samedi 12 octobre 2013
Beaucoup de guinéens s'inquiètent. Non pas des résultats diffusés par une CENI qui ne peut plus cacher sa soumission au pouvoir RPG, mais de la fermeté jusque là affichée par l'opposition. Car cette opposition, en particulier un monsieur qu'il faut nommer, Cellou Dalein Diallo, nous a habitué à une capacité rare de démissionner devant les épreuves et de se réfugier derrière un langage formaté.
Il faut dénoncer cette pratique de toujours céder au nom d'une paix sociale introuvable, qui n'a fait qu'encourager les extrémistes d'Alpha Condé et nous a souvent valu les foudres de certains "militants" de l'UFDG. Mais lorsque des personnes comme L. Petty Diallo, qu'il serait ridicule d'accuser d'anti-UFDG ou anti-Cellou, avertissent et se montrent excédés des rétropédalages successifs et sans fin de certains responsables politiques, c'est que la situation devient préoccupante.
Citation : "Si cette fois-ci un seul leader prononce cette liturgie : « compte-tenu de ceci ou de cela, pour la paix sociale, après avoir entendu …, après les discussions et l’engagement de nos partenaires techniques et financiers, nous acceptons… ». Je n’ose imaginer la suite ! Que ce leader sache qu’il s’est fait enterrer de lui-même. Que ce responsable politique-là sache que le peuple en colère ne marchera pas vers Sékhoutouréya pour y déloger quiconque, mais vers chez lui. Non pour le glorifier pour avoir sauvé une paix sociale qui n’a jamais existée, mais pour l’extirper de son chemin et récupérer sa victoire. Une victoire qu’il a chèrement acquise lors des différents 28 septembre."
Ce n'est pas à un seul parti, en l'occurrence l'UFDG, que M. Bah Oury manque aujourd'hui, ou plus exactement son esprit, sa capacité d'analyse. Alpha ne s'est pas trompé : en bon PDGiste sans morale et sans conscience, il l'a diabolisé un maximum et essayé de l'éliminer physiquement. Il n'a pas réussi, c'est tout. En le tenant éloigné, en l'obligeant à vivre à l'extérieur du pays, il pense l'avoir "neutralisé". A moins de couper la Guinée de tout moyen d'information, Alpha ne peut plus faire barrage à la circulation des idées de progrès et de démocratie. Les autocrates de l'Afrique du Nord s'y sont cassé les dents. Ce sera le destin d'Alpha Condé et des derniers crypto-communisants de sa suite.
Cellou est aussi un rassembleur, c'est évident, il aime notre pays, sans discussion. Mais ce n'est pas un combattant, au sens de celui qui sait non seulement encaisser, mais rendre les coups, et surtout prévoir, car il montre de manière récurrente une incapacité évidente de réaction rapide, ce qui fait sortir un homme politique du lot des "Honorables" et "Excellences" qui encombrent notre pays.
Bref, Cellou réagit parfois, le plus tardivement possible ; il n'agit jamais et ne montre aucune capacité d'anticipation. Ce qui donne, en toute lucidité, un bon fonctionnaire, qui peut exécuter impeccablement les ordres reçus, mais un piètre politicien. Celui-ci doit impérativement avoir une vision projetée sur l'avenir à la lumière du passé et du présent. Un dialecticien en somme.
Alpha Condé, avec toute sa capacité de nuisance, a quand même une vision, mais dans le mauvais sens, biaisée, comme Pol Pot, Staline, Pinochet et une ribambelle d'autres dictateurs et autocrates. Que M. Condé se proclame "socialiste", membre de l'Internationale de même nom, ne change rien à l'affaire ; les Nazis aussi étaient "socialistes".
Alpha n'aime pas les Guinéens, encore moins ceux qui votent en masse, réelle ou bidonnée, pour lui aujourd'hui. Il les entraine sur les chemins de la perdition. Ce que beaucoup d'intellectuels malinkés commencent à comprendre. L'histoire le montrera, et bien plus tôt que prévu.
C'est donc à toute la classe politique guinéenne, jeunes et vieux, hommes et femmes que ce citoyen, M. Bah Oury manque aujourd'hui. Ce serait lui le véritable Mandela que nous cherchons, par ses capacités de réaction et de prédiction, de rassemblement de tous les guinéens et de dépassement de clivages réels ou artificiels.
Le drame de notre pays, c'est aussi d'avoir un aventurier sans conscience, incapable et criminel à la tête de l'administration civile et militaire, Alpha Condé et un entêté limité et poli mais sans direction à la tête du premier parti de l'opposition, Cellou Dalein Diallo. L'homme qu'il suffit de caresser dans le sens du poil pour lui faire signer n'importe quoi. Avec un large sourire.
Il est évident aujourd'hui que si Cellou avait tenu ferme sur le respect du droit de vote de tous les guinéens, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, la Communauté Internationale aurait suivi, incapable de cautionner à cause des opinions publiques de leurs pays respectifs un viol flagrant des droits civiques de nos citoyens. Et les résultats des présidentielles et des législatives serait radicalement autres.
Mais il a été incapable de le faire, au nom d'un arrangement pour soi-disant éviter des morts. Les jeunes massacrés de Bambeto et ailleurs ne lui ne disent pas merci pour cette "clairvoyance". Résultat aujourd'hui, une dictature ethnique installée qui pille et tue les peulhs sans le moindre remord et vole les élections législatives maintes fois reportées. Avec la complicité agissante de M. Laskaris?
Thierno A. Diallo
Pour www.nlsguinee.com
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