dimanche 17 août 2014
Dans une déclaration récente, la GéCi posait des questions qui devaient guider toute démarche rationnelle de la classe politique, et inviter les Guinéens à une introspective collective sur notre destin commun : Que voulons-nous ? Où en sommes-nous ? Où va la Guinée ?
Face à la menace grandissante d’une contamination généralisée de la fièvre Ebola et les mesures supplémentaires prises par le Libéria qui vient de décréter l’état d’urgence à son tour, il est surprenant de voir l’opposition parlementaire organiser un meeting de contestation.
Un regroupement inadmissible en cette période trouble qui indexe de nouveaux foyers au jour le jour.
Pis, les autorités viennent de donner leur accord à cette manifestation, alors que tout devrait être fait pour limiter les risques de propagation de cette épidémie que l’OMS vient de décréter « urgence de santé publique de portée mondiale ».
Une épidémie sans un vaccin connu ni un traitement médical qui a déjà fait près d'un millier de morts et qui constitue la crise la plus grave depuis près d’un demi-siècle.
En tant que membre de l’opposition guinéenne, la GéCi ne peut que regretter cette fuite en avant et interpeller les consciences des différents acteurs.
Le rôle constitutionnel de l’Assemblée nationale est de servir de contrepoids et de contrôleur de l’exécutif, tout en veillant à l’application des lois de la République.
A ce jour, le constat est que cette représentation n’a pas encore apporté de valeur ajoutée réformatrice en ce qui concerne le contrôle du gouvernement et du PRG.
Le Président Alpha Condé est le seul chef d’Etat des pays concernés à avoir assisté au sommet Afrique USA, que la GéCi estime être d’abord symbolique de part les origines du Président Obama et ensuite stratégique pour les USA surtout.
En dehors de ce qui semble être un succès pour le RPG, seuls 7 milliards de dollars seront débloqués pour le développement des échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique sur l’enveloppe globale des 33 milliards.
Nos députés devraient se focaliser sur la lisibilité de leur mission d’installation des institutions manquantes, de contrôle à travers les auditions, les commissions d’enquêtes et d’autres activités informatrices comme les questions d’actualité, orales et écrites, plutôt que de refaire le monde autour des accords du 3 juillet 2013.
Les élections sont derrière nous. Et la Guinée dépasse la personne et la fonction du PRG.
Quant au PRG, son absence à cette messe aurait eu un impact retentissant à l’instar des autres Présidents concernés, et conforté notre souci du développement endogène qui commence par la solidarité sous régionale.
Les Guinéens attendent toujours qu’il pose des actes forts qui seraient de nature à les convaincre sur ses capacités réelles à mener les réformes jugées prioritaires et indispensables. En somme, la réalisation du programme pour lequel ils l’ont élu.
Aujourd’hui, ne serait-il pas judicieux de s’accorder sur un moratoire afin de sortir le pays du cycle infernal des élections depuis plus de 4 ans ? Alors que la transition politique est achevée et que des voix s’élèvent encore pour réclamer les Communales et la Présidentielle dans les prochains mois ?
Serions-nous condamnés à pérenniser le délai de 3 ans entre la Présidentielle et les Législatives avec tout ce que cela comporte comme déséquilibre et inconnu?
Le débat ne devrait-il pas porter sur la réconciliation nationale, le développement économique, le partage du pouvoir et l’organisation de la prochaine Présidentielle à 3 mois de la fin du mandat de l’Assemblée Nationale, afin que nous puissions intégrer les standards en la matière ?
Ledit débat ne pourrait-il pas amener l’actuel locataire du palais présidentiel à ne pas se représenter suite au prolongement de son mandat actuel !
D’ailleurs, pourquoi ne pas transformer le mandat de 5 ans reconductible une fois en un septennat unique qui mettrait un terme à la transhumance politique, à l’impact de la corruption et à l’impunité entre autres ?
L’audit programmé du Président sortant servirait de pression sur tout élu qui commencerait son mandat en pensant à sa réélection. Le continent africain se porterait mieux si nous pensions à adapter le fonctionnement des institutions à nos réalités spécifiques.
De tout ce qui précède, il y va de la responsabilité du chef de l’Etat et de nos députés.
C’est le prix à payer après les atermoiements, les sacrifices et la souffrance d’un peuple qui ne demande qu’à vivre en harmonie et dans le progrès.
Ceux qui oublient que l’échec gouvernemental n’est pas une victoire de l’opposition, vivront le cauchemar de la continuité de l’Etat s’ils devaient arriver au pouvoir.
Il est temps d’inviter l’ensemble de la classe politique à un débat civilisé et salutaire : Où est l’existence de rêve commun ?
Fodé Mohamed Soumah
Président de la GéCi
Pour www.nlsguinee.com
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