dimanche 19 octobre 2014
Prévention, sensibilisation et traitement de la fièvre hémorragiques Ebola - Des survivants à l'Ebola sont en train de s'organiser pour aider les enfants, selon l'ONU. Les malades qui ont survécu au virus d'Ébola après avoir développé une résistance sont en train d'être formés pour s'occuper des enfants en Sierra Leone et au Liberia, a déclaré un dignitaire des Nations-unies.
La chef de la communication de crise au niveau de l'UNICEF, Mme Sarah Crowe, a confié aux journalistes à New York à la suite d'une mission de 5 semaines effectuée au Liberia, que les malades qui ont survécu au virus d'Ébola au niveau des centres de traitement, sont en train présentement d'entourer d'affection et de protection les enfants qui en ont besoin ces temps-ci.
"C'est une expérience étrange où la peur de la contamination a privé les populations du sens de la compassion", a-t-elle déclaré, soulignant que le virus a "altéré" tous les aspects de la vie dans le pays et "a modifié la manière dont ils déroulent leur vie et leur manière de mourir".
La patronne de la communication de crise a raconté à son retour du Liberia, des histoires touchantes, dont celle d'un jeune libérien de 4 ans du nom de Amadou qui a réveillé sa sœur, Mary, à 4 heures 30 minutes du matin, pour lui demander où se trouvait leur mère. Depuis qu'il a été libéré du centre de traitement au niveau de Kenema, deux mois auparavant, le jeune Amadou ne cesse de demander chaque jour où se trouve sa mère qui est morte du virus d'Ébola.
"Je ne sais pas quoi lui répondre", a déclaré à l'UNICEF, sa sœur Mary, âgée d'une quinzaine d'années. "Comment puis-je expliquer la mort à un enfant de 4 ans, quand moi son aînée, je n'y comprends grand chose. Alors que ça devait être ma responsabilité de lui fournir une explication claire et nette », a ajouté Mary.
Leur mère était tombée malade après avoir apporté de l'aide à une voisine. On pensait qu'elle souffrait du paludisme, mais sa condition a empiré rapidement par la suite.
"Ils ont ainsi appelé une ambulance, au bord de laquelle elle a été transportée à destination de l'hôpital public général de la localité de Kenema. C'était la dernière fois que je voyais ma mère"' a déclaré Mary.
Une récente étude effectuée par l'UNICEF sur 1400 foyers à travers le pays a révélé que 96% des foyers concernés par l'étude ont rapporté l'existence d'attitudes discriminatoires à l'endroit des personnes soupçonnées ou testées positif au virus d'Ébola, et 76% ont déclaré qu'ils n'accueilleraient pas dans leur communauté une personne contaminée par le virus d'Ébola, même si elle est guérie de la maladie.
"Les enfants qui ont été dans les centres de traitement intérimaires font souvent l'objet de discrimination", a déclaré la chef de la communication de crise de l'UNICEF, rappelant l'histoire de ces frères qui vivent désormais sous un arbre, après avoir été chassés de leur village par leurs voisins qui ont peur de les voir vivre parmi eux à la suite de la mort de leur dispensateur de soins.
Cependant, Mme Crows a également raconté l'histoire de personnes qui ont survécu à la maladie d'Ébola au niveau du Liberia, et qui ont retrouvé leurs familles dans une parfaite unité. Parmi eux figure Ann Marie, une fille que Mme Crowe a rencontrée durant son périple dans le pays, particulièrement durant les visites effectuées dans les comtés de Montserrado et de Loofah, qui se trouvent dans la capitale Monrovia, et qui est retournée chez elle depuis qu'elle est guérie de la maladie.
"Ils ont chacun un certificat de survivant. Pour eux, c'est comme s'ils ont un nouveau certificat de naissance", a déclaré Mme Crowe.
Dans la localité de Kenema, en Sierra Leone, 25 survivants du virus d'Ébola se sont rencontrés pour partager leurs expériences du virus, pour apprendre également comment gérer les conséquences psychologiques post-guérison, et enfin trouver les voies et moyens pour aider les membres de la communauté contaminés par le virus, notamment les enfants.
Cette rencontre a été organisée par le ministre Sierra Léonais en charge des Affaires sociales, du Bien-être et du genre avec le soutien du Fonds des Nations-unies pour l'enfance (UNICEF).
Mme Crowe a également attiré l'attention sur les abris de fortune servant de centres de quarantaine dans le pays et créés par les communautés où séjournent les familles pour une durée de 21 jours, correspondant à la période d'incubation du virus, et qui sont parfois installés dans les écoles inoccupées.
Les cours auraient été annulés partout dans le pays, poussant ainsi l'UNICEF et ses partenaires à piloter 'des cours dispensés avec tout le programme d'une école à la radio' destinés aux enfants, dont la majorité ont déclaré avoir été frustrés par le fait de ne pas être en mesure de continuer leurs études.
L'UNICEF est également en train d'initier des installations d'eau et d'assainissement dans des centres, après avoir affrété un bateau parti de Copenhague, au Danemark et à bord duquel se trouve un grand chargement de chlore.
Selon la haut-dignitaire de l'UNICEF, son organisation a lancé un appel à l'aide à hauteur de 200 millions de dollars américains pour faire face à l'épidémie d'Ébola. Cet appel fait partie d'un autre appel plus large de 6 mois en faveur du décaissement de 987,8 millions de dollars américains dont les gouvernements et les agences humanitaires ont besoin pour combattre la maladie.
"Notre message est que nous ne pouvons pas rester indifférents face à la propagation de l'épidémie", a déclaré la patronne de la communication de crise au niveau de l'UNICEF, soulignant que "la communauté internationale est sur un terrain totalement non cartographié, sans un modèle ou des protocoles pour de telles situations".
Le bilan humain du virus Ébola depuis son apparition est de l'ordre de 4546 victimes sur les 9191 de cas enregistrés en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone, selon les derniers chiffres publiés par l'Organisation mondiale de la santé.
En Sierra Leone, le programme alimentaire des Nations-unies (WFP) et ses partenaires ont signalé le lancement d'une distribution alimentaire dans les périphéries de la capitale, Freetown, pour 265.000 personnes.
Cet exercice de distribution, selon le PAM, est le plus grand dans le pays depuis l'apparition du virus d'Ébola.
Selon toujours le PAM, plus de 700 travailleurs humanitaires vont être mobilisés pour juste un jour afin de distribuer plus de 800 tonnes d'aliments, dont du riz, de l'huile végétale, du sel, des légumineuses pour satisfaire les besoins des familles pendant 30 jours.
L'objectif de cette distribution, selon le PAM, est de stabiliser les familles mises en quarantaine en leur donnant assez pour manger, afin qu'elles ne quittent pas leurs foyers à la recherche de nourriture.
L'agence onusienne est en train d'accroître ses efforts pour atteindre 600.000 personnes touchées par la crise et estime l'existence de 3.700 orphelins dans la région, dont 600 ont été réunis avec un membre de leur famille existante ou éloignée.
Source : PANA
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.