lundi 06 janvier 2014
Après les élections législatives, un remaniement ministériel est une tradition démocratique. Il est naturel. La Guinée ne fera pas exception, même si c’est un pays exceptionnel. C’est donc un secret de polichinelle que le professeur Alpha Condé a divulgué dans son discours à la Nation le 31 décembre dernier : l’imminence d’un remaniement de son gouvernement.
Depuis cette annonce, on s’agite partout. Les uns craignant de grossier les rangs des chômeurs dans ce pays. Les autres nourrissant l’espoir de réaliser enfin leur rêve le plus fou : devenir ministre de la République.
Ce gouvernement est plus qu’attendu. Même si, en annonçant la mesure avant qu’elle ne soit effective, le professeur a préparé les uns et les autres. Et bonjour les gris-gris, le talisman et autres sacrifices rituels.
De l’avis de nombreux observateurs, pour prendre des mesures spectaculaires et radicales dans ce pays, il faut surprendre. Autrement la science occulte va occulter la volonté du chef.
Le président Alpha Condé ayant annoncé le remaniement avant son effectivité, la montagne pourrait accoucher d’une grosse souris.
On se rappelle qu’après la découverte d’un scandale financier au ministère des Finances, le président Condé avait martelé qu’il allait couper des têtes. Finalement même un seul ongle n’avait pas été coupé.
Mais au-delà de ce remaniement en perspective, ce qui intéresse les Guinéens c’est le choix des hommes. Les ministres en l’occurrence. Le professeur président va-t-il rééditer l’expérience de 2010-2011 ? C’est-à-dire décevoir les Guinéens dans ses choix des hommes ? Ou va-t-il former cette fois une équipe à la dimension des attentes ? Une équipe capable de sortir la Guinée de sa situation peu enviable.
En effet, nombre de Guinéens ont été déçus par la nomination de Mohamed Saïd Fofana au poste de premier ministre ainsi que les autres nominations qui ont suivi. Le nouvel élu avait préféré une équipe complaisante voire obéissante en lieu et place d’une équipe compétente et efficace.
L’autre fausse note du nouveau président était de dire « je vais donner tel poste à telle région ». Avec son expérience, Alpha Condé devait marquer une rupture avec le passé. Il n’en a rien été. Les résultats ont été ce qu’ils sont aujourd’hui. Avec un immobilisme total.
D’où l’espoir des Guinéens qu’il va prendre conscience à deux ans de l’expiration de son mandat pour mettre en place une nouvelle équipe gouvernementale capable enfin de répondre à l’immense attente des Guinéens. Des Guinéens qui ne demandent pas d’où vient un ministre. Mais de quoi il est capable.
Qu’on ne nous parle plus d’équilibre régional ou ethnique. Il faut instituer et instaurer les deux sanctions : la positive et la négative. Ce qui passe par une évaluation. Pour que les bons soient félicités et récompensés. Et que les mauvais subissent ce qu’ils méritent.
Cela n’est possible que dans un pays où l’irrationalité et la subjectivité cèdent la place à la rationalité et à l’objectivité.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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