jeudi 20 février 2014
Pour les étrangers, c’est un signe de Droit, accessoirement de démocratie. Pour les Guinéens, ce n’est hélas qu’une autre des fumisteries habituelles de leur « président démocratiquement élu » comme le répètent à longueur de journées les médias officiels aux mains strictes du pouvoir.
Car dans ce beau pays, un seul parti sur 120, le RPG, celui du président a droit aux médias officiels, c’est à dire ceux qui fonctionnent grâce aux impôts de tous les guinéens.
Cela ne semble pas gêner outre mesure nos amis de la communauté internationale qui font assaut d’amabilité et de célérité pour présenter leurs bourses aux cordons largement déliés à notre Excellence Professorale. C'est pour le bien du peuple.
Depuis sa venue au pouvoir, 60 personnes, des citoyens dont le seul tort est d’avoir défilé pacifiquement pour réclamer leurs droits, où dont le faciès était trop typé Peulh ont été assassinés par des tirs à balles réelles des forces dites de « défense et de sécurité ».
Aucune enquête n’a jamais été diligentée pour faire la lumière sur ces assassinats ciblés, malgré les rodomontades du Ministre chargé des Droits de l’homme, Gassama Diaby, qui vient de rempiler et pour cause : tous les guinéens savent que les responsables sont les milices ethniques du président, dans l’Armée, la police, les Donzos et autres « chevaliers de la république », version guinéenne des tontons macoutes.
Le cas des assassinés et violés au Stade le 28 Septembre 2009 est toujours au point mort, les responsables impliqués toujours dans l’entourage militaire et civil du président. Mais les accusés d’une tentative de coup d’Etat croupissent en prison après un procès ayant battu tous les records par sa célérité. Certains sont morts suite aux mauvais traitements. Nous restons persuadés que M. Condé "n'exigera" aucun rapport sur l'état déplorable, inhumain, dégradant des prisons dans lesquelles il maintient les prisonniers politiques de son régime et la barbarie sans nom des gardes chiourmes qui en ont la charge.
Il y a donc bien deux poids deux mesures dans notre « démocratie Angbansanlé » ou le président de la République, en violation de la constitution, reste chef de son parti, le RPG, dont l’objectif avoué est d’écarter autant que possible l’ethnie Peulhe de tous les rouages importants de l’économie et l’Etat.
C’est donc avec étonnement que les guinéens liront la dépêche suivante :
[ Suite à la mort de deux personnes dont un civil et un gendarme au cours des manifestations violentes de mardi contre la desserte en l'électricité en banlieue de Conakry, le président guinéen Alpha Condé a exigé un rapport d'explication aux responsables de la police et du gouvernorat de Conakry. Selon une source proche de la présidence, après une visite du ministre de la sécurité et de la protection civile Madifing Diané sur les lieux d'affrontement, la délégation gouvernementale a été reçue en audience par le chef de l'Etat dans l'après-midi.
Au cours de la concertation, le président Condé a fustigé la mort des deux personnes et a demandé à ce que les corps des victimes soient examinés immédiatement par un médecin légiste qui dressera un rapport circonstanciel et détaillé sur les causes du drame.
L'officier en charge de la communication du haut commandement de la gendarmerie et de la justice militaire le commandant Mamadou Alpha Barry a confirmé dans un communiqué officiel la mort des deux personnes, suite au cacophonie provoquée par les manifestations de rue dans le quartier de Tombolia, Enta, Dabompa, Lansanayah et Cimenteries, situés en périphérie de Conakry.
Le siège de la société brésilienne de travaux publics (oas) chargée de réaliser les travaux des voiries urbaines à Conakry a é té saccagé par les manifestants, causant ainsi d'énormes pertes matérielles.
Une autre délégation gouvernementale conduite par le président de l'Assemblée nationale Claude Kory Koundiano a été dépêchée par le président pour présenter les condoléances du gouvernement aux familles des victimes…] Source : XINHUA
En lisant attentivement le texte ci-dessus, et en connaissant un minimum le pays, la raison de « l’exigence » présidentielle saute aux yeux : la destruction des biens d’une filiale d’une société, qui ne serait qu’un écran brésilien et que des rumeurs persistantes disent appartenir à Mohamed Condé, le fils du président et son homme-lige pour les intérêts de la famille. Ce n’est pas une certitude, ni une preuve mais… les guinéens suivent bien ce qui se passe au Sénégal avec le fils Wade.
Tout le monde constate que les commerçants peulhs dont les biens ont été récemment saccagés et dont la valeur, selon le GOHA se monterait à plusieurs milliards de francs en plus des morts, n’ont pas encore vu la plus petite enquête démarrer. Pour le dédommagement, on n’en fait même pas cas dans les cercles de ce pouvoir très pressé comme on le constate, qui dédommagera rapidement la « Société Brésilienne ».
Mohamed Saïd Fofana, le PM désespérément transparent doit bien comprendre qu'après les émeutes par manque d'électricité, son gouvernement devra faire face aux émeutes par manque de transparence au sommet du pouvoir guinéen. Les menaces de poursuite, les accusations PDG-RPGistes de "complots", régulièrement utilisées par le pouvoir Angbansanlé n'ébranleront plus la volonté unanime des Guinéens de se débarrasser d'un régime inique symbolisé par Alpha Condé et son équipe.
Car pour transvaser les biens publics et privés entre main gauche qui donne et main droite qui reçoit, Alpha serait un prestidigitateur incomparable. Les citoyens ne sont plus dupes des promesses fallacieuses qui ne seront jamais tenues.
Thierno A DIALLO
www.guineelibre.com
Pour www.nlsguinee.com
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