mercredi 23 avril 2014
A Labé, la CNTG et l’USTG sont à couteaux tirés. Le torchon brule entre les sections locales de deux centrales syndicales. Elles sont au bord de l’affrontement.
Rendez-vous est donné à la préfecture ce mardi pour tenter de calmer le jeu et les esprits. L’origine du conflit est le nerf de la guerre : la gestion de la manne financière générée par les différentes gares routières de la ville.
La CNTG et l’USTG qui ont fait cause commune ces dernières années notamment en 2007 contre le régime du général-président paysan sont-elles devenues des secours ennemis ?
L’actuel conflit, s’il n’est pas maitrisé à temps, pourrait faire tache d’huile. Les deux centrales syndicales seront à l’image de deux parents dont les enfants se battent. Et chacun de deux défend le sien.
Déjà la CNTG est plus qu’affaiblie par le duel Amadou Diallo Yamoussa Touré. Si désormais ce sont les deux centrales qui s’affrontent par sections locales interposées, il est fort à craindre que la CNTG ne rejoigne les forces vives à Kameroun.
Ainsi, tous ceux qui ont perturbé le sommeil de celui que les médias d’Etat qualifiaient de père de la démocratie guinéenne ne seront plus de ce monde. Frappés qu’ils sont peut-être par une malédiction du père de cette démocratie qui effectue une véritable marche de l’écrivisse.
C’est cela le paradoxe guinéen. Notre démocratie enterre toutes les structures qui constituent un contrepouvoir. Il ne faut jamais oublier, le premier président démocratiquement élu avait promis qu’il n’y aurait bientôt plus de partis politiques d’opposition en Guinée.
Certains vont se rallier. D’autres vont disparaître. Or, la guéguerre au sein des centrales syndicales n’est pas sans rappeler une autre qui défraie la chronique. C’est le duel qui oppose le patron du principal parti de l’opposition et son vice-président. Là aussi on est au bord de la rupture.
C’est donc bien reparti pour la pensée unique. Avec un syndicat profondément divisé, des partis non moins divisés même en interne à plus forte raison entre eux, les forces vices enterrées, une société civile éclaboussée par la corruption, qu’est-ce qui reste ? Il ne resterait plus qu’à exhausser les vœux du patron : plus d’opposition en Guinée.
Tous militants du tout puissant parti Etat. Tous regardant dans la même direction. C’est l’arbre qui cache la forêt guinéenne. La démocratie qui assassine la démocratie. Ibrahima Fofana est au cimetière. Rabiatou Sera Diallo à la retraite après avoir passé la main à la nouvelle assemblée nationale. Le père décédé la mère fatiguée, les enfants CNTG et l’USTG, se battent derrière.
Pour le plus grand bonheur des pouvoirs publics pour lesquels l’union de deux constitue une menace. S’il était de ce monde, le président Conté ne nous dirait pas le contraire.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com en Guinée
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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