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    Libre opinion : Affrontement « ethnique », inter « communautaire » ? En Guinée Forestière

    Sotelgui S.A

     lundi 19 août 2013   

    C’est devenu un réflexe presque pavlovien, le moindre conflit en Afrique Noire, aurait une explication Unique, Définitive et Totale : l’ « archaïsme tribal », ou communautaire pour les commentateurs les plus modérés. Les affrontements en cours à N’ZEREKORE en Guinée, n’y ont pas échappé. Monsieur Alpha CONDE et certains de ses ministres y ont recours sans retenue.

    Les journalistes (Etrangers et Guinéens), ainsi que certains « chercheurs africanistes » supposés, ont embouché la même trompette : querelle entre les différentes ethnies, disent-ils... A voir.

    Les calculs politiciens et La paresse intellectuelle aidant, peu d’Experts, de journalistes ou de « chercheurs » éprouvent la nécessité d’aller au-delà de l’écume des faits, lorsqu’il se produit un évènement politique en Afrique Noire. Car la crainte de mettre en danger les intérêts cachés illégitimes des oligarques locaux, et l’inconfort de voir voler en éclats les fausses certitudes intellectuelles d’ « experts » paresseux, n’incitent guère à sortir des lieux communs. Et puisqu’il s’agit d’un pays de l’Afrique NOIRE, toute explication, même la plus fantaisiste est recevable. A condition qu’elle reste conforme aux préjugés dans lesquels les « commentateurs « professionnels » de l’Afrique sont éduqués.

    Pourtant, on ne Peut raisonnablement soutenir que les affrontements sanglants survenus ou provoqués à N’ZEREKORE entre les différentes populations, sont le énième épisode d’un « tribalisme rétrograde » interminable. L’ « El Hadj président professeur », depuis un pays étranger, a trouvé le responsable et coupable Définitif : M. Lansana CONTE, décédé il y a cinq ans.

    Ce dernier en aurait créé les conditions. Les affrontements actuels ne seraient qu’un conflit ethnique de plus, opposant une population d’origine mandingue (Konianké) aux autochtones GUERZE ou KPELE. En quelque sorte, l’accomplissement post-mortem des souhaits de l’ancien président (décédé il y a cinq ans).

    L’unique cause de l’affrontement, serait le lynchage par les seconds d’un cambrioleur appartenant à l’ethnie des premiers. Le désir de venger leur « frère» d’ethnie aurait tourné en une vendetta généralisée. Comme attendu (au moins par moi), nos « experts » et journalistes « africanistes », plongent avec délectation dans le discours incohérent de Monsieur Alpha CONDE.

    Ici, les rivalités syndicales auraient mal tourné, là, de jeunes GUERZE auraient tabassé à mort d’autres jeunes, mais KONIANKE. Et le tout sur un fond qui serait nécessairement « ethnique ». L’explication présidentielle est donc du pain béni pour eux. Elle les met à l’abri de critiques relatives à leur paresse intellectuelle tout en les confortant dans les préjugés dont ils sont imprégnés depuis presque toujours.

    Ainsi, à propos des affrontements politiques à CONAKRY, le représentant de l’Union Européenne en Guinée, un certain Phillippe VAN DAME parle d’ « identité ethnique meurtrière ».

    En une formule lapidaire, le contenu politique de la confrontation est évacué. Ne subsistent plus que les « identités ethniques meurtrières ». Terrible efficacité racialiste de M. VAN DAME : en une seule expression, il indexe l’ « infantilisme naturel » des Noirs Africains, toujours prêts à s’entretuer sans raison, et réussit à dissimuler son RACISME raffiné, mais racisme quand même. De mon point de vue, c’est la forme de racisme la plus terrible, puisqu’elle se présente comme une « évidence ».

