samedi 12 octobre 2013
Le suspense aura été long et insoutenable. L’attente des résultats des élections législatives pour la commune de Kaloum. Pourquoi Kaloum polarise tant l’attention et pas d’autres communes du pays ?
Kaloum c’est la commune où se trouve le palais présidentiel. Où se trouve aussi l’administration guinéenne. C’est la chasse gardée de tous les pouvoirs et de tous les temps.
Raison pour laquelle, la commune est convoitée par tous les partis politiques. Kaloum c’est aussi la commune calme et paisible. Celle qui ne perturbe jamais le sommeil du grand chef. Les habitants, à l’abri de l’obscurité comme les autres communes de la capitale, sont soumis, reconnaissants et fidèles au chef en exercice. Jusque ce 28 septembre 2013.
Finalement le grand secret de polichinelle a été rendu public ce mardi. La célèbre et symbolique commune de Kaloum a basculé dans l’opposition. L’UFR de Sidya Touré a arraché la victoire au nez et à la barbe du pouvoir. Cette victoire de l’union des forces républicaines à Kaloum est symbolique. Mais aussi et surtout la défaite du pouvoir l’est davantage. Même si le RPG se console par une victoire à l’arrachée sur la liste nationale.
En attendant les résultats de Matoto et de Ratoma, le pouvoir et l’opposition sont aux coudes à coudes pour les listes uninominales. Si les deux partagent les deux communes restantes, ce sera un équilibre au niveau uninominal. Et si l’opposition remporte les deux, elle sera majoritaire dans les communes de Guinée.
Même si les responsables du parti au pouvoir se disent optimistes pour obtenir la majorité au parlement, l’éventuelle perte de l’ensemble de la capitale sera un signal fort. Car Conakry est une synthèse de la Guinée. Pour le commun des mortels, celui qui perd toute la capitale peut difficilement gagner ailleurs. Celui à qui on refuse l’accès au salon peut-il accéder dans la chambre ?
Or Conakry c’est le salon de la maison Guinée. Ce salon risque d’être rempli de tout sauf des amis et de proches de l’actuel maître de la Guinée. Lequel aura péché par un bilan mitigé. Mais aussi par la présentation des candidats sortis de nulle part. Quand on a vu les cinq candidats représentant le parti du grand professeur pour la capitale on s’est demandé où il les a trouvés.
À l’exception d’un seul, les autres sont des inconnus du grand public. Le seul connu l’a été dans des sales draps. Notamment devant le bouillant capitaine pour une histoire très narcotique. Rien de surprenant donc que le RPG revienne bredouille de la chasse.
Mais l’autre consolation est que paradoxalement le nouveau maître de la Guinée pourrait se vanter d’avoir été le premier président de ce pays à organiser des élections lors desquelles il perd toute les communes de la capitale. Cela s’appelle qui perd gagne.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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