lundi 13 octobre 2014
Les informations en provenance de Womey sont alarmantes. Womey est une sous-préfecture de N’Zérékoré. C’est dans cette sous-préfecture que des cadres venus sensibiliser la population sur le virus Ebola ont été assassinés le mois dernier. Depuis ces événements tragiques, une base militaire a été installée dans la petite ville.
Et il y aurait une punition collective à l’encontre de tous les habitants de cette localité. Pour qui connait l’attitude et le comportement des forces de défense et de sécurité de ce pays, on imagine tout le reste. D’autant plus que certains responsables sont montés au créneau pour jeter de l’huile sur le feu. Ils ont promis l’enfer à tous les habitants de Womey.
Joignant l’acte à la parole, les forces d’occupation seraient à l’œuvre pour exécuter l’ordre venu d’en haut. Le ministre de la communication en personne ayant déclaré « Womey ne comprend que le langage de la force ».
Un discours qui dit long sur le sort de ces citoyens. Les militaires, même avec des propos apaisants, commettent des exactions à plus forte raison que des responsables au plus haut niveau se prononcent en faveur d’une punition collective.
D’où notre appel à l’égard des autorités pour calmer le jeu. Pour éviter cette punition collective qui est aux antipodes d’un Etat de droit. Il faut que les coupables soient punis. Mais seuls les coupables.
Ce n’est pas parce que des citoyens ont été assassinés de sang-froid dans une localité qu’il faille rayer cette localité de la carte. Or selon les informations en provenance de cette petite ville, on n’est pas loin de là.
Tous les habitants ont fui. Laissant tout derrière eux. Ils sont tous devenus de réfugiés dans leur propre pays. Une telle situation est inacceptable. Autant il faut punir les coupables autant il faut épargner les innocents. D’où la nécessité de mener des enquêtes sereines et transparentes pour savoir ce qui s’est réellement passé.
Certes cette affaire doit être traitée à la dimension des crimes qui ont été commis. Mais il faut que ce soit dans le strict respect de la loi. Il ne faut pas réparer une injustice par une autre. Or pour le moment tous les habitants seraient traités de la même façon. Rien que d’être chassé de chez soi est une sanction sévère. Sans compter les exactions que les agents de sécurité commettent dans pareil cas.
Il y a donc une impérieuse nécessité de faire le tri dans cette affaire. Afin que la fin de l’impunité commence avec cette affaire. Mais aussi pour que la Guinée montre le côté humain de sa justice et de son armée. L’objectif étant qu’aucun coupable d’échappe. Mais aussi et surtout qu’aucun innocent ne subisse l’injustice.
Et c’est le travail de tous les Guinéens. Ce n’est pas parce que les événements se déroulent loin de soi qu’il faille penser que c’est le problème des autres. Comme dit un proverbe de chez nous, si un oiseau se pose sur ton ami, dis-lui quitte sur nous. Car demain ce sera ton tour.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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