samedi 21 septembre 2013
Première Partie : la politique minière d'Alpha Condé
Les perspectives de développement économique de la Guinée à
moyen terme sont déterminées par l'importance des investissements dans
le secteur minier. Grand producteur de bauxite dont elle détient plus du
1/3 des réserves mondiales, elle est également la plus importante source
future du minerai de fer du monde après l’Australie et le Brésil.
Les investissements directs étrangers (IDE) projetés dans les mines
pourraient atteindre 40 % du PIB avec 50 milliards de dollars
d'investissements attendus dans les prochaines années(1).
En plus de ses ressources minières, le pays dispose d'un potentiel hydroélectrique
estimé à 6000 mégawatts. La construction des barrages sur le Konkouré
pourrait le rendre exportateur d'énergie électrique vers ses voisins.
Ces deux facteurs attirent la convoitise des grands groupes miniers
internationaux mais la mal-gouvernance endémique du secteur minier
constitue une réelle entrave à l'essor économique et industriel de la Guinée.
La politique minière des nouveaux dirigeants guinéens
Au cours de la campagne électorale le candidat du RPG avait exprimé sa
volonté de réexaminer les concessions minières accordées par ses
prédécesseurs qui selon lui(1) « ont bradé pour leur compte les
ressources nationales ».
Son courroux s’explique car entre 1993 et 2008, la contribution de la filière bauxite-alumine
aux recettes publiques avait chuté de 60% à 20% et la part des exportations tombait de 70% en 1990 à 60% en 2005.
La crise s’est accentuée davantage en 2010 avec la chute
des revenus de CBG à 84 millions de dollars contre 110 millions de dollars en 2009(2).
Avec des coûts de production élevés et une baisse drastique des revenus, « l’effet de ciseau » est inévitable(3).
C’est dans ce contexte morose que le nouveau Chef de l’Etat s’installe au pouvoir.
En septembre 2011, un nouveau code minier a été adopté par le CNT qui
accorde à la Guinée 15% des actions dans chaque projet et qui pourra
exercer une option d’achat de 20 % autres au taux du marché. Cette
disposition n’a pas été bien accueillie par les milieux proches des miniers
qui l’ont qualifiée de contre-productif pour l’investissement, car il
introduit une instabilité contractuelle.
La morosité de l'environnement minier guinéen a conduit à des amendements du code adoptés le 08 avril 2013 par le CNT.
Ceux ci concernent notamment le niveau des taxes
minières, qui sont ramenées à 4 Dollars us environ la tonne de bauxite brute
exploitée au lieu de 11à13 dollars us précédemment.
L'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux passe de 35 à 30%. Toutefois, il
n'est pas sûr que cette revue considérable à la baisse suffise à vaincre la
méfiance des investisseurs, qui sont déboussolés par la politique à courte
vue et par des "revirements brusques, déstabilisants et fréquents" des
autorités guinéennes.
Le maître d'œuvre de cette architecture réglementaire et fiscale est la fondation Revenu Watch Institute (RWI)
du milliardaire George Soros qui livre des "conseils désintéressés" sur les questions minières avec la bénédiction
de M. Alpha CONDE et de son fils Mohamed CONDE.
Au regard de l'agressivité légendaire du magnat britannique dans les affaires, cet intérêt pour la Guinée
ne serait pas seulement d’ordre philanthropique. Le gouvernement guinéen bénéficie également
d’une attention bienveillante de la part de l’ancien premier
ministre britannique Tony Blair qui dispense des conseils techniques par
le biais de son ONG Initiative de bonne gouvernance pour l'Afrique.
Cet aéropage de personnalités politiques internationalement connues autour
d’Alpha Condé n’a pas réussi à soustraire les dirigeants de Conakry des
travers de la corruption, du manque de visibilité, de cohérence et de
rationalité de leur option stratégique sur l’exploitation des ressources
minières.
Ainsi les scandales sont retentissants et les déconvenues sont de notoriété publique.
Le scandale Palladino
La révélation par le Sunday Times(4) de Londres de l’affaire Palladino a
jeté un réel embarrassas parmi ses amis et mis en lumière l’opacité de la
gouvernance d’Alpha Condé. De quoi s’agit-t-il ? En avril 2011, le
ministre des mines, Mohamed Lamine Fofana et son homologue des
Finances, Kerfala Yansané signent un accord secret de prêt de 25
millions de dollars avec Walter Hennig, un homme d’affaires sud-africain
propriétaire d’une compagnie Palladino Capital domiciliée dans
les Îles Vierges Britanniques.
L’une des clauses de cet accord qui porte à controverse est celle qui stipule que si les autorités guinéennes
ne parviennent pas à rembourser ce prêt, Palladino Capital convertira la
créance en une participation de 30% dans les opérations de la SOGUIPAMI (Société Guinéenne du Patrimoine Minier) créée en août 2011.
Devant le tollé général, la Banque Mondiale diligente une enquête.
M. Soros pour se démarquer sollicite l’intervention de la « Sérious Fraud Office » l’agence de lutte contre
la fraude britannique et le gouvernement guinéen rétropédale en remboursant le prêt en catimini pour éviter de
compromettre l’atteinte du point d’achèvement du PPTE.
