mardi 08 avril 2014
Le 28 mars 2014, Alhassane Condé, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a fait une sortie médiatique effroyable, dans laquelle il a attaqué ouvertement le parti UFDG et son président, Cellou Dalein Diallo, de passage qu’il a qualifié de voleur.
Le 7 avril, les responsables de l’UFDG dans une déclaration se fait écho, pour condamner « l’arrogance, la pauvreté intellectuelle et morale qui caractérisent M. Condé », dont les propos pourraient conduire à la « remise en cause des accords du 3 juillet ».
« L’UFDG n’a même pas un agrément correct…l’Ufdg est un parti communautaire. Les militants de l’Ufdg sont des provocateurs qui ne connaissent pas la loi et qui descendent dans la rue dès que celle-ci est appliquée…Cellou est un voleur ».
C’est l’un des propos du ministre qui ont choqué les responsables de l’Ufdg. Une bonne guerre, dirait-on, parce que les élections communales et communautaires s’annoncent, la présidentielle aussi. Cependant, l’Ufdg reste ferme et dénonce des propos suffisamment scandaleux pour faire sombrer le pays dans le chaos :
« M. Alhassane Condé est un individu dangereux pour la stabilité de la Guinée. Il est le parrain administratif du Mandin-Djallon, prône l’ethnocentrisme et le régionalisme, une menace pour la paix. Dans certains pays, un discours officiel et récurent de cette nature peut conduire à la guerre civile voire au génocide, s’il n’y a pas une conscience collective ».
Pour l’Ufdg, le ministre a violé les articles 4 et suivants de la Constitution et ceux 136 à 139 du Code pénal. Mais, l’Ufdg se dit sereine et refuse que « le débat politique revête le caractère tribal comme le veut ce pouvoir. Croit au respect des valeurs républicaines et prend à témoin la communauté nationale et internationale. Et le parti se réserve le droit de réagir vigoureusement sans préjudices de poursuites judiciaires. »
L’Ufdg rappelle en substance que c’est le même ministre qui avait mué en prix « de meilleur investisseur au Sénégal », le trophée « Cauris d’or de la paix » que lui avait décerné le MDES (Mouvement des entreprises du Sénégal).
Ils ont dit
Ousmane Diallo, député UFDG de Gaoual répond à Alhassane Condé après que celui-ci ait attaqué son parti. « J’ai répondu coup par coup aux injures qu’il a proférées contre le président de l’Ufdg. Il a dit que l’Ufdg n’est pas un parti correctement agréée, Cellou Dalein est un homme ordinaire comme tous les guinéens, les militants de l’UFDG ne connaissent pas la loi et que si elle est appliquée ils manifestent... Que l’Ufdg est un parti communautaire dirigé par des voleurs. Nous ferons en sorte que nos paroles soient entendues pour que la démocratie soit effective. Je crois que quand on fait partie d’un gouvernement de kleptocrates, on devrait la fermer. S’il était venu, on allait exiger qu’il fiche le camp de la salle, sinon la séance n’allait pas se tenir. Mais, il va nous trouver dans les commissions. Nous allons le convoquer pour l’auditionner. Il viendra s’expliquer lors d’une audience publique ou il ne pourra pas se dérober… »
Saikou Yaya Barry, député UFR, membre du groupe parlementaire : Les républicains. « Cela prouve à suffisance que Nantou Cherif ne connait pas que dans cette session, on ne parle pas de gestion, mais de loi. C’est dans la loi de finance qu’on va parler d’audite. Le fait aussi de demander si les citoyens guinéens ont des arguments, des dossiers de les envoyer, cela dit que Alpha Condé et son gouvernement n’ont aucun dossier contre Cellou Dalein et Sidya. Ceux-là ont vacillement géré la Guinée. C’est la comparaison à tout bout de champ. Alpha Condé tient à se mesurer aux anciens premiers ministres, s’il doit se mesurer c’est à Sékou Touré ou à Lansana Conté. Qu’on compare la gestion des anciens premiers ministres à celle de Mohamed Said Fofana. Ce gouvernement jette l’anathème sur des gens qui ont bien géré, parce qu’il n’a pas d’argument et n’a aucune possibilité de gérer un Etat… »
Proposition de lois
Nous avons des propositions sur le Code électoral, parce qu’il a des défaillances qui empêchent la démocratie de fonctionner normalement. Deuxièmement c’est la Ceni qui n’arrive pas à travailler. Mais aussi une résolution qui va permettre au gouvernement de respecter les accords du 3 juillet qui doivent nous permettre d’organiser rapidement les élections communales.
Je lance aussi un appel au peuple de Guinée sur ce que le CNT a fait concernant la loi de finance, qui n’a pas tenu compte du financement des élections communales. Et le CNT a accepté de voter cette loi.
Nous demanderons dans cette résolution qu’on tienne compte des élections et qu’on les organise courant 2014.
Il est important pour moi qu’il y ait une Ceni technique, mais parrainer par les responsables politiques. Parce qu’aujourd’hui en Guinée, personne n’est neutre. Alpha Condé a tout politisé, le syndicat, la chambre de commerce, le patronat, la société civile tout.
Amadou Damaro Camara : « On n’a pas encore des propositions de loi, on attend des projets de loi. Nous ne pouvons rien annoncer, parce que la procédure voudrait que les projets ou propositions de loi soient déposés au secrétariat de l’Assemblée, qui va les proposer en réunion pour les examiner sur une durée de 30 à 90 jours ».
Par Oumar Tély Diallo
Transmis par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
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