxi brousse constitue un risque pour les occupants du taxi et pour toutes les zones traversées.
Mais aller jusqu’à envisager une volonté politique d’inoculer des substances dangereuses et mortelles à des innocents par les plus hautes autorités, il y a qu’un Guinéen qui le peut le penser. Et pas n’importe quel guinéen. Il s’agit du politicien guinéen.
Ces propos en disent long sur le manque de confiance entre les acteurs politiques de ce pays !
Au-delà des condamnations quasi unanimes, la bonne question qu’il faille se poser est celle de savoir si au sein de la classe politique guinéenne il existe des hommes capables de penser à une telle opération. Une opération qui n’aurait rien à envier aux chambres à gaz nazi. L’autre question est celle de savoir si, par le passé, de telles pratiques ont été perpétrées en Guinée.
Monsieur Jean-Marc Telliano fut un membre influent de la coalition arc-en-ciel en 2010. Année au cours de laquelle, un soi empoisonnement des citoyens par d’autres citoyens a mis le feu aux poudres.
Des centaines de familles ont été chassées dans une région. Heureusement qu’une fois de retour chez elles, les victimes et les leurs ont fait preuve de retenue. Elles ne se sont pas vengées. Autrement on aurait assisté au pire.
Plus tard, celui qui était le chef du gouvernement a indiqué qu’il n’y a pas eu d’empoisonnement. Par ricochet il y a eu mensonge et manipulation. Par qui ? On connait par contre le pourquoi. Mais personne n’a levé le petit doigt pour demander à l’auteur de cette déclaration d’éclairer la lanterne de la justice et des citoyens sur cette affaire. La justice n’a ni vu ni entendu.
Pour revenir à la déclaration de Jean Marc Telliano, celui-ci ne doit plus être avare en paroles. Il doit aller plus loin pour dire aux Guinéens si, au sein de ses anciens alliés, il y a des hommes capables d’envisager une telle hypothèse. Mais faudrait-il que quelqu’un le lui demande. Or notre justice s’illustre toujours par le deux poids deux mesures.
Pour les auteurs de l’attaque de la résidence du chef de l’Etat elle est plus que rapide. Pour les officiers qui ont molesté un magistrat elle n’a pas tardé à réagir. Pour Bakayoko, leader politique sans expérience, elle est implacable. Mais pour ceux qui sapent les fondements même de la Nation elle observe un silence de cimetière.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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