jeudi 15 mai 2014
Le 6 mai, au TPI de Kaloun, les prévenus Mahmoudou Camara, ancien ministre de l’agriculture sous le gouvernement de Lansana Kouyaté et Ousmane Doré, ministre de l’Economie et des finances et du plan ont comparu.
Ils sont accusés par l’Etat d’avoir détourné 13 milliards de francs guinéens destiné à relancer le projet coton en Haute Guinée. Ils plaident non coupable.
Selon Mahmoudou Camara, "la relance a été décidée en conseil de ministre". C’est pourquoi il ne se reproche de rien : « Je ne reconnais aucune responsabilité dans ce détournement, parce que le compte n’était pas domicilié à mon département et je n’ai signé aucun chèque », dira-t-il en substance.
Le procureur lui demande pourquoi ce projet portant sur 13 milliards n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres ? Mahmoudou Camara répond que « l’urgence du projet ne permettait pas de suivre une procédure normale ». Sur 7500 tonnes de prévisions, seulement 1500 ont été produits, un échec pour l'avocat de l'Etat Me Jomy.
L’accusé rétorque plutôt que le projet a été "un succès", car les paysans sont contents de la relance du projet et s'il était à refaire, il allait "le refaire".
M. Oumane Doré, ancien ministre des Finances quant à lui, s'étonne d’avoir été cité dans cette affaire : « ceux qui ont glissé mon nom dans ce dossiers peuvent ruiner ma carrière, mais ne peuvent pas contrôler mon destin », se lamente-t-il à la barre.
Après cette interrogatoire, la défense a demandé au juge qu'on accélère le dossier. Car l’Etat veut trainer les pas, alors qu’il avait refusé de participer au procès précédant pour défendre ses intérêts.
Autre constat des avocats de la défense, la présence inattendue de Me Williams Fernandez dans la salle d’audience. La défense dit n’avoir pas de preuve que le parquet général influence le procès, mais la « présence du magistrat du parquet général est inhabituel dans nos Cours et tribunaux ». Cependant ils restent confient quant à l’issue du procès : « On a foi que ce procès sera équitable ».
Me Mory Doumbouya de la défense pense que dans ce dossier, « il y a prescription de l’action publique », et rappelle que son collectif « ne plaide pas un crime économique, mais des accusations de détournement de fonds publics ». Et a fustigé la demande du ministère public qui veut qu’un cadre du ministère des Finances témoignage pour élucider les prérogatives d’un ministre des finances.
Le juge accède à cette demande et rejette celle de l’avocat de l’Etat qui souhaitait voir Lansana Kouyaté, ancien premier ministre à la barre en tant que témoins, pour l’interroger sur « la lettre qu’il a écrite au ministre des Travaux publics d’alors lui demandant de prendre trois milliards dans les caisses du fonds d’entretiens routiers et les verser au compte du projet coton pour accélérer les choses ».
L’audience reprend le 13 mai…
Par Oumar Tély Diallo
Transmis par Habib Yembering DIALLO
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Labé
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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