Guinée : Arrestation des présumés assassins du chef de quartier de Ratoma-centre
mardi 09 mai 2006
Tout se serait passé très vite après l’enterrement de la dépouille du chef du quartier de Ratoma-centre, le vendredi 5 mai 2006.
Dans la soirée de ce jour, un premier suspect était arrêté, dit-on. Au cours de son audition, il aurait dénoncé ses complices. C’est ainsi que la police, pour une fois, aurait pu mettre la main sur eux ce lundi 8 mai 2006.
Et comme la RTG manque de sujet d’émission, elle a diffusé sur ses antennes la déposition des présumés assassins. Mais une telle version trop officielle doit nous interpeller, car c’est sur les ondes de cette radio que des milliers de nos compatriotes ont été entendus pendant les années de tyrannie pour des vrais faux complots permanents. On les appelait «la cinquième colonne »
Je ne suis pas juriste, mais que les hommes en robe noire, acceptent que je foule leur terrain Le droit veut que tout accusé soit entendu par d’abord un juge d’instruction et comme sa fonction l’indique, il instruit le dossier en auditionnant l’accusé dans son cabinet qui peut alors avoir le choix entre :
Son propre avocat
Demander la désignation d’un avocat d’office
Ne pas avoir recours à un avocat.
Cette procédure se situe dans la phase la convocation pour la première comparution après des enquêtes préliminaires qui peuvent être déléguées à un officier de police ayant la compétence requise en la matière. Dans notre cas, il s’agit de la délinquance et de crime contre la personne physique.
Ceci se passe dans un Etat de droit. La Guinée fait exception. Voilà que les suspects sont arrêtés le matin, leurs aveux sont radiodiffusés le