Ce scandale révèle que la SOGUIPAMI est un instrument politique de
financement opaque sous le contrôle exclusif du Président et de son fils
Mohamed Condé. En effet après coup, l’opinion apprend que des prêts
ont été contractés dans des conditions similaires pour 150 millions de
dollars auprès de l’Angola et 6 millions de dollars du Congo-
Brazzaville.
La gravité des faits a amené le FMI a exigé la dissolution
pure et simple de la SOGUIPAMI au motif que cette structure favorise la
mal-gouvernance. Toutefois une solution de compromis a été trouvée
afin de lui retirer toute prérogative commerciale. En retour le FMI exige
que soit mis fin à l’existence d’une administration parallèle et occulte du
secteur minier rattachée à la Présidence de la République par la limitation
des attributions de la SOGUIPAMI seulement à la gestion du portefeuille
minier de l’Etat au compte du Trésor Public.
L’accord transactionnel de 700 millions de dollars Eu avec Rio-Tinto
Avant même que l’encre de la signature de l’accord avec Walter Hennig
ne sèche, le gouvernement guinéen engage la Guinée dans un accord dit
Transactionnel avec Rio-Tinto dans le secret absolu le 22 avril 2011 qui
lui permet d’empocher 700millions de dollars.
En juillet 2012, devant un parterre de journalistes et en présence de
Tony Blair, le Chef de l’Etat guinéen déclare sans aucune gêne « les
négociateurs guinéens ont été dupés par Rio-Tinto dans l’accord
transactionnel par déficit de compétence technique », oubliant au passage
qu’avant d’être technique la gestion des réserves du Simandou est
primordiale pour l’avenir du pays dont il a la charge et minimise de
surcroit son propre rôle dans cette négociation.
Jusqu’à présent les deux parties contractantes n’ont pas encore exprimé de
manière convergente la signification économique du montant objet de l’accord, ce qui préfigure
des lendemains conflictuels.
Diverses explications sont plausibles :
• D’abord la cession des 44% des parts de Rio Tinto du projet
Simfer sa (les blocs 3 et 4 du Simandou) en faveur de Chinalco
pour 1,4 milliard de dollars us en 2010, a généré une plus-value
dont les 700 millions de dollars us représentent la contrepartie
pour la Guinée.
• Ou alors s’agit-t-il d’une avance sur des impôts futurs qui a été
remboursée par un congé fiscal de 8 ans(5) à compter des
premières bénéfices imposables ?
• Ou encore serait –t-il le prix à payer au titre du ticket d’entrée
nécessaire pour prendre possession de la concession ?
• Ou enfin, comme le prétendent certaines autorités de Conakry, le
montant de l’amende que Rio Tinto a dû payer pour avoir « gelé »
les réserves minières du Simandou depuis 1996 sans engager
véritablement un début d’exploitation ? Autant de questions qui
restent sans aucune réponse précise.
Quoiqu’il en soit l’accord transactionnel stipule que le versement est
assujetti à la promulgation de décrets présidentiels accordant la
concession minière ainsi que l’approbation de la joint-venture dans le
projet Simandou entre Chinalco et Rio-Tinto. Pour Rio – Tinto, la clause
1.5 clarifie sa position, à savoir que la somme transactionnelle « sera
portée à l’actif de Simfer sa en raison, notamment, du fait que celle-ci est
versée en contrepartie de la confirmation de ses droits miniers
exclusifs ».
Pour conforter ses intérêts, le géant minier fait insérer que
les termes de l’accord ne seront pas affectés par d’éventuelles
modifications à l’issue de la révision du code minier ou de toute autre
révision future.
Cet accord ne signifie pas pour autant que tous les obstacles sont levés
pour l’exploitation du minerai de fer du mont Simandou. Le montage
financier se heurte au manque de capitaux du côté de l’Etat guinéen.
Détenant 35 % du projet dont 15% de droit et les 20% des actions
doivent être achetées au coût réel ou au prix du marché, la Guinée se
retrouve dans une phase délicate si elle ne cède pas ses actions
supplémentaires. En effet le prix du ticket est très élevé pour un pays qui
figure parmi les moins avancés du monde. Les modifications du code
minier ont maintenu les taux de participation de l'Etat tels que prévus
initialement, sans pour autant interdire une éventuelle cession de la participation contributive de l'Etat.
Ainsi 20% des parts du projet Simandou juridiquement attribués à l'Etat guinéen
pourraient être cédées à d'autres investisseurs si la clause du droit de préemption
de Rio Tinto et de la SFI n'est pas explicité dans le cadre de la convention de cession de la concession.
Le casse-tête du financement des infrastructures minières
Le second volet de l’accord concerne la réalisation des infrastructures.
Une société de gestion du projet des infrastructures du Simandou
détenue à 51% par l’Etat guinéen est créée (SPV Simfer) qui nécessite la
mobilisation de 5 à 8 milliards de dollars us en quelques mois pour le
tracé d’une ligne de chemin de fer de 800 km reliant le sud-est du pays
à un nouveau port minéralier dans la préfecture de Forécariah.