    Je serais curieux de lire les rapports que ce Monsieur fait parvenir à ses supérieurs à Bruxelles ou à Strasbourg, au sujet de la Guinée et des Guinéens en général. Mais ça, c’est un autre débat. (Je suis disposé à l’engager avec qui le souhaite). Car les excellences occidentales accréditées auprès de M. Alpha CONDE, sont persuadées qu’en Guinée, il n’y a que des « idiots », mis à part le président coopté qu’ils soutiennent. Et la docilité injustifiée ou intéressée de certains de nos « leaders » les conforte dans cette idée.

    Habile explication, mais peu consistante et donc non recevable, selon moi.

    Les deux explications se rejoignent. On peut même les confondre, à quelques nuances près. Si on peut comprendre ou admettre que les « spécialistes » et autres « experts africanistes » racontent avec une certaine finesse de grotesques approximations totales ou partielles à propos du conflit à N’ZEREKORE, l’obstination du président « professeur » à s’en tenir à ces explications est surprenante. Car il méconnait, peut-être à dessein, les présupposés idéologiques et culturels qui constituent le soubassement à partir duquel on explique, sans scrupule particulier, que tous les conflits en AFRIQUE NOIRE sont nécessairement d’essence ethnique.

    Et donc les affrontements qui ont eu lieu à N’ZEREKORE, étant « strictement ethniques », pourraient être définitivement arrêtés par une action militaro-policière et par les « aides » de l’Union Européenne ou des U.S.A. ou encore par des « annulations » partielles ou totales de dettes. Splendide erreur aux conséquences futures dont M. Alpha CONDE et ses opposants officiels ne prennent pas la mesure. Et rien n’indique qu’ils y songent.

    De quoi s’agit-il à N’ZEREKORE ?

    Un cambrioleur est surpris et arrêté par des vigiles aussi jeunes que lui. Ils le lynchent à mort. On s’apercevra, à postériori, que les cambrioleurs et les vigiles lyncheurs ne sont pas de la même « ethnie ». Ni les cambrioleurs, ni les lyncheurs n’avaient la moindre idée de l’appartenance ethnique des uns ou des autres avant les affrontements. Pourtant, à longueur de commentaires télévisés et radiodiffusés, on parlera d’affrontements ethniques, comme si le mobile profond d’un tel conflit était la différence ethnique.

    Or, l’ampleur de l’affrontement, la rapidité avec laquelle il s’est propagé à toute la Forêt, ainsi que le niveau de cruauté réciproque atteint, invitent à dépasser l’écume des choses. Contrairement aux explications politiciennes des uns, et hasardeuses des autres, les évènements de N’ZEREKORE et de la Guinée Forestière en général, ont des causes profondes et sérieuses. Rien d’ethnique, ou si peu.

    1°. L’accaparement insidieux et ininterrompu des terres appartenant aux autochtones GUERZE est une source intarissable de conflits sanglants, maintenant et dans le futur.

    L’arrivée de Monsieur Alpha CONDE à la magistrature suprême dans des conditions, maintenant suffisamment connues des Guinéens, semble avoir revigoré l’appétit foncier et immobilier de populations autrefois accueillies avec une bienveillance certaine par les premiers occupants de la Guinée Forestière.

    De nouveaux appétits sont encouragés. Les zones ancestrales convoitées sont d’abord déclarées zones minières, donc relevant du domaine public. Les propriétaires autochtones sont ensuite invités à déguerpir dans les plus brefs délais.

    Finalement, les nouveaux « propriétaires », généralement KONIANKE, ou exploitants miniers, pourvus d’un titre foncier en bonne et due forme s’y installent. Et puisqu’ils sont plus introduits dans les réseaux politico-administratifs, ils n’ont pas de mal à faire prévaloir leur « droit » de propriété sur les terres de ceux qui, par le passé, les avaient accueillis avec bienveillance.

