mercredi 19 mars 2014
L’expulsion des Guinéens par la Belgique continue à défrayer la chronique. Avec des commentaires diamétralement opposés selon que l’on soit guinéen ou belge.
Les premiers applaudissent. Les seconds protestent. Les Guinéens dans leur écrasante majorité saluent le refus des autorités de leur pays de recevoir les infortunés.
La rhétorique est bien connue, lorsque la Guinée défie une puissance les Guinéens sont fiers. Si fiers que, une fois n’est pas coutume, la cote de popularité de l’actuel homme fort de la Guinée grimpe pour la circonstance.
S’il faut se féliciter que la Guinée ne baisse pas l’échine devant la Belgique, il ne faut cependant pas détourner le débat. La question qui se pose est celle de savoir si les intéressés sont bien Guinéens.
A cette interrogation, les autorités belges sont catégoriques. Selon elles, un expert Guinéen a formellement identifié ses compatriotes.
Dès lors que ces infortunés sont des Guinéens, il ne sert à rien à mon sens de faire un forcing. Ce n’est pas en disant que leur pays ne veut pas de ces Guinéens que le sort de ces derniers sera amélioré dans leur pays d’accueil. Bien au contraire. Cela les dévalorise et les rend plus vulnérables. Il va de soi que si votre pays refuse de vous recevoir, un autre pays ne vous accordera ni respect, ni considération encore mois des papiers.
En outre, ce n’est pas très honorable pour un Etat de refuser de recevoir ses ressortissants. Fussent-ils des immigrés clandestins. Surtout lorsqu’ils sont déclarés persona non grata par un autre Etat.
Dans pareil cas ce que les pouvoirs publics doivent faire c’est de réserver le meilleur accueil possible à leurs ressortissants. En mettant en place des mesures d’accompagnement leur permettant une meilleure réintégration dans leur pays.
Et puis à terme, réfléchir sur le pourquoi les jeunes de ce pays préfèrent mourir ailleurs que de revenir au bercail. Certes l’actuel chef de l’Etat a hérité cette situation. Mais en se battant comme il l’a fait pour cet héritage, il a désormais la lourde responsabilité sinon d’arrêter tout au moins de réduire cette sortie massive de la jeunesse guinéenne. Non pas en fermant les frontières, mais en mettant en place une politique qui fasse espérer la jeunesse qui désespère.
A travers notamment la lutte contre la corruption qui compromet l’avenir du pays. Mais aussi l’instauration de la justice sociale et la justice tout court.
L’égalité de chance entre tous les fils du pays ainsi que la promotion du mérite. Voilà entre autres quelques pistes qui pourraient nous éviter à l’avenir une mini crise diplomatique avec la Belgique ainsi que ce genre de publicité dont les Guinéens se passeraient bien volontiers.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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