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    Guinée : Journée mondiale de la presse : le gouvernement ment, les "journalistes" se taisent, l’opposition regarde ailleurs

    Sotelgui S.A

     dimanche 04 mai 2014   

    Le 3 mai, c’est la journée mondiale de la presse.

    Historique

    « La Journée mondiale de la liberté de presse a été instaurée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1993 après la tenue du Séminaire pour le développement d'une presse africaine indépendante et pluraliste. Ce séminaire s'est déroulé à Windhoek (Namibie) en 1991, et a conduit à l'adoption de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes.

    La Déclaration de Windhoek exigeait l'établissement, le maintien et la promotion d'une presse pluraliste, libre et indépendante et mettait l'accent sur l'importance d'une presse libre pour le développement et la préservation de la démocratie au sein d'un État, ainsi que pour le développement économique. La Journée mondiale de la liberté de presse est célébrée le 3 mai de chaque année, date à laquelle la Déclaration de Windhoek a été adoptée. » Source.

    Elle a donc été « fêtée » dans notre pays, avec la participation du gouvernement. Me Sacko, Damantang et autres Naïté. Les prétextes ordinaires d’Alpha Condé. Une belle brochette de ministres RPG, de très pauvres « patrons de presses », de « journalistes » réunis dans un hôtel. Il faut bien aider les hôteliers en ces temps d’Ebola, de méningite et de choléra. Pas un mot sur ces problèmes par ailleurs. La méthode Coué fonctionne à plein régime : « il n’y a aucun problème de santé en Guinée… »

    De quoi a-t-on parlé ?

    De « déontologie », de comportement inadmissible de certains journalistes, du manque de formation, du manque de maisons de presse etc…Faudrait-il rappeler que la seule maison de presse de notre pays est un don de La France ?

    Extrait de la lumineuse déclaration de Makanéra, dans son français approximatif : « Seulement, a-t-il souligné, le gouvernement se pose des questions en écoutant certains journalistes. " Lorsque nous voulons le développement de la presse et en même temps nous empêchons le gouvernement à avoir suffisamment de ressources, nous sommes dans une situation où nous sommes pour et contre la même chose. Sachez que plus l'État est fort, plus la presse va être forte. Parce que l'État aura plus de moyen pour engager des reformes permettant à la presse de subvenir à ses besoins", a indiqué le Ministre qui souhaité que la presse aide le gouvernement à être "riche" et "fort". Source.

    Vous avez bien compris, l’État écoute, et comment, ses journalistes, par gendarmerie interposée. Cela, vous le saviez depuis l’affaire du Pr Sy Savané. Une seule vérité aura été dite, par Martin Faye, notre cousin Sénégalais, représentant de la Fondation Hirondelle en Guinée, "On ne peut pas se dire journaliste et ne pas être professionnel". C’est tout.

    De quoi n’a-t-on pas parlé ?

    Du respect du travail des journalistes par l’État censé les protéger selon nos textes, Des méfaits connus de tous des « escadrons de la mort » du pouvoir Angbansanlé, comprenez gendarmes et policiers et miliciens ethniques malinkés lancés régulièrement aux trousses des journalistes qui croyant en le « régime démocratique du Professeur » osent poser les problèmes de façon critique, dénoncent les violations quotidiennes des Droits de l’Homme et du citoyen par les « forces de défense et de sécurité » aux mains d’Alpha Condé. Au vu et au su du « Ministre aux droits de l’homme », le bouffon et faire-valoir du régime actuel.

    Vous comprendrez que les expéditions punitives pour casser du matériel, les incendies provoqués nuitamment par les sbires du régimes, la chasse à Mandian Sidibé et autres, qui serait certainement mort si les gendarmes avaient mis leurs pattes sur lui, des centaines d’autres violations mensuelles constantes des droits, pas seulement des journalistes pour être impartial etc…tout cela a été opportunément « oublié ».

    Fodé Tass Sylla s’est encore lancé dans un discours fumeux et enfumant dont il a le secret. La Guinée a bien inventé le « journalisme Bonga Kharé »

    D’où la lumineuse déclaration du Ministre Makanéra, le plus célèbre semi-lettré de la République : "Je m'interroge sur les 16 points que nous avons perdus dans le classement de Reporter Sans Frontière. Comment avons-nous perdu 16 points au moment où aucun de vous n'a signalé que le pouvoir publique exerce des pressions empêchant les journalistes de travailler ". Source

    Les anges ont dû se bruler les ailes en entendant de telles déclarations.

    Notre pays appartient, dans le classement des pays qui menacent la liberté de la presse, groupe dit des pays ou « les journalistes ont des problèmes sensibles »

    Dans le classement 2014 de RSF, la Guinée est en 102ème position sur 180, loin derrière la Guinée-Bissau. En queue du peloton, l’Érythrée. Source.

    C’est vrai, pour nous consoler que nous faisons mieux que la Centrafrique, le Tadjikistan, l’Ukraine, Le Bangladesh, La Russie, La Gambie….Bref des pays très démocratiques comme vous pouvez le constater ! Remarquable performance du gouvernement du « Pr de Droit » en quatre ans de pouvoir (absolu). Mais dans les pays cités, au moins les pouvoirs ont la pudeur de ne pas proclamer publiquement qu’ils respectent la liberté de la presse.

    Car hélas, chers compatriotes, « en 2013, 71 journalistes ont été tués, et 87 autres enlevés. 77 ont fui leur pays, souvent parce qu'ils y étaient en danger. L’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce samedi 3 mai, est aussi là pour rappeler que la liberté des journalistes est encore trop souvent bafouée à travers le monde.

    D'après le dernier baromètre de Reporters sans frontières, 168 journalistes sont actuellement derrière les barreaux à travers le monde. Parmi les pays où l'on trouve le plus de journalistes emprisonnés figurent la Chine (30), l'Erythrée (28), l'Iran (18), la Syrie (17) et la Turquie (11). L'ONG recense aussi une trentaine de journalistes otages, dont on est parfois sans nouvelle depuis plusieurs années. » Source.

    Évidemment chers compatriotes, si, comme à son habitude le gouvernement d’Alpha n’a aucune honte à mentir malgré toutes les évidences, les « journalistes » du pouvoir ont applaudi, les Romanichels de la bohème « Presse privée » se sont tus, car la plupart ont très faim et notre « Opposition Républicaine » a regardé chastement…ailleurs. Déjà qu’elle ne se mêle pas de ses propres problèmes.

    Thierno A DIALLO
    Lecture conseillée : Reporters Sans frontières 2014.

    Transmis par Thierno A DIALLO
    Pour www.nlsguinee.com

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