Afrique : L'USAID aide des milliers d'Africains à quitter les bidonvilles
mercredi 10 mai 2006
Il s'agit de ralentir la croissance urbaine en offrant une aide au logement
Washington - Grâce à des programmes novateurs financés par des donateurs internationaux tels que l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), il est possible de limiter la croissance des populations dans les zones urbaines d'Afrique, a déclaré l'administrateur adjoint de l'USAID chargé des questions liées à la croissance économique, à l'agriculture et au commerce, M. James Smith, le 4 mai, à l'occasion d'une déposition devant la sous-commission du Sénat pour les affaires africaines.
Soulignant la nécessité, pour les Africains, d'avoir des logements d'un prix abordable et rappelant que la croissance urbaine, en Afrique, atteint 5 % par an, soit le taux le plus élevé du monde, il a précisé que « d'ici 2025, plus de la moitié de la population du continent vivrait dans des zones urbaines et que si les tendances actuelles se poursuivaient, la majorité des pauvres d'Afrique habiteraient dans des villes, et pour la plupart dans des bidonvilles ».
Faisant valoir que trente millions de familles n'avaient pas de logement adéquat et que 300 millions d'Africains avaient quitté la campagne pour aller chercher du travail en ville, il a souligné : « La demande, pour ce qui est des logements adéquats et d'un prix abordable, de l'amélioration des immeubles squattérisés et de l'accès au financement, est déjà considérable. »
Depuis 1961, a-t-il indiqué, l'USAID a acquis une grande expérience dans le domaine de l'habitation et, par le truchement de son programme de garantie de prêts pour l'achat de logements, financé à hauteur de 2,8 milliards de dollars, elle a, entre 1961 et 2002, assuré près de 200 projets relatifs au logement dans 39 pays.
Aujourd'hui, a ajouté M. Smith, l'USAID continue de financer la construction de nouveaux logements et la modernisation d'anciens par le biais d'un mécanisme baptisé « Development Credit authority ». En partenariat avec le secteur privé, a-t-il précisé, « l'USAID a mobilisé 48,5 millions de dollars en vue du financement de l'achat, de la construction et de la modernisation de logements ainsi que celui des services d'infrastructure qui y sont liés ».
En Zambie, par exemple, l'USAID a aidé des milliers de personnes à trouver un logement à prix abordable par le biais de son initiative portant sur les marchés hypothécaires États-Unis-Afrique, qui a été lancée à la suite de l'allocution prononcée en 2003 par le président Bush à Abuja (Nigeria), à l'occasion de son voyage en Afrique, et dans laquelle il mentionnait le problème du logement en Afrique.
Ce mécanisme novateur finance l'apport d'une aide technique au ministère zambien des terres afin d'accroître le marché hypothécaire pour les familles ayant de faibles ou moyens revenus. Cette initiative devrait, entre autres, faciliter la mise en place de procédures transparentes en matière d'octroi de titres de propriété pour quelque 5.000 maisons qui doivent être construites sur la propriété Lilayi à Lusaka.
En Afrique du sud, l'USAID a appuyé un plan novateur en vertu duquel une garantie de 20 millions de dollars sur cinq ans est offerte pour financer la société « Infrastructure Finance Corporation ». Il s'agit, a expliqué M. Smith, « d'assurer en partie le rachat par la banque « Investec » des dettes des gouvernements locaux ayant des difficultés à les rembourser « . Investec reformule ces dettes et les revend ensuite à des investisseurs sur le marché des capitaux.
Au Nigeria, pays ayant la plus grosse population d'Afrique, l'USAID a passé un accord avec la « Federal Mortgage Bank » (Banque fédérale des hypothèques) en vue d'élaborer des lois qui rendront le climat plus propice pour le marché hypothécaire au Nigeria.
En outre, des négociations sont actuellement en cours entre l'USAID, le gouvernement nigérian et des organismes prêteurs locaux afin d'établir un programme de financement d'hypothèques pour appuyer l'achat de logements par les foyers ayant de faibles ou moyens revenus dans quatre régions : Abuja, Lagos, Port-Harcourt et Kano.
M. Jonathan Reckford, directeur exécutif de l'organisation non gouvernementale « Habitat for Humanity International », a expliqué, lors de la séance de dépositions, que cette organisation œuvrait depuis 30 ans à la construction de logements à prix abordable en Afrique. Il a précisé que c'était au Zaïre, aujourd'hui République démocratique du Congo, qu'Habitat avait construit sa première maison en 1976 et, qu'au 31 janvier 2006, l'organisation avait construit plus de 35.000 habitations à prix abordable dans 21 pays africains.
Ces projets de construction d'habitations, a-t-il expliqué, reposent sur une stratégie de participation de la collectivité, d'entraide et d'échange de travail en contrepartie de la possibilité d'avoir un logement.
Il a fait plusieurs recommandations afin d'encourager une telle participation et notamment demandé au gouvernement des États-Unis de concentrer ses efforts sur le microfinancement pour venir en aide aux pauvres des pays africains et aussi sur le développement économique au niveau local.
Les Africains, pour leur part, a dit M. Reckford, peuvent atténuer la crise du logement en prenant diverses mesures, par exemple :
- instituer des registres systématiques de cadastre et de conservation des hypothèques de façon que les pauvres qui possèdent des terres puissent donner ces biens en garantie de prêts pour construire une maison ou améliorer leur habitation ;
- demander aux gouvernements locaux de fournir de l'eau, des égouts et des services municipaux aux communautés de fortune qui se sont formées ;
- acheter des terres de façon que les ONG puissent construire des communautés de logements peu onéreux pour permettre aux gens de devenir des membres productifs de leurs communautés et être en meilleure santé.
par Jim Fisher-Thompson
Rédacteur du « Washington File »
Source : usinfo.state.gov
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