vendredi 14 mars 2014
A peine les élections législatives terminées, la Guinée devait faire face à une autre échéance électorale : celle des communales et communautaires.
Mais très tôt la CENI a commencé à préparer les esprits sur un secret polichinelle. En laissant entendre qu’elle manque d’argent. Maintenant ce n’est plus une hypothèse, c’est une réalité. La Guinée recommence à tourner en rond en matière d’organisation des élections.
Ces élections sont donc reportées sine die. Autrement dit, elles sont renvoyées aux calendes grecques. Cela veut dire clairement dire que les maires et les présidents de communes rurales de développement peuvent rester tranquilles. Ils restent et demeurent à leur poste.
Du moins pour ceux d’entre eux qui n’avaient pas été balayés par la révolte populaire après la rencontre au palais du peuple avec le bouillant capitaine. Cette rencontre au cours de laquelle, tous les maires de Guinée avaient publiquement ôté le costume PUP pour porter celui du CNDD. Mais cela est une autre histoire. Toujours est-il que nombre d’entre eux avaient subi la colère populaire une fois de retour dans leur localité.
D’autres ont fait les frais de leur soutien supposé ou réel au candidat malheureux à la présidentielle de 2010. Après l’installation du vainqueur à Sékoutouréya celui-ci a fait le ménage. Certains maires ont été remplacés pour, dit-on, de mauvaise gestion. Ce à quoi les intéressés s’indignent.
Pour revenir aux élections, celles-ci sont donc reportées. Or une échéance chasse une autre. Le report des communales pourrait entrainer un autre report : celui de la présidentielle de l’année prochaine. Car c’est cela les vrais enjeux.
Que des maires dépourvus de moyens et de pouvoirs restent en place, cela ne dérange pas outre mesure, à la fois de l’intérieur comme de l’extérieur.
Mais que le locataire de Sékoutouréya reste après décembre 2015, cela pourrait entrainer des grincements de dents. Alors que pour l’instant rien n’est fait pour éviter cela. Outre que la volonté politique existe peu, l’institution organisatrice de cette élection majeure brille par son incapacité et son incompétence. Ouvrant ainsi la voie à une prolongation du mandat présidentiel.
Même si là aussi celui qui était arrivé troisième à la présidentielle estime que s’il n’y a pas d’élection en 2015 c’est la Guinée qui sera sans président. Parce qu’il compte peut être sur la cour suprême pour faire une telle déclaration. Or espérer que cette cour prenne une telle responsabilité relève de l’imagination de l’opposition.
C’est donc parti pour d’autres reports des élections au grand dam des Guinéens mais pour le plus grand bonheur de ceux qui devraient céder la place à l’issu de ces élections.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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