jeudi 10 avril 2014
La CODDH (coordination des organisations de défense des droits de l’homme), a animé une conférence le 8 avril, pour dénoncer les agissements de la gendarmerie. Ce corps habillé qui pour le CODDH « s’est montré dangereux pour les citoyens, depuis que le professeur Alpha Condé dirige la Guinée ».
M. Mamadou Aliou Bah, président du CODDH, compare les auteurs de la violence durant les régimes qui se sont succédés. Pour lui, au temps de Lanasna Conté, c’étaient « les bérets rouges qui semaient la terreur ». Sous le régime d’Alpha Condé, ce sont les gendarmes qui violent les droits humains, « ce sont des véritables machines à tuer ».
Bien que les instruments juridiques dont le respect s’impose aux forces de défense et de sécurité, entre autre la Constitution, le Code pénal, ou encore la Convention contre la torture, cela n’empêche pas les FDS de commettre des exactions.
Le CODDH accuse la gendarmerie d’arrestations et détentions arbitraires, de torture, d’atteintes à l’intégrité physique et d’homicide. En exemple, la mort à Fria par bastonnade du jeune Tafsir Sylla, soupçonné de consommation illicite de chanvre indien le mercredi 26 février 2014, sous instruction dit-on de la gendarmerie. Un acte qui avait conduit à une émeute.
La répression qui s’en est suivie a donné l’occasion à « des violations des droits de l’homme ». Notamment l’arrestation et de la détention de deux responsables locaux « en lieu et place de leurs enfants qui seraient auteurs des actes de vandalismes et de pillages », mais aussi la détention prolongée et sans inculpation de six personnes dans un camp militaire.
Egalement à Kankan, l’affaire Balla Condé, « aussi accusé de consommation et de détention de chancre indien, mort sous la torture, le 14 décembre 2013. Il a été inhumé sans qu’une autopsie ne soit effectuée », regrette l’Ong.
A Conakry, le CODDH évoque la mort d’André Mamady Loua, poignardée par un gendarme à Lambanyi. Pour Cellou Bah, membre du CODDH, cela traduit « l’impunité dans notre pays, lié au manque de volonté politique ». Il recommande :
- des enquêtes impartiales et indépendantes, pour élucider les cas d’allégations de torture et autres mauvais traitements.
- la traduction en justice les auteurs présumés, conformément aux normes internationales et sans recourir à la peine de mort.
- le soutien des victimes ainsi que leurs familles dans leurs démarches judiciaires en garantissant leur sécurité et celle de leurs avocats et des juges d’instruction afin d’éviter toute possibilité d’intimidation de la part des auteurs et responsables de ces crimes…
Dans le cas contraire, l’organisation compte manifester ou organiser des sit-in, pour alerter l’opinion nationale et internationale.
Quant à Nouha Traoré membre, pour la défense des droits de l’homme en Guinée, l’Etat doit instituer l’institut national de défense des droits de l’homme, comme dans nombre de pays africains...
Par Oumar Tély Diallo
Transmis par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.