L’impossibilité pour la Guinée de lever sa quote-part pour le démarrage
des travaux, oblige les autorités guinéennes à chercher des partenaires
pour résoudre cette quadrature du cercle.
Deux années d'atermoiements, de reniements et la politique "d'un pas en avant et
deux pas en arrière" ont fini par faire capituler le gouvernement guinéen devant la
contrainte financière de mobiliser une dizaine de milliards de dollars US. C'est ainsi que
l'amendement qui stipule "la construction d'infrastructures minières est du ressort des
sociétés minières selon les besoins de leurs opérations" est adopté.
Pour masquer la reculade et le camouflet politique que les
autorités guinéennes ont subi, la durée avant appropriation des
infrastructures par l'Etat est modifiée pour correspondre à la durée de
retour sur investissement augmentée de 5 ans afin d'assurer une juste
rentabilité aux investisseurs. Cette politique en zig-zag aurait pu être
évitée s'il y avait un minimum de cohérence dans la gestion des questions
minières de la Guinée.
Le nouveau code ouvre la voie sur le plan réglementaire à la construction des infrastructures
(chemin de fer et port minéralier) par les investisseurs qui en deviendront les utilisateurs et les propriétaires.
Peu enclin à exploiter le fer guinéen dans un contexte de crise
économique mondiale marquée par la faiblesse de la demande, Rio-Tinto
a tiré profit de ce remue-ménage, par le gel des ressources du
Simandou. La morosité du marché international des matières premières
n’a nullement empêcher le groupe minier d’assurer l’expansion de son
projet Pilbara en Australie Occidentale. Le PDG de Rio-Tinto d'alors
Tom ALBANESE pouvait toujours arguer pour justifier le gel du projet
guinéen en utilisant l’excuse « on attend la quote-part des guinéens ».
En effet une clause de l’accord transactionnel stipule que chaque
partenaire du projet doit mobiliser sa part de financement des
infrastructures au prorata de sa participation, et ce avant le démarrage des
travaux de construction.
Les amendements du code minier ont permis à M. Soros de présider le 16
juin dernier à Londres, une concertation de l'ensemble des partenaires au
projet Simandou pour élaborer "le cadre d'investissement" lié au
financement, à la construction et à l'exploitation du réseau de transport.
Les discussions font entendre que cette logistique sera accessible à
d'autres utilisateurs, comme pour amadouer une opinion publique
guinéenne réticente à l'idée que les infrastructures notamment le
transguinéen ne sera pas une propriété de l'Etat.
La signature de la lettre d'intention relative à la mise en place du cadre
d'investissement à la mi-août devant définir les conditions et le calendrier
d'exécution détaillé du projet n'a pas pour autant dissiper tous les nuages
qui entourent l'exploitation d'un des plus grands gisements de fer du
monde.
En effet ce nouveau cadre d'investissement du Simandou est en
concurrence avec deux autres projets élaborés avec des investisseurs
internationaux que les autorités guinéennes ont sollicité pour assurer la
mobilisation du financement nécessaire pour la construction des
infrastructures minières à la hauteur de la participation de l'Etat.
Deux approches divergentes avec le cadre d'investissement du projet Simandou de Rio – Tinto
Dés le début le géant minier Rio Tinto avait marqué sa préférence pour
un financement BOT (Build Operate Transfert) pour la construction des
infrastructures (chemin de fer et port minéralier), alors que le Chef de
l’Etat guinéen avait rejeté catégoriquement cette option. Cette
mésentente est à l'origine de deux démarches pour obtenir le financement
des infrastructures.
• Le schéma Chinois avec African Iron Ore Group (AIOG)
La première approche fait intervenir African Iron Ore Group (AIOG)(6),
cotée à Londres et associée avec China Rail Engineering Corporation
(CREC) et China Railways and Machinery Corporation (CRM) pour
mobiliser le financement.
Dans le pacte gré à gré qui lie la Guinée à AIOG, M. Alpha CONDE concède 40% des
parts de la nouvelle entité Infrastructures Minières de Guinée (IMG) contre la promesse de la
mobilisation des fonds avec les chinois. Ainsi sans tambour ni trompette
M. Alpha CONDE cède un pan important du patrimoine minier de la
Guinée sur la base d'une promesse hypothétique de mobilisation d'un
financement extérieur.
Cette décision s'est heurtée immédiatement à deux
oppositions, l'une d'ordre institutionnelle et l'autre à caractère juridique.
En effet la Soguipami liée à AIOG dans un partenariat public-privé au
sein Infrastructure Minière de Guinée Holdings (BVI) Ltd a vu ses
prérogatives réduites à une simple gestion du patrimoine minier guinéen
pour le compte du Trésor Public.
Cette disposition rappelons-le a été une conditionnalité des Institutions de
Bretton-Woods pour valider l'atteinte du point d'achèvement de l'IPPTE par la Guinée
en septembre 2012. En dépit de cela, M. Mohamed Lamine FOFANA, Ministre des
mines guinéen préside dans les locaux de son ministère le 23 janvier
2013 le premier conseil d'administration de IMG.
