Guinée : Pour la première fois « Un avocat » pour défendre Sékou Touré et Lansana Conté !
mardi 16 mai 2006
Le combat pour la démocratie et le développement de notre pays, la Guinée, incombe à tous ses enfants d’où qu’ils se trouvent. L’essentiel est que nous parvenons à travers nos idées et nos actes à apporter quelque chose de positif à notre patrie. Ce qui demande une grande motivation dans un esprit de sacrifice.
En effet de 1958 à nos jours, Sékou Touré et Lansana Conté pour avoir été les deux compatriotes à diriger le pays sont toujours aux yeux de l’écrasante majorité des Guinéens (y compris moi-même) comme les principaux responsables du mal guinéen.
Ce que nous leur reprochons sont entre autres : la dictature sanguinaire, le rejet des citoyens compétents, les pendaisons publiques, le camp Boiro et ses scènes horribles de torture, les faux complots… pour le premier.
Quant au second ses torts, en plus de la dictature, ont pour noms : réveil des démons de l’ethnocentrisme, le pillage des ressources naturelles du pays, la mise sur pied d’un lobbying d’oligarchies militaro affairistes, l’appauvrissement du peuple, l’instauration de la famine, le manque de volonté politique… (le chapelet est long très long !)
Ces maux, pour les extirper de la société guinéenne, il faut une véritable prise de conscience, de tolérance, de volonté générale, d’acceptation sincère et réciproque, de maturité politique. Bref de sagesse digne d’un grand peuple !
Ce devoir encore une fois, incombe à tous les guinéens, mais surtout aux intellectuels du pays, ceux là même qui sont supposés être des éclairés, des guides. Mais hélas !
Grande est ma déception lorsque que je constate que jusqu’ici certains pour ne pas dire nombreux de ces « intellectuels », je ne sais piqués par quelle mouche se plaisent à troquer leur noble mission pour verser gratuitement dans les mesquineries et divagations indignes d’un homme de « confiance. »
Ils se plaisent dans des propos incendiaires qui sont loin et très loin de la ligne du combat démocratique, du combat citoyen dans une République.
Pour nous jeunes, c’est regrettable de voir un Bah Mamadou, consultant international qui a fait ses preuves dans les Institutions Internationales comme la Banque Mondiale et par ailleurs leader d’un parti politique (UFDG) crier :
« En 1993, j’ai été dire aux malinkés qu’il fallait que cette fois là ils donnent le pouvoir aux peulhs, c’est leur tour, il faut qu’ils le leur donnent. J’ai été à Faranah devant la maison de Sékou Touré pour dire : bon vous avez fait un tour, nous aussi on veut » de même q’un Jean Marie Doré, inspecteur de travail et leader de l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG) qui a dévoilé son véritable intention : « au fond mon combat n’est pas d’être Président de la République, mais de réhabiliter la forêt. Que les Monons et les Konons acceptent de revenir à leurs noms d’origine. Sinon à tort, on les classera parmi les Koniankés, qui se considèrent actuellement majoritaires à Lola... »
Enfin, c’est un troisième intellectuel, très connu et respecté dans la communauté guinéenne de France installé à Paris. Il est conseiller de tout un journal en ligne (kibarou), responsable d’un grand parti politique de l’opposition guinéenne (l’UPR – section France). Il s’agit de Monsieur Sékou Chérif Fadiga.
Ce « grand intellectuel et politique » n’a eu autre argument que de faire recours à la théorie d’autochtonie pour attaquer ses « adversaires politiques » en les traitant de « fils de Migrants directs ».
Son discours xénophobe est sans équivoque en la matière. Il déclare « Malheureusement, par deux fois la Guinée s’est abandonné dans les mains de deux Présidents dont les pères sont des migrants directs sur notre territoire national. »
Quelle similarité troublante !
En véritable Jean Marie Le PEN, il poursuivit : « Le premier, Ahmed Sékou Touré dont le père Alpha Touré est venu directement de Kayes dans l’ex- soudan Français, au début du XX Siècle, s’est fait redouter par la tyrannie en massacrant tous les valeureux enfants de notre pays qui lui portaient ombrage pour se faire un nom et se construire une histoire qui relève de l’imaginaire ».
