samedi 05 octobre 2013
Commission électorale nationale indépendante (CENI) Guinée - Les dix représentants des partis d’opposition guinéens au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se sont retirés temporairement, jeudi soir, du processus électoral, arguant avoir été grugés par leurs dix autres collègues de la mouvance présidentielle et des cinq autres de l’Etat et de la Société civile siégeant au sein de l’institution en charge des élections.
Née à la suite d’une fronde entre l’opposition et la mouvance présidentielle autour de plusieurs points, une CENI paritaire de 25 membres avait été finalement mise en place avec dix représentants de l’opposition, dix de la mouvance présidentielle, trois de la Société civile et deux autres de l’Etat et dirigée par l’ex-ministre des Affaires étrangères pendant la transition, en 2008, Bakary Fofana, issu de la Société civile.
Le départ des membres de l’opposition de la CENI est consécutif à la publication, mercredi soir, des résultats provisoires des élections législatives de samedi dernier de deux localités (Dubréka et Fria), en Basse Guinée, une des quatre régions naturelles du pays, où le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG-arc-en-ciel), au pouvoir aurait gagné au scrutin uninominal.
Quelques instants après la publication tardive de ces résultats, le collectif des partis d’opposition, qui avait annoncé avoir gagné les élections et dénoncé des fraudes au même moment, a rejeté lesdits résultats à cause du 'manque de sincérité et de transparence' de la CENI qui, selon eux, n’a pas tenu compte de leurs nombreuses réclamations portant, entre autres, sur la non signature des procès-verbaux par des représentants de certains candidats et les fraudes.
Les observateurs de l’Union européenne (UE) avaient relevé plusieurs dysfonctionnements, mais leurs collègues de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avaient toutefois indiqué avoir constaté des manquements qui, selon eux, ne pouvaient remettre en cause la sincérité du scrutin.
Selon des observateurs de la vie politique guinéenne, 'nous nous acheminons vers des lendemains électoraux de tous les dangers' après 'une mention spéciale' accordée au peuple guinéen par les observateurs étrangers qui ont magnifié le calme et la sérénité qui ont prévalu lors du scrutin qui devait être organisé en 2011, mais reporté à plusieurs reprises à cause de profondes divergences entre le pouvoir et l’opposition autour de certains points du processus électoral.
Les partis d’opposition avaient annoncé la couleur dès la fermeture des bureaux de vote pour dire qu’ils ne pouvaient pas perdre les élections, avant de menacer de faire sortir leurs militants au cas où 'on nous volera notre victoire'.
Dans sa réplique, le président Alpha Condé a dit, mercredi, à N’Zérékoré, au sud-est, à 1.000 km de la capitale, où était célébré le 55 ème anniversaire de l’indépendance que 'rien ne se passera' dans le pays, ajoutant que l’Etat a pris toutes les dispositions nécessaires pour mettre un terme à 'la pagaille qui a trop duré', ajoutant que le débat quittera désormais les rues pour aller à l’hémicycle.
On rappelle que les dernières élections législatives avaient été organisées en 2002, mais boycottées par la majorité des partis d’opposition pour cause de manque de transparence et le Parlement était resté en place jusqu’au coup d’Etat de décembre 2008, au lendemain du décès du président Lansana Conté.
Source : PANA
Pour www.nlsguinee.com
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