Le communiqué de presse publié à cet effet révèle l'engagement net de la plus
haute autorité de l'Etat guinéen à la mise en place de cette structure. Il y est écrit
"Au nom de la République de Guinée, cette première réunion du Conseil de IMG est très
importante pour le pays, ceci dans le cadre de la valorisation de ses ressources minérales
à travers la promotion et le financement de la réalisation des infrastructures de transports
(chemin de fer) et d'évacuation (port) qui sont essentielles pour le développement des ressources
nationales. Le Président (Alpha CONDE), sans ambigüité, a précisé que notre Nation doit avancer
rapidement et IMG a été créée pour répondre à cette vision".
De manière explicite, cela revient à officialiser le non respect par le
gouvernement guinéen des engagements pris auprès du FMI et de la
Banque Mondiale de confiner la Soguipami à une entité simple de
gestion du patrimoine minier pour le compte du trésor public.
Ensuite, les autorités chinoises avaient exigé le dépôt officiel de l'étude
de faisabilité conformément à l'accord transactionnel pour débloquer le
financement nécessaire. Ce qui fut fait le 9 octobre 2012. A priori AIOG
devrait pouvoir boucler le financement pour le compte d’IMG. C'est en
ce moment, que l’ivoirien Thierry Tamoh avant de quitter la SFI pour
prendre la direction du groupe bancaire panafricain Ecobank mis à
l’index Bert Copper le patron d’AIOG dans une lettre au Ministre des
Finances guinéen, M. Kerfala Yansané.
En fait la SFI, détentrice de 5% des actions du projet Simandou, a émis des réserves sur
la participation d’AIOG et a fait savoir que « le transfert des actions de l’Etat dans
Simfer sa et la SVP Simfer est soumis au droit de préemption des
actionnaires initiaux ». Mais la mise en place du cadre d'investissement
du Simandou et les amendements du code minier viennent de fermer ou
du moins provisoirement le partenariat Etat Guinéen-AIOG.
Le président du comité de revue des contrats miniers, M. Nava TOURE ne vient-il
pas de déclarer "A ma connaissance, AIOG n'est pas partie prenante
dans Simfer-Simandou".
Un conflit juridique supplémentaire en perspective est ainsi créé devant
les juridictions arbitrales internationales où la Guinée pourrait être
condamnée à payer des dizaines de millions de dollars US pour
dédommager les possibles plaignants.
• Le schéma brésilien avec Banco BTG Pactual d'André Estives
Au cours des négociations avec AIOG, d'autres discussions étaient
également orientées vers le Brésil. En effet, le 11 septembre 2012,
l’avion privé d’André Estives propriétaire de la société de courtage
Banco BTG Pactual conduit de Conakry au Brésil une délégation
guinéenne comprenant, Mohamed Lamine Fofana ministre des mines,
Bah Ousmane ministre des travaux publics et Mohamed Condé fils du
Chef de l’Etat. Ce qui vaut à Banco BTG Pactual d’être sollicitée par le
gouvernement guinéen pour trouver de nouveaux partenaires pour
l’exploitation du mont Simandou.
Contre-toute attente une clause d’exclusivité figure dans le projet d’accord avec la firme
brésilienne qui condamne avant terme l’approche AIOG. Là aussi, le montage financier
préconisé est des plus opaques. L’irruption de BTG Pactual dans le
dossier Simandou est perçue à ce moment par Rio-Tinto comme une
menace.
Le Ministre des mines n’a-t-il pas clairement déclaré par un
communiqué de la présidence guinéenne « Nous consultons BTG
Pactual et B&A pour le financement de la ligne ferroviaire transguinée
et des infrastructures liées ».
Implicitement la déclaration ministérielle n’officialise-t-elle pas la signature
du contrat de conseils financiers avec BTG Pactual ?
En tout état de cause cela reviendra à la remise en cause de l’accord transactionnel
et à lézarder le cadre d'investissement du Simandou qui n'est pas encore tout à fait établi dans les faits.
BAH Amadou Oury
Premier Vice-Président UFDG
Ancien ministre de la Réconciliation Nationale
Rédaction achevée le 17 septembre 2013
Notes :
• (1)Interview d’Alpha Condé in jeune-afrique n°2687 du 8 au 14 juillet 2012
• (2)Lire L’avenir de l’industrie minière en Guinée par Ibrahima Soumah des édit Harmattan
• (3)Les mines de Guinée par Ibrahima Soumah des éditions HarmattanPublication
• (4)du Sunday times de Londres du 3 juin 2012
• (5)A propos du congé fiscal de 8 ans ,une étude comparative de CBG et Rio
Tinto fait ressortir que les revenus fiscaux de la Guinée pour les 8 premières
années de productions commerciales sont de 787 043 347 usd avec comme
taux d’escalation de 2,2 donne un total escalé de 1 731 495 363 usd à
comparer au congé fiscal de Rio-Tinto pour un total de 700 millions de
dollars. Quoiqu’il en soit l’écart est très grand entre les deux montants.
