jeudi 20 novembre 2014
Comme une trainée de poudre, le mécontentement des militaires Ivoiriens avait gagné presque toutes les villes du pays, notamment la capitale économique Abidjan, le mardi 18 novembre 2014 dernier.
A l’origine de ce mécontentement qui a commencé à Bouaké la deuxième ville situé au centre du pays, la réclamation de deux ans d’arriérés de salaire qui leur seraient dus selon certains soldats sous le couvert de l’anonymat.
L’argent, le nerf de la guerre a encore fait parler de lui. Au contraire du soulèvement militaire de1999 quand le mécontentement "des jeunes gens" venus réclamer leur émolument, s’était transformé en Coup d’Etat militaire, ce mécontentement- ci, s’est fait sans violence et sans armes.
Après l’intervention des Ministres délégué à la défense et de l’intérieur avec la promesse de purger certains cas et d’ouvrir les négociations dans d’autres, les soldats mutins ont regagné les casernes. Comme pour dire que, quand l’argent fait parler la grande muette, la république écoute.
A entendre le ministre d’Etat ministre de l’intérieur monsieur Hamed Bakayoko à la télévision nationale, le président Ouattara lui-même ne serait pas content de cette situation qui aurait dû être réglée depuis, car faisant partie des accords de Ouagadougou.
Si ce saut d’humeur de la grande Muette qui n’est plus muette depuis 1999 s’est passé sans violence et a connu son épilogue sans coup d’Etat comme en 1999, cette situation reste inquiétante. A peine sortie d’une crise militaro politique qui a duré dix ans la Côte d’Ivoire vient de se faire une frayeur. Au moment où le bout du tunnel pointe du nez et que les investisseurs se bousculent, il est évident que pareil incident fera réfléchir ces investisseurs fussent-ils des amis de longue date du président Ouattara.
Que cache se mécontentement ? Comment se fait-il que le ministre et la hiérarchie ne l’aient pas vu venir ?
Cette situation de l’armée sonne comme un avertissement au plus haut sommet de l’Etat. Des têtes vont certainement tomber quand les responsabilités seront situées. Mais en attendant, ce mécontentement est salutaire à plus d’un titre. Il a mis à nu les failles dans les reformes de l’armée engagées par le président Ouattara depuis son arrivée à la tête du pays. Si beaucoup a été fait il est obvie que beaucoup reste à faire.
Si la Côte d’Ivoire veut rassurer les investisseurs à l’orée des prochaines élections générales où le président Ouattara chef suprême des armées et ministre de la défense est candidat à sa propre succession, il devra aller vite et rassurer aussi une population exténuée par le bruit intempestif de bottes.
Dans cette course contre la montre, il ne s’agira pas seulement de s’atteler à remettre de l’ordre dans ce que beaucoup appellent une armée de rattrapage où les reflexes de la belligérance n’ont pas disparus. Mais, il faudra que la grande muette retrouve sa discipline et son omerta d’antan.
Espérons qu’il saura allier sa longue expérience de technocrate à sa non moins longue expérience de ministre de la défense pour remettre les *FRCI au pas afin qu’elles soient plus républicaines comme l’indique leur nom.
Par Cherif Zawiya Diallo
*FRCI (Force Républicaine de Cote D’ivoire)
Transmis par Cherif Zawiya Diallo
Contact : tenere99@aol.com
Pour www.nlsguinee.com
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