    L’appareil militaro-policier, généralement commandé par quelques cadres Mandingues (il faut le dire, parce que c’est la réalité) est vite mobilisé. Les Droits des premiers occupants, les Forestiers, sont niés. Ils sont peu influents dans les nouveaux réseaux politico-administratifs. Ce qui, de mon point de vue, explique les abominables massacres de ZOGOTA commis contre eux, il y a peu.

    Par ailleurs, les autochtones, cultivateurs depuis la nuit des temps, n’ont pas le même rapport à la TERRE que les commerçants mandingues qu’ils ont hébergés. Pour eux, la TERRE est un bien d’exploitation, et non une marchandise. On peut en concéder l’usage à celui qu’on accueille, sans jamais abandonner la propriété qui reste d’ailleurs collective, soit au niveau du village, soit au niveau de la communauté, communauté entendue au sens de TRIBU, c’est-à-dire tous ceux qui, par naissance ou par alliance (mariage, amitié…) ont des liens entre eux.

    Dire ou laisser croire qu’ils ont vendu leurs TERRES aux nouveaux venus, n’est vrai que partiellement. Pour eux, c’est l’USAGE qu’ils ont vendu, non la Propriété. Sans rentrer dans de longues explications, en BASSE-Guinée, c’est à peu près le même phénomène.

    Par exemple, les notabilités traditionnelles de KALÔMI (Kaloum et sa région), de SOUMBOUYA (COYAH et sa région), TABOUNSOU (DUBREKA et sa région)…cédaient gratuitement le droit d’exploitation à tous les « Etrangers » voulant s’installer sur leurs terres. C’est de cette façon que mes propres ancêtres ont été accueillis dans le MÔRYAH, en pays Soussou. Or, il existe désormais le risque que les Soussous et BAGAS deviennent des sans terre chez eux. Je le dis d’autant plus aisément que je ne suis ni Forestier, ni SOUSSOU.

    Tous les Guinéens ont le droit de s’installer partout en Guinée, y compris d’acquérir des biens fonciers. Mais laisser faire des « VENTES et « ACHATS » de Terre, comme une vulgaire marchandise, est un gros de danger. Ceux qui, parce que pauvres (en monnaies- argent) sont aujourd’hui contraints de « vendre » les terres ancestrales, ne se résoudront pas, dans un futur pas lointain, à être des citoyens flottants, sans terre. Et alors tout peut arriver.

    2°. Le harcèlement juridico-administratif incessant mené contre les ressortissants de la Guinée Forestière (civiles et militaires) par l’administration de M. Alpha CONDE est de nature à nourrir le sentiment que, un groupe ethnique, mené par quelques conseillers malinkés de la présidence, veut à tout prix rétablir l’hégémonie perdue de leur clan, depuis la mort de M. SEKOU TOURE.

    Qui peut comprendre qu’à la moindre difficulté politique intérieure rencontrée par le président coopté, une « délégation » de la C.P.I. (Cour Pénale Internationale) se manifeste aussitôt pour réclamer les responsables FORESTIERS et seulement eux, des évènements sanglants du stade le 28 septembre 2009 ?

    Or toutes les Institutions dites internationales ont la liste de tous les VRAIS Responsables et COUPABLES de ces massacres.

    Le « général » Sékouba KONATE y occupe la troisième place, et à juste raison. En dépit des crimes économiques et de sang qu’il a commis en Guinée, il n’est nullement inquiété. Ce sont toujours des militaires et civils FORESTIERS, en général des exécutants qui sont indexés. Je voudrais bien qu’on m’explique ce « mystère ».

    Alors, est-ce à dire qu’il n’y a pas de différends à connotation ethnique en Guinée ?

    Répondre non à cette question, ne serait ni sérieux, ni honnête. L’existence des ethnies est un fait en Guinée, comme ailleurs dans le monde. Il n’y a pas à le récuser, ni à le glorifier. Je suis moi-même issu d’une ethnie, les TÔRÔDÔ (Peuls), qui ont à mon avis, le défaut de se croire supérieurs à tous les autres. Mais j’assume mon appartenance. Je n’en ai pas honte, mais je n’en tire aucune gloire non plus.