• (6)Article publicitaire d’AIOG dans le Financial Times du 30/07/2012
Affairisme et Gouvernance du Secteur minier en Guinée
Deuxième Partie : Inquiétudes et Pessimisme des Miniers
Le marché des matières premières minières est marqué depuis 2008 d'une baisse de la demande du fait de la crise économique mondiale. Les compagnies minières par conséquent ont engagé des politiques de réduction de l'offre afin de conforter d'une part leur marge et de l'autre à stopper une chute vertigineuse des prix de leur production.
Ce cycle économique a été défavorable à l'exploitation et au développement des investissements miniers en Guinée. Cette réalité n'explique pas toutefois le pessimisme ambiant et les inquiétudes des milieux miniers qui interviennent en Guinée. Bien entendu, chaque compagnie minière développe une stratégie autonome mais toutes sont affectées peu ou prou par l'affairisme qui gangrène les allées du pouvoir de Conakry.
Rio Tinto: du pessimisme au retour en grâce ?
Le groupe Rio-Tinto est conscient que les richesses du Simandou pèseront fortement dans les prochaines années dans le marché international du fer. Le géant minier est confronté à un double dilemme.
D'un côté, la conservation des titres de la concession est un objectif stratégique pour assurer sa place de leader sur ce marché et bénéficier également de la valorisation boursière de ses actifs pour accroître ses profits. De l'autre côté, l'empressement des autorités guinéennes de voir l'exploitation de la mine démarrer et surtout l'imprévisibilité irrationnelle d'Alpha CONDE l'amène à faire croire de l'imminence des lancements des travaux.
Cette attitude duale est entretenue aussi bien par l'Etat guinéen que part Rio-Tinto. Dans cette tragi-comédie seule la Guinée est en définitive perdante. Rio-Tinto pouvant arguer à tout moment être en mesure de remplir ses engagements contractuels, ce qui est loin d'être le cas pour le gouvernement guinéen.
C’est ainsi courant 2012 que Rio-Tinto a réduit son budget de fonctionnement de 50% en licenciant près de 800 employés et cadres de Fluor Corporation son principal sous-traitant dans le cadre de l’ingénierie pour la construction du chemin de fer et du port. Est-ce une manœuvre pour faire pression sur la partie guinéenne ou une évaluation pessimiste des chances du projet Simandou de voir le jour ? Dans ce contexte que signifie réellement l'enthousiasme affiché aujourd'hui suite à la signature de la lettre d'intention relative au cadre d'investissement du Simandou?
Seul l'avenir pourra répondre de manière certaine à cette question, tellement les acteurs en scène se sont jusqu'à présent illustrés par les non-dits et de fortes capacités manouvrières.
BSGR : de l'investissement miracle à la descente en enfer
Le financement des infrastructures a été depuis 1996, le nœud gordien du projet Simandou. La société de Beny Steinmetz (Beny Steinmetz Global Resources- BSGR) qui a hérité des blocs 1et 2 rétrocédés à l’Etat guinéen conformément au code des mines par Rio-Tinto en juillet 2009, s'était engagée à construire la voie de chemin de fer trans-guinéen. C'est ainsi que BSGR avait engagé les études de faisabilité sur le trans-guinéen (version trains passagers et fret léger).
Dans ce cas deux axes du tracé sont prévus : du sud de Simandou au port de Monrovia et du nord Simandou à la côte atlantique. Les investissements sont estimés à 2 milliards de dollars US. Pour lever les capitaux, une joint-venture avec Vale, le géant minier brésilien, est conclue pour 2,5 milliards de dollars en 2010. BSGR reçoit 500 millions de dollars alors que la license avait été obtenue pour la modique somme de 165 millions de dollars. Le reliquat est assujetti à la confirmation du titre.
Le Général Sékouba Konaté, le président par intérim de la transition signe la convention de base qui donne à Vale-BSGR l’autorisation exclusive d’exporter le minerai de fer de Zogota et des blocs 1et 2 de Simandou par le Libéria en contrepartie de la construction du trans-guinéen.
Après les élections présidentielles de 2010, alors que Valé s’apprête à investir 1,1 milliard de dollars pour rénover l’ancien chemin de fer Conakry-Kankan et que les premiers rails sont commandés, le nouveau Chef de l’Etat Alpha Condé se rebiffe et exige l’arrêt des travaux*.
Dépité, Vale utilise le prétexte de la destruction de ses installations de Zogota par la population locale en colère et du massacre par les forces de l’ordre nuitamment le 01 août 2012 de 6 paysans(1) dont le chef de village pour abandonner la partie.
En fait les voltefaces des autorités guinéennes et la nécessité de privilégier le projet Serra Sul au Brésil ont fini par décider le géant minier brésilien d’abandonner Simandou. Cette défection fragilise BSGR.
Le bras de fer actuel entre BSGR et le gouvernement guinéen et les poursuites judiciaires pour corruption contre Benny STEINMETZ aux USA alimentent les convoitises sur les blocs1 et 2 du Simandou. Déjà des intérêts chinois avaient proposé ces deux blocs pour servir de garantie souveraine pour obtenir le financement des infrastructures du projet. Les intérêts brésiliens n'ont pas encore totalement abdiqué et se mettent à l'affût d'autant plus que le groupe Valé reste juridiquement encore un acteur clé pour décider du sort des blocs 1et 2.
