lundi 27 janvier 2014
C’est bien ce que les jeunes militants du parti au pouvoir ont exprimé ce week-end dans trois villes de la Guinée.
A Conakry, Faranah et Siguiri ceux qu’on appelle les RPGistes se sont fait entendre. Ils ont crié leur colère. Simple coïncidence ou plutôt une action concertée ? De la façon dont les choses se sont passées on pourrait penser à la deuxième hypothèse.
Les frondeurs protestent contre la nomination de certains ministres et surtout contre la confirmation d’autres. Visiblement ces jeunes ont exprimé tout haut ce que nombre de responsables du parti pensent tout bas. Ils attendent donc de pied ferme le retour du président. Celui de la République. Celui qui continue à diriger encore des réunions de ce parti. Car contrairement à ce que prévoit la loi, le président de la République continue à tirer les ficelles au sein du RPG.
Pour la deuxième fois donc Alpha Condé est confronté à une fronde de ses propres partisans. La première fois c’était à l’occasion de sa venue à Kankan. Cette fois c’est une action qui semble être bien concertée qui ébranle le parti. C’est le 11 septembre RPGiste avec la triple action à l’est, à l’ouest et au centre du pays.
A son retour, le président va-t-il écouter les jeunes et revenir sur certaines nominations ou confirmations ou plutôt va-t-il faire la sourde oreille et crier à la manipulation voire le complot. Ceux qui connaissent bien l’homme estiment que le locataire de Sékoutouréya ne va jamais baisser l’échine devant la revendication de simples militants.
Même si les patrons du parti sont conscients que deux grands rendez-vous électoraux se pointent à l’horizon. Il existe donc un impératif d’écouter les militants pour éviter au tsunami RPgiste pour les communales et surtout pour la présidentielle de l’année prochaine. D’autant plus que lors des dernières législatives le parti a été mis en ballottage dans maintes circonscriptions électorales.
La grande inconnue est de savoir donc si les remous et les dissensions vont s’arrêter là ou s’ils vont continuer à secouer le parti et son parti. Un parti qui se passerait volontiers de ces remous.
Le moins que l’on puisse dire est que désormais les hommes politiques n’ont pas le choix que d’écouter et de prendre en compte l’opinion de leurs militants.
Car il y a encore quelques années, contester le RPG était perçu comme un crime de lèse-majesté. Surtout dans une ville comme Siguiri. Mais les esprits et les mentalités évoluent. Et les responsables politiques doivent aller au rythme du temps et des militants. Ils doivent s’adapter au contexte. Car la démocratie commence d’abord au sein même des partis politiques avant de devenir une réalité au niveau de la Nation.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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