    Cela dit, la Guinée n’est pas une famille. C’est un ensemble de populations vivant depuis toujours sur un même territoire dont les frontières ont par le passé, changé au gré des victoires et des défaites des premiers occupants. Il en est ainsi de tous les pays. Tous les Guinéens ne sont pas des parents, ni des amis. Nous sommes séparés par des intérêts de classe, de clans, ou des intérêts politiques. Les intérêts d’un contrebandier notoire comme Mamadou SYLLA de FUTURELEC ne sont pas les mêmes que le petit menuisier de CORONTHIN, ou le petit garagiste de BAMBETO.

    Le « général » Sékouba KONATE est un criminel économique et de sang impuni. Beaucoup d’autres Guinéens n’en sont pas. Les petits artisans de SIGUIRI qui cherchent de leurs mains abîmées, à force de creuser à longueur de journée, quelques grammes d’or, n’ont rien à avoir avec ceux qui au palais de SEKHOUTOUREYA détournent d’un clic d’ordinateur, ou d’une signature, des millions de dollars ou d’euros. Et ils sont connus des « Excellences » accréditées à CONAKRY, lesquelles ne peuvent ignorer ces crimes économiques. Or, elles-mêmes, en annonçant ici et là, des réductions et annulations de dettes renforcent la prédation. En terme économique, ces annulations ou remises sans contrôle, s’apparentent à des subventions accordées en guise de récompense pour fait de prédation.

    En Guinée, je me suis toujours interrogé pourquoi les « bailleurs » de fonds ont chéquiers ouverts pour les CRIMINELS économiques identifiés, et porte verrouillée pour des jeunes innocents, cherchant une vie moins malheureuse ailleurs comme ils le croient. Pour eux, c’est la noyade assurée dans des embarcations de fortune.

    Je serais heureux de bénéficier de la lumière de ces nouveaux prosélytes de la « démocratie » sur cette question.

    N’ZEREKORE comme à KANKAN, comme ailleurs en Guinée, il n’y a pas à proprement parler de conflits ethniques. Il y a des conflits d’intérêts, et même de classe. Des fortunes colossales à l’échelle de la Guinée ont été accumulées par une très petite minorité politico-administrative et miltaro-policière. Elles sont constituées pour partie par les annulations et réductions de dettes, pour une autre partie par l’accaparement des biens nationaux captés suite à la défaite politique du P.D.G., conséquence du décès brutal de M. SEKOU TOURE qui en était le principal garant pour son clan.

    Et selon moi, les luttes actuelles, en apparence politique, recouvrent une réalité plus prosaïque : l’unification des différentes oligarchies, et la consolidation durable de leur hégémonie sur le pays, condition indispensable de l’accroissement et de la protection de leur fortune.

    L’élection législative à venir aura précisément pour objectif (non avoué) de donner une base « légale » aux fortunes illégitimes.

    Reste la question de fond : nos compatriotes de KANKAN, LABE ou PITA, de MACENTA ou YOMOU, de KINDIA ou BOFFA….sont pareillement privés de soins de santé, d’eau courante, d’électricité, pendant qu’une infime minorité s’enrichit sur notre dos.

    RPGistes ou pas, quelle que soit notre appartenance ethnique, nous sommes soumis au même traitement infâme dans notre propre pays. Devrions-nous continuer à nous laisser divertir par de faux prophètes qui donnent une explication ethnique à un problème de divergence d’intérêts économiques et politiques ?

    Pour ma part, comme promis, je continuerais d’expliquer à mes compatriotes, jeunes et moins jeunes, tous les traquenards dans lesquels les oligarques espèrent nous enfermer. A bientôt à CONAKRY.

    Mamadou Billo SY SAVANE
    Contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
    Pour www.nlsguinee.com

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