Autant d'appétits qui cherchent à éliminer d'une manière ou d'une autre le détenteur actuel de la concession. Une campagne de presse internationale est organisée pour présenter Alpha Condé comme le justicier, prêt à se battre pour rétablir dans ses droits l'Etat guinéen et Benny Steimetz comme "l'homme blanc, vorace et corrupteur".
Dans cette affaire rien n'est tout à fait blanc ni tout à fait noir. C'est un bras de fer pour faire main basse sur les blocs 1 et 2 du Simandou par tous les moyens. Les protagonistes sont d'un côté Georges Soros et Tony Blair, qui instrumentalisent Alpha Condé et de l'autre Benny Steimetz.
Cette compétition agressive est motivée par les appétits pour les blocs1 et 2 du Simandou. Plusieurs acteurs sont intéressés par l'issue de cette bataille politico-juridique.
• Naturellement, Rio Tinto souhaite déposséder tout le Simandou. Il s'inscrit ainsi logiquement dans une stratégie capitalistique de bon aloi.
• Les géants miniers chinois lorgnent pour leur propre compte, les blocs1 et 2. La Chine à travers Chinalco qui détient 9% des actions de Rio-Tinto en bourse a laissé entendre à travers l'Eximbank que les blocs actuellement détenus par la joint-venture Vale-BSGR pourraient servir de garantie souveraine pour l'obtention d'un crédit de financement des infrastructures. C'était en juin 2012 lorsqu'une délégation guinéenne s'était rendue en Chine pour solliciter le concours de l'Etat chinois pour assurer le bouclage du financement.
Jusqu'à présent les entreprises chinoises agissent sous de multiples facettes mais toutes animées par l'objectif d'être à terme les vainqueurs dans cette "guerre économique " pour détenir le plus important gisement de fer non encore exploité du monde. La Chine très vorace en ressources minières a, en effet un besoin capital, d'assurer l'approvisionnement de ses industries en fer pour les prochaines décennies.
• Les intérêts brésiliens veulent conserver ou prendre la succession de VALE à travers B&A qui cherche également à avoir "sa part du gâteau" du Simandou.
• Alpha Condé et son fils veulent retirer le titre de la concession des blocs 1et 2 pour servir leurs propres intérêts. En effet ils pourront le rétrocéder à leurs "relations occultes" moyennant des faveurs personnelles comme l'avait institutionnalisé "la gouvernance Conté".
Cette dynamique justifie l'âpreté de la "hargne" d'Alpha Condé contre Benny Steimetz . Bien entendu , le chef de l'Etat guinéen surfe sur l'imbroglio judiciaire aux USA dans lequel son adversaire s'est empêtrer pour se présenter comme victime d'un bradage pour soigner son "image" fortement ternie par les détournements de deniers publics de sa gouvernance et aussi par les multiples violations des droits de l'homme qui ont marquées les trois années de son exercice du pouvoir.
BHP-Billiton se retire de la Guinée
Le scandale Palladino a ébranlé la confiance des investisseurs et a servi de prétexte pour BHP-Billiton pour annoncer son retrait de l’exploitation du gisement de fer du Mont Nimba dont il venait juste d’obtenir le permis d’exploitation. Cette concession minière est située le long de la frontière libérienne.
Certains experts estiment que la décision de l’entreprise anglo-australienne est motivée par l’échec des négociations avec Arcelor Mittal qui exploite la mine libérienne voisine de Yekepa. Celles-ci étaient articulées autour de l'utilisation par BHP-Biliton de la voie ferrée jusqu’au port libérien de Buchanan.
De son côté également, le gouvernement guinéen est resté hermétiquement hostile à l'évacuation du minerai du Mont Nimba par le port de Buchanan en dépit de l’insistante plaidoirie de la présidente libérienne Sirleaf Johnson. BHP-Biliton espérait ainsi diminuer ses coûts d’acheminement.
Dans la même foulée, le retrait du groupe de la filière bauxite-alumine est annoncé. Le projet de raffinerie d’alumine de Sangarédi et le site de Boffa Santou Houda très riche en gisement bauxitique cherchent maintenant d’autres repreneurs. BHP-Billiton a officiellement engagé depuis le 15 juillet 2012, la banque d’investissement Nomura pour trouver des acquéreurs pour ses permis d’exploitation. B&A Mineraçao récemment créé par AGN Participaçöes la société holding de Roger Agnelli et par BTG Pactual a les faveurs de BHP Bilitton pour reprendre le titre du gisement du mont Nimba.
Rusal et l'extinction de l'usine d'alumine de Fria
Le géant russe, Rusal de son côté est embourbé depuis le 04 avril 2012 dans une dure crise sociale à l’usine d’alumine de Fria. Au moment où la ville-dortoir est en train de mourir, les autorités guinéennes et Rusal se rejettent la responsabilité du blocage de la situation.
