samedi 01 mars 2014
Encore une fois la Guinée a été la Une de l’actualité. Malheureusement avec la mort de deux Guinéens. Tous succombant à cause de l’impunité. Le premier décès est intervenu à Fria où, une nouvelle fois, les forces de l’ordre ont obéi à leur propre logique. Elles ont droit de vie et de mort sur les pauvres citoyens. Le deuxième cas s’est déroulé à Conakry. Précisément à l’hôpital Donka.
Entre les deux il y a certes une différence, mais elle n’est pas de taille. Dans le premier comme dans le second cas, c’est l’impunité qui est la cause de la mort de ces deux jeunes. Car si tirer à balle réelle comme on le voit tous les jours en Guinée est un crime, le refus de soigner un malade ne constitue pas moins un autre crime.
Dans les deux cas, les citoyens ont crié leur colère. A Fria, ou les habitants sont déjà confronté aux pires difficultés de leur histoire, ce meurtre de sang-froid a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les habitants, victimes de la fermeture de la mère nourricière, ont exprimé leur colère. Certains bâtiments administratifs ont fait les frais.
Pendant ce temps, à Conakry le CHU de Donka a failli subir le même sort. Après le drame survenu à Conakry le 18 courant à cause de l’obscurité, ces deux autres évènements viennent s’ajouter à la longue liste des victimes consécutives à l’impunité.
D’où cette interrogation, où est donc le changement promis, clamé et proclamé sur tous les toits ?
L’arrivée au pouvoir de celui qui avait refusé tout compromis et toute collaboration avec l’ancien système, que dis-je avec l’ancien régime, car le système reste, avait suscité peur et interrogation chez nombre de fonctionnaires.
Au fil du temps, il s’est avéré qu’entre l’ancien et le nouveau, c’est quasiment bonnet blanc et blanc bonnet.
Ni les crimes politiques ni les délits économiques n’ont été élucidés. Or seul Dieu sait qu’ils sont nombreux. Désormais les illusions se sont effondrées. Or on ne le dira jamais assez, l’impunité est la porte ouverte à la récidive.
Tant que justice ne sera pas rendue, des Guinéens vont continuer à tomber sous les balles d’autres Guinéens ou par manque de soins comme c’est le cas de Donka. Jamais une enquête n’a été menée jusqu’au bout et les coupables punis.
Or notre société ne retrouvera son humanisme et son salut que le jour où la vie de l’homme sera sacrée. Le jour où ceux qui tuent directement comme à Fria ou indirectement comme à Donka seront dans le meilleur des cas en prison et dans le pire au cimetière.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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