dimanche 24 novembre 2013
La décision est la moins attendue du monde. Celle d’organiser une nouvelle journée ville morte. Preuve on ne peut plus que la crise reste et demeure. Preuve on ne peut plus que ceux qui espéraient voir enfin le bout du tunnel en ont pour leurs comptes.
La Guinée est encore et toujours dans sa perpétuelle crise. Au grand dam des citoyens qui espéraient une pause au moins jusqu’en 2015, l’année de tous les enjeux.
Malheureusement la Guinée ne connait ni repos ni répit. Contre toute attente, au lieu de prendre le chemin du palais du peuple, siège de l’assemblée nationale, l’opposition décide d’organiser une journée ville morte.
Cette décision fait craindre le pire. Une répression si jamais les enfants, au lieu de rester à la maison, empêchaient les automobilistes à prendre certains axes routiers, notamment celui qu’on qualifie « d’axe du mal ou de la liberté » selon qu’on soit du pouvoir ou de l’opposition : Bambeto Cosa.
Le professeur Alpha Condé avait prévenu à N’Zérékoré lors de la célébration du 55ème anniversaire de l’indépendance. Il avait martelé qu’après les élections législatives, la pagaille sera finie. Va-t-il joindre l’acte à la parole en décidant enfin et pour toujours de croiser le fer avec l’opposition ? Ce n’est pas exclu, l’homme estimant avoir fait trop de concession.
Le moins que l’on puisse dire est que la décision de l’opposition est surprenante. Non pas que ses arguments ne soient pas fondés. Non pas que les élections se soient passées dans les meilleures conditions du monde. Mais cette opposition savait qu’en allant aux élections avec un fichier électoral chamboulé, avec une CENI non seulement incompétente mais aussi partiale, l’opposition savait ce qui l’attendait.
Que cette opposition arrête de nous dire aujourd’hui qu’elle est surprise et désemparée par la fraude électorale. Toutes les conditions étaient réunies au départ pour que les résultats soient ce qu’ils sont aujourd’hui. Voire pire pour l’opposition. Laquelle peut même se féliciter que le parti au pouvoir n’ait pas obtenu une majorité. Preuve pour ce pouvoir que les élections ont été plutôt bien organisées.
C’est donc totalement irresponsable de la part de l’opposition guinéenne non seulement de faire semblant qu’elle s’attendait à une meilleure organisation des élections mais aussi et surtout d’appeler à une journée ville morte. On sait qu’en lieu et place d’une ville morte, on risque d’assister à des citoyens morts. Et la conscience des opposants pourrait souffrir s’il y a de nouvelles victimes.
L’opposition guinéenne s’est faite trop d’illusions, notamment sur deux choses. Premièrement l’implication de la communauté internationale qui, pour elle, devait lui garantir des élections relativement bien organisées. Ce fut la déception.
Deuxièmement l’opposition a compté sur le président de la cour suprême. Là aussi grosse déception. Et puisque la terre doit continuer à tourner. Et puisque la Guinée doit marquer une pause dans la crise, il faut arrêter et dès maintenant.
Désormais l’opposition doit prendre le chemin du palais du peuple et non celui de la rue.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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