L’entreprise russe conditionne le sauvetage de l’usine par le lancement du projet Dian-Dian dont elle détient la concession depuis 2006. L’intégration de l’unique usine d’alumine dans le plan d’investissement de 5 milliards de dollars US pour la mise en valeur de Dian-Dian par l’extension de ses capacités de production et également par la construction d’une fonderie d’aluminium est l’ambition proclamée par Rusal.
Les travailleurs de l’usine restent sceptiques par rapport à cette annonce en faisant remarquer que le programme d’extension et de modernisation de l’usine qui est une partie intégrante de l’accord de cession, n’a pas vu un début de réalisation.
Ce conflit met en lumière la perte de confiance entre les parties russe et guinéenne et rappelle que le contentieux Etat guinéen – Rusal né de la cession controversée des installations de Fria par le gouvernement guinéen en avril 2006 n’est pas aplani(2).
Le rapport du cabinet Alex Stewart International commandité à cet effet par l’Etat guinéen en 2009, n’a-t-il-pas stipulé que la Guinée « est habilitée à demander des dommages et intérêts d’un montant allant de 950 millions à 1 milliard de dollars à Rusal.»(3)
Paradoxalement les autorités guinéennes très friandes de "réflexes nationalistes à fleur de peau" adoptent une attitude très passive par rapport à un drame collectif qui voit toute une ville s'éteindre et sombrer dans l'extrême pauvreté.
Avec Belzone, la Guinée devient producteur de minerai de fer
Dans cette ambiance où prospère l’affairisme à un niveau jamais égalé en Guinée l’une des rares notes positives est la mise en exploitation de la mine de fer de Yomboéli à Forécariah le 10 juin 2012 par Belzone. Malgré ce résultat réconfortant pour l’entrée de la Guinée dans les pays exportateur du minerai de fer, les pesanteurs bureaucratiques empêchent l’extension du projet sur le gisement, plus riche de Kalia car aucun accord n’est obtenu pour la construction de la voie ferrée permettant l’évacuation du minerai.
En visite à Conakry, début décembre 2012 le PDG de Belzone pour dissiper des rumeurs de rupture avec les officiels guinéens après un entretien avec le Chef de l’Etat guinéen a déclaré « Belzone, n’a pas l’intention de quitter la Guinée ». Malgré cette déclaration rassurante, le projet peine à avoir toutes les assurances de la part des autorités, pour développer la production.
CBG accroit en volume l'exploitation de la bauxite
L’autre nouvelle rassurante est la validation des contrats de livraison de bauxite signés entre CBG et les acheteurs Halco et Mubada de Dubaï qui porteront la production de 13,5 millions de tonnes par an à 22 millions de tonnes dans les années à venir.
Ayant déjà atteint sa capacité maximale de production, des investissements importants sont nécessaire pour que l’outil industriel de CBG puisse suivre cette demande supplémentaire. Mais l’approvisionnement des usines d’alumine de Mubada au Dubaï par la CBG ruine les chances de construction de l’usine d’alumine à Sangarédi où le groupe des Emirats était partie prenante.
L'offensive chinoise aussi dans la filière bauxitique guinéenne
Ces jours-ci le gouvernement guinéen a signé une convention minière de six milliards de dollars avec la China Power Investment Corporation (CPI) pour l'exploitation d'une réserve de bauxite à Boké et la construction d'une usine d'alumine dont la réalisation n'excédera pas deux ans.
Le DG de la CPI a réitéré l'engagement de sa société à fournir la capitale, Conakry et ses environs en électricité à un coût raisonnable. Quoiqu'il en soit les guinéens sont habitués aux promesses qui n'ont jamais vu le jour. Wait and see.
Quelques enseignements de la gouvernance minière en Guinée
Il est manifeste que les retombées économiques du riche secteur minier n'ont pas été réparties de manière profitable pour le pays. Comme l'écrit Bonnie Campbell spécialiste des questions minières dans le monde, "l'opacité qui caractérise ce secteur en Guinée s'est soldée par le manque de transparence des flux des revenus internes". En réalité, cette économie de rente a servi à alimenter les réseaux clientélistes au pouvoir.
Le secteur minier guinéen a permis d'asseoir les bases économiques des acteurs politiques au pouvoir dans le cadre du système prédateur et néo-patrimonial. La mentalité "rentière" qui en découle a contribué à confiner le secteur minier comme des "enclaves" avec un faible impact sur le reste de l'économie nationale.
La mal gouvernance et la mauvaise administration du secteur n'ont pas permis d'enclencher des effets d'entrainements pour le développement national. A titre d'illustration, la Guinée qui détenait 49% des actions de la Compagnie Friguia n'a jamais touché les bénéfices auxquels il avait droit.
Pour justifier la signature de "contrats léonins" défavorables aux intérêts de la Guinée, le Général Lansana CONTE disait "je signe, ce que les cadres me disent que c'est bien pour la Guinée", le chef de l'Etat actuel, rejette également sur ses cadres la responsabilité des "mauvais contrats".
Si le manque d'expertise technique est souvent montré du doigt pour expliquer la conclusion de tels contrats, en réalité les causes sont l'opacité complète et la corruption. Ces fléaux ont caractérisé la gestion des ressources du pays confinée au niveau de "cabinet occulte au niveau de la présidence" à l'abri des regards et des oreilles indiscrets.
