mercredi 16 juillet 2014
Cette année encore le système éducatif guinéen a été mis à rude épreuve. Les fuites de sujets ont été dénoncées partout. Certains petits malins se sont arrondi les fins des mois plutôt difficiles. Pour ne pas dire la fin de l’année. Entendu l’année scolaire. Ils ont vendu les sujets à tout bout de champ.
Si cela n’est pas l’apanage de la Guinée, par contre, la vente de notes à l’université elle constitue une particularité dans notre pays. Or c’est cette vente qui défraie la chronique. Les universités du pays commencent à ressembler à un marché. Un marché où tout se négocie.
Professeurs et étudiants s’en donnent à cœur joie. C’est ainsi qu’un énorme scandale vient d’être révélé au centre universitaire de Labé : la vente de notes. Obligeant les autorités au plus haut niveau de faire le déplacement dans ce centre qui ressemble plus à un pâturage qu’à une université. Les bêtes et les étudiants se disputant âprement les lieux.
Mais à Labé le scandale a produit un autre scandale. Ceux qui ont dénoncé le scandale et ceux qui ont été dénoncés ont été logés dans la même enseigne. En effet, celui qui a fait de la lutte contre l’attribution fallacieuse de notes et leur vente dans ce centre a été interpellé en même temps que les autres. Sans doute que les autorités entendent le sanctionner pour avoir révélé le scandale.
Le vice doyen chargé de la recherche dont il s’agit servirait d’exemple désormais à tous ceux qui seront tentés de dénoncer la fraude. Il apprend à ses dépens qu’on ne touche pas aux intouchables. Ce professeur qui a usé la culotte dans les plus grandes universités parisiennes est la bête noire de certains de ses collègues sortis des universités locales.
Pour avoir dénoncé la vente de notes, il médite désormais en lieu sûr à la sureté. Comble de paradoxe. Le sorbonnard, comme on l’appelle ironiquement à Labé, est à la maison d’arrêt. Accusé non pas d’avoir vendu de notes mais de venir au centre universitaire en état d’ébriété. Un énorme scandale dans le scandale de vente de notes.
Un amalgame entre la vie privée la vie publique. Entre le personnel et le professionnel. La suite de cette affaire va édifier plus d’un observateur que nous sommes. Pour savoir notamment si ce sont les fautifs qui seront sanctionnés ou ceux qui les ont dénoncés.
Dans le premier cas on va rendre service au système en général et à l’enseignement supérieur en particulier. Mais dans le second on aura légitimé la fraude par l’intimidation de ceux qui ont le souci de faire de notre système éducatif un modèle et une référence.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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