Guinée : Et si les guinéens avaient opté pour la résignation éternelle ?
samedi 13 mai 2006
Dieu a béni la terre de la Guinée mais seulement il y a mis des hommes maudits". Cette grossièreté est la plus rependue aujourd'hui à l'endroit de notre peuple.
Sans être fataliste, à analyser de près nos réactions face aux gifles de nos dirigeants et cela du premier au régime actuel, il y a fort à s'étonner et à se demander si la culture de la révolte, de la revendication légitime n'est pas tuée (mystérieusement!) au guinéen pour une pays qui a pourtant le privilège d'écrire son nom en lettres d'or dans l'histoire africaine comme un véritable foyer de résistances face à la pénétration coloniale. De ces quatre régions naturelles, des héros ont si dire "non à la soumission" jusqu'aux derniers souffles de leur vie!
Alors pourquoi cette audace s'est envolée? Pourquoi accepter les anti-valeurs ?
Aujourd'hui en Guinée les Hommes qualifiés de bénis sont ceux qui sont réputés dans les détournements de fonds publiques, qui envoient dans les lieux de cultes en pèlerinage : parents, amis et connaissances tout en prenant le soin de bien épargner une bonne part de leurs butins dans les banques étrangères et c'est connu ils ont un train de vie qui fouettent le misérable contribuable au détriment des honnêtes citoyens qui ont choisi de vivre du fruit de leurs propres efforts.
Qu'on nous dise maintenant où est la morale?
Sous sékou Touré, le commerce fut supprimé, le théâtre imposé où les filles étaient violées et engrossées,les normes aussi étaient de mêmes, sans oublier les pendaisons publiques et le Camp Boiro, nous avons accepté au lieu de protester par un soulèvement ceux qui ne voulaient pas ont opté pour un exil incertain dont les conséquences sont jusqu'ici là!
Sous notre Général, c'est presque le pire! L'électricité et l'eau potable sont devenus des luxes de même que manger les trois repas quotidiens (et
quels repas?). En plus les ressources du pays sont pillées, la corruption est devenu sport national, la criminalité et l'inflation sont criardes.
La pauvreté et la famine aident les maladies à diminuer la vie des gens! Les élections sont truquées, les hommes et femmes capables sont vomis et éloignés de la gestion du pays.
Malgré tout cela nous acceptons, nous guinéens et comme des damnés!
Aujourd'hui c'est encore le prix du carburant qui vient de subir une augmentation inhumaine (5500FGN pour le litre d'essence et 5300FGN pour celui du gasoil soit
1200 de plus d'un seul coût!).
Donc bonjour l'inflation! Mais nous guinéens dominés par la peur bleue sommes assis entrain de maugréer même si cela nous ronge jusqu'aux os, nous allons l'accepter comme si nous sommes nés pour tout accepter.
Dans un pays où le sac de riz est à 120 000 FGN pour un salaire moyen de 80 000 GNF n'est ce pas c'est la misère noire pour qui connaît les intentions inavouées de nos marchands-spéculateurs qui eux aussi sont tout sauf " soutien " du peuple .
En tout cas le combat pour un lendemain meilleur en Guinée doit être la cause de tous ses enfants et à tous les niveaux. Les animaux et les poissons ne sortiront jamais de leurs réserves pour venir se battre pour nous et jamais la communauté internationale ne nous aidera si elle ne voit pas en nous un véritable signe de soulèvement populaire.
Comme le disait le défunt Président burkinabé, Thomas Snkaran: « L'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort.»
A nous de méditer et de choisir chers compatriotes.
Par Ansoumane CAMARA, Dakar, Sénégal
Président du Comité d'Initiative du Journal Nouvelle Jeunesse.
Porte Parole de l'Action de la Jeunesse Guinéenne pour l'Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
Contact : ansoumanecamara2000@yahoo.fr
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
|