Cette absence de transparence favorise la prise en compte d'intérêts claniques qui gravitent autour des cercles dirigeants et de leurs familles. Cette pratique s'est inscrite dans la continuité car si d'un côté il y a eu dit-on la quatrième épouse du défunt général Conté, aujourd'hui Mohamed CONDE le fils d'Alpha CONDE régente de manière ostentatoire la gestion des ressources nationales guinéennes comme bon lui semble.
Ensuite le secteur minier guinéen est marqué par un profond immobilisme car géré depuis près de 40 années selon les principes qui s'évertuent à perpétuer "les dogmes hérités de Sékou Touré" et qui s'obstinent à bloquer toutes nouvelles approches des questions minières en Guinée.
En effet la guinée est restée dans le cadre de l'exploitation brute de minerai et n'a pas pu en faire le catalyseur de la transformation structurelle de l'économie guinéenne. Cette politique a montré ses limites. Elle a été inapte à accroitre la compétitivité du marché de l'emploi national, elle n'a pas servi à doter le pays des infrastructures de base comme les voies de communication (routes, chemins de fer, ports) permettant de développer l'attractivité du pays pour favoriser l'implantation d'autres industries et elle n'a nullement contribué à réduire la pauvreté.
Pour en finir avec cette tendance lourde désastreuse à terme pour l'avenir, il est nécessaire que le pays se dote d'un véritable leadership innovant, en phase avec les réalités économiques modernes et qui ne s'inscrit pas dans la perpétuation d'un système opaque, prédateur et archaïque.
L'exploitation rationnelle des ressources minières guinéennes nécessitent quelques conditionnalités à savoir: un environnement institutionnel solide, des infrastructures de base suffisantes et de qualité, une main-d’œuvre compétente et évolutive, des capitaux importants et stables, et une équipe dirigeante vertueuse, porteuse des valeurs démocratiques, exigeante par rapport à elle-même sur l'éthique et la morale, ouverte sur les réalités du monde et ambitieuse pour la Guinée. Par elle-même à l'heure actuelle, il est difficile à notre pays de réunir ces conditions optimales. C'est l'une des raisons qui militent en faveur d'une coopération renforcée dans les domaines des mines et de l'énergie des pays de la sous-région.
En effet la mutualisation des efforts et des moyens permet de tirer profit des avantages comparatifs de chaque Etat afin de générer des rendements d'échelle croissants. C'est une étape essentielle afin d'accroitre l'attractivité de cette région du monde en vue d'y attirer d'importants investissements pour lancer son industrialisation avec une forte valeur ajoutée.
L'exemple de la France et l'Allemagne au niveau de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier pour l'exploitation du charbon de la région de la Rhur après la seconde guerre mondiale est pertinent.
La zone du Simandou, du Mont Nimba et de Zogota , comme la Rhur en Allemagne est un bassin minier qui doit être un espace industriel qui concerne aussi bien la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Libéria et la Sierra-Léone. Le lancement des exploitations, leur modernisation, l'optimisation des productions et la réduction des coûts nécessitent un soutien massif, soutenu et durable pour enclencher un véritable processus d'industrialisation. C'est possible d'y parvenir mais au préalable il faut une gouvernance vertueuse, responsable et pragmatique à la tête de l'Etat guinéen, pour en faire la locomotive de l'industrialisation de l'Afrique de l'Ouest.
Avec la gouvernance d'Alpha Condé, nous sommes de plus en plus éloignés de véritables politiques génératrices de croissance soutenue et durable pour la Guinée. Les signaux contradictoires que sa gouvernance projette, rend les investisseurs dubitatifs et en lieu et place d’un véritable projet industriel pour la Guinée, c’est l’affairisme et sa "congolisation" qui triomphent. C'est cela qu'il faut impérativement changer !
BAH Amadou Oury
Premier Vice-Président UFDG
Ancien ministre de la Réconciliation Nationale
Rédaction achevée le 17 septembre 2013
Notes :
• (1)Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2012, en représailles contre les populations de Zogota les forces régulières guinéennes investissent le village et tuent 6 paysans et font une vingtaine de prisonniers. La veille pour exiger le recrutement des jeunes natifs du terroir, les villageois avaient saccagé les installations de Valé-BSGR.
• (2)Depuis le 22 juin 2011, la Guinée est en procédure arbitrale devant la Cour d’arbitrage de la chambre de commerce internationale (CCI) contre Rusal acquéreur de l’usine de Fria pour moins de 20 millions de dollars.
• (3)Lire Julien Brygo, « Les Russes et le « petit bijou » de la Guinée », Le Monde Diplomatique, octobre 2009
• Divers articles sur le secteur minier guinéen des sites guineenews, guineemining et guinee58.
• Ces jours ci, M. Alpha Condé annonce avoir accordé à son ami Bolloré la rénovation de la ligne de chemin de fer Conakry-Kankan.
Transmis par DIALLO Saliou
Chargé de communication auprès de Monsieur BAH Oury
Contact : saliouassi@yahoo.fr
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