lundi 03 février 2014
C’est désormais une tradition, les ressortissants de beaucoup de régions du pays organisent un sacrifice annuel dans leur village. L’objectif est de prier le Créateur de faire prospérer résidents et ressortissants du village organisateur dudit sacrifice.
Pour la première fois, j’ai eu l’occasion d’assister à un de ces sacrifices annoncés avec tambours et trompettes sur les ondes des radios locales pendant plusieurs semaines. A quelques jours du jour j. les ressortissants arrivent de l’intérieur et de l’extérieur du pays.
Les sacs de riz, de pomme de terre, d’oignon, les bidons d’huile et autres condiments sont achetés et apportés de la ville. Seuls les bœufs sont achetés sur place. Des femmes sont venues spécialement des villes de l’intérieur pour préparer les repas.
Tôt le matin du jour j. 2 bœufs sont abattus. La viande du premier sera préparée pour les repas. Celle du second sera offerte aux invités. Une trentaine de plats sont réunis. Quand le soleil pointe au zénith les invités commencent à rallier le village. Un crieur indique à chaque délégation dans quel bâtiment elle doit aller après la prière pour le repas.
On procède à la répartition de ces plats. Cinq sont envoyés pour les autorités politiques et administratives. Cinq autres pour la ligue islamique préfectorale et les ligues sous préfectorales. Cinq pour les ressortissants venus de la capitale et de l’intérieur de la Guinée. Cinq tous les autres ressortissants venus de l’extérieur.
Enfin trois plats pour les hommes d’affaires et autres invités de marque. Faites le calcul. Tous les bons et copieux plats sont répartis pour ceux-là même qui, avec ou sans sacrifice, peuvent manger tous les jours de la viande.
Les autres maigres plats à la sauce feuille sont répartis pour monsieur tout le monde. Notamment pour ceux qui, pendant toute l’année ne peuvent pas s’offrir un kilo de viande. Ceux-là se partagent le reste des plats sous un manguier.
Quant au reste de la viande, ils ne sentir même l’odeur. A plus forte raison les billets de banques collectés pendant la lecture du Saint Coran. La viande, dans des sachets plastiques, partagée les « grands quelqu’un » ainsi que les enveloppes contenant les billets de banque.
A la fin de la cérémonie, un homme visiblement déçu par ce sacrifice qui n’en est pas un, dit à son ami que quand les riches font des sacrifices ils le font entre eux.
Quant au pauvre, personne ne le regarde. L’autre rétorque que Dieu n’exauce jamais ce genre de sacrifice. Parce que selon lui, par définition, le sacrifice c’est de nourrir celui qui a faim, d’habiller celui qui en manque et de libérer le prisonnier détenu injustement.
Voilà s’il en était besoin, un sujet de méditation. Si nous organisons des sacrifices respectons ces trois conditions. Autrement nous organisons tout simplement un festin. Et dans ce cas-là appelons les choses par leur nom. Fête au lieu de sacrifice.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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