Pour terminer il tire encore son fusil Lepéniste : « son successeur Lansana Conté dont il est le seul à avoir favoriser l’ascension est le fils d’un autre arrivant Seyni Conté, parti de la Guinée portugaise dans un ferry-boat artisanal qui s’écrasa sur les côtes de notre sol. Il sera l’un des rares rescapés de cette chevauchée et se fixera définitivement jusqu'à sa mort en 1969 dans le Bouramayah, dans un hameau qui s’appelle encore Moussaya – Loumbayah. Le deuxième Président de la Guinée indépendante y voit le jour et y passe l’essentiel de son enfance. Après tout, les deux hommes d’Etat ne se sont jamais privés de clamer haut et fort leur amour pour notre commune patrie… »
A la lumière de ces déclarations, le sentiment qui m’anime est celui de la honte et de la désolation de voir des « combattants » dévier leur route, pour emprunter celle de l’errance, de la perdition, de la haine, de la peur de l’autre, de l’intoxication. Et que sais–je encore ?
Soyons sérieux, honnêtes avec nous-mêmes ! Sékou Touré est issu de l’ethnie Malinké, c’est une vérité. Mais comme tout un chacun de nous autres, il s’est vu membre de cette ethnie !
Et qu’on cesse de faire des confusions gratuites entre la personne Sékou Touré et toute une entité ethnique et culturelle en faisant croire que le pouvoir de Sékou Touré s’appelait : « les malinkés ».
Que son père soit migrant direct de Pékin, des Iles Comores ou de New York, ou de la Grèce antique … franchement ce n’est pas ce qui nous intéresse. Ce qui ne sera jamais dit est ceci : « Sékou Touré n’était pas guinéen. » Jamais personne ne va nous le dire. Donc que son père fasse un mois en Guinée comme séjour ou des siècles, cela ne regarde pas notre combat pour la démocratie. Ce qui nous regarde c’est les multiples torts qu’il a causés à tout un Peuple, c’est ce que l’histoire jugera, et objectivement.
Concernant Lansana Conté, que son père soit venu à dos d’âne, dans un TGV ou dans un Magbana, franchement ça ne nous regarde pas. Qu’il soit Baga, Mikiforêt, Lélé, Konon ou Soussou c’est pas notre problème. Et nous n’allons jamais confondre sa mafia à une ethnie. Même s’il a réveillé les démons de l’ethnocentrisme pour en faire une arme stratégique de son pouvoir, mais son clan est composé de toutes les ethnies de Guinée pour bien piller les énormes ressources du pays.
La misère qui est en Guinée depuis Sékou Touré jusqu’à Conté ne s’appelle pas Guérzé, peulh, Kissi, Maninka, Toma ou Soussou ; elle est tout simplement guinéenne !
Et le pouvoir de Conté ne s’appelle pas « ethnie soussou » ! Alors !
L’essentiel pour nous c’est comment chasser Conté et sa Mafia du pouvoir pour le bonheur de tous les guinéens.
C’est pourquoi en humble citoyen et « avocat indépendant des causes nobles », je plaide ici et pour la première fois que les délits de défauts d’autochtonie et d’ethnie ne soient jamais pris en compte par le peuple de Guinée lors du procès de nos Chefs d’État de même qu’à tous les citoyens. J’insiste, nous devons toujours et avec détermination nous battre contre cette dictature. Nous devons chasser ce pouvoir qui a plongé notre pays dans une misère insupportable. Il faut impérativement que Lansana Conté et sa Mafia quittent aux commandes de notre pays. C’est ça notre combat. Mais son ethnie et comment sont arrivés ses parents en Guinée ne nous intéressent pas.
De même que le premier Président Ahmed Sékou Touré. Que ses parents soient venus directement de la planète Mars ou du Golf persique, vraiment ça ne nous intéresse pas. Ce qu’on lui reproche ce sont ses 26 années de gestion dictatoriales de la Guinée aux conséquences incalculables et catastrophiques.
Alors qu’on ne soit plus aveuglé par la confusion gratuite, l’amalgame, la haine, la mesquinerie, mais aussi et surtout par la passion au détriment de la raison. Le faire c’est se tromper d’objectifs, ce qui reviendrait à se tromper de combat.
N’est ce pas chers compatriotes ?
Par Ansoumane CAMARA, Dakar, Sénégal
Président du Comité d’Initiative du Journal Nouvelle Jeunesse.
Porte Parole de l’Action Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
Contact : ansoumanecamara2000@yahoo.fr
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
|