Guinée : Que faut-il faire des états d’âme d’un jeune compatriote qui s’égare de débat ?
mercredi 17 mai 2006
Un jeune compatriote, responsable d’une association d’étudiants basée à Dakar, a choisi d’ouvrir un débat en mettant en cause l’un de mes articles à travers lequel, je ressortais les origines étrangères des parents des deux présidents qui ont eu à diriger notre pays.
Ne jugeant pas nécessaire de reprendre tous les arguments qu’il développe dans son texte, je voudrais demander humblement à celui-ci de se ressaisir et de rester à sa juste place dans le débat politique engagé dans notre pays.
Si un jour, un procès devrait être intenté contre les présidents Sékou Touré et Lansana Conté devant je ne sais quelle juridiction, il est certain que les familles des accusés ne prendront pas pour avocat « Maître » Ansoumane Camara pour les défendre, au risque de perdre la partie. Nous n’en sommes pas encore là et ce n’est point un procès en pénal ou en civil qui intéresse les guinéens à l’endroit de ces deux hommes. Ce qui compte désormais, c’est préserver notre pays de leurs modèles de gouvernance. Pour ce faire, aucun argument ne semble futile pour qu’un pays se protège face aux assauts extérieurs.
Vous semblez être choqué par les cas de Sékou Touré et Lansana Conté parce que tous deux détiennent des noms de famille typiquement guinéens. En aucune manière, leur situation n’est différente d’un autre guinéen dont la mère serait par exemple CAMARA de Kérouané et un père migrant qui s’appellerait Dubois, Xiao, Mac Smith ou même Diouf.
Il n’appartient pas à un guinéen quelconque de délivrer un certificat de reconnaissance de la qualité d’appartenance à la nation à un autre guinéen ; mais s’agissant de l’exercice de la fonction suprême de l’Etat, je suis de ceux qui, nombreux dans notre pays, refuseraient qu’on y installe un homme ou une femme dont l’histoire familiale ne se confond pas totalement avec l’histoire de notre territoire.
Notre « illuminé avocat » tente de faire un parallèle entre mes idées et les thèses du chef du front national en France, Monsieur Jean-Marie Le Pen. Qu’il me soit permis d’en rire.
Non seulement, je suis favorable que dans un avenir rapide, lorsque la Guinée va être un pays viable, de nombreux étrangers viennent y vivre, participer à son développement harmonieux et apporter les gênes du métissage fécond qui feront de la créature guinéenne l’une des plus belles au monde.
Si un jour, je dispose d’une parcelle de responsabilité, je m’engage dès à présent à ne pratiquer aucune forme de racisme, ni contre les Blancs, ni contre les Jaunes et à fortiori contre d’autres Noirs. Mais, je m’attacherai toujours à préserver une identité guinéenne dans une Afrique sous-régionale que je veux rassemblée.
Nous ne sommes pas encore dans cette configuration. Pour autant, je ne me laisse pas séduire par une ambiance démagogique et irresponsable au point de m’offrir en esclave au premier conquérant.
Pour ceux qui ont peur de ce débat, croyez-le, notre pays ne pourra plus en faire l’économie. En revanche, mon contradicteur est tout seul à soulever la question sous l’angle ethnique. Nulle part dans le texte, je n’ai parlé de Sékou Touré comme un Malinké ou de Lansana Conté comme un Soussou. Mon interrogation se situe bien ailleurs et vouloir déplacer la question, relève de l’enfantillage et de la malhonnêteté intellectuelle.
Enfin, faut-il rappeler à Ansoumane Camara que je n’ai pas attendu de voir la situation de mon pays se détériorer complètement pour entamer mon opposition. C’est en toute liberté que j’assume cette responsabilité et rien ne me fera taire ou me distraire.
Par Sékhou Chérif FADIGA, Paris, France
Contact : safeyafadiga@yahoo.fr
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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