samedi 14 décembre 2013
La disparition de Nelson Mandela a été paradoxalement une aubaine pour l’Afrique toute entière. Pour montrer une autre image de l’Afrique que la guerre, la famine, la rébellion et que sais-je encore. Cette perte pour le continent a permis de redorer son blason pour quelques jours. Même si les images de d’Afrique du Sud contrastent avec de la République Centrafricaine.
La planète entière a rendu hommage à cet homme pour trois raisons principales. La première est le fait de consacrer toute sa vie à la lutte pour la libération de son peuple. La deuxième est liée à la tolérance de l’homme. Du faible qu’il fit au fort qu’il devint, il n’a pas pris sa revanche sur ses persécuteurs. Enfin la troisième raison est de s’être volontairement retiré du pouvoir.
Combien sont-ils ces hommes politiques du continent qui clament et proclament se battre pour leurs peuples et qui, une fois au pouvoir, s’occupent de leur ethnie, leur clan, leur tribu ou tout simplement leur famille biologique ?
Combien sont-ils une fois au pouvoir, commencent par régler leurs comptes personnels. En jetant des adversaires politiques et des contradicteurs en prison. Ou même qui procèdent à des exécutions sommaires ?
Combien sont-ils ces chefs d’Etat du continent qui, après avoir passé une ou deux décennies au pouvoir, veulent modifier la constitution pour se pérenniser au pouvoir ?
Juste à côté de l’Afrique du Sud il y a un autre homme qui, lui aussi, s’est battu pour la libération de son pays du joug colonial. Il s’agit de Robert Mugabe. Mais contrairement à l’hommage rendu à Mandela la disparition de Mugabe pourrait être perçue comme une libération de son peuple. Parce que tout simplement si l’homme a eu la première qualité de Mandela, c’est-à-dire la lutte pour la libération de son peuple, les deux autres qualités de Madiba lui font cruellement défaut.
Le seul chef d’Etat que les Zimbabwéens ont connu depuis leur indépendance pend non seulement pris sa revanche sur la minorité blanche, mais aussi il veut mourir au pouvoir. Comme le président Mugabe, le pouvoir est devenu une prison pour de nombreux chefs d’Etat du continent.
Après avoir commis trop de crimes, certains d’entre eux préfèrent mourir au pouvoir afin de ne pas répondre de ces crimes. D’autres souhaitent non seulement se soustraire à la justice en mourant au pouvoir mais aussi ils veulent soustraire les leurs en instaurant une monarchie constitutionnelle.
Si le président Wade s’est battu avec bec et ongle pour que son fils puisse lui succéder, c’est qu’il savait qu’après lui Karim devait être soit au palais présidentiel soit en prison.
La leçon de Mandela à ses pairs du continent est donc la suivante : si vous voulez vivre en paix et que les vôtres vivent en paix après vous : premièrement servez le peuple au lieu de vous servir, deuxièmement ne soyez ni rancuneux ni revanchards et enfin troisièmement abandonnez le pouvoir avant qu’il ne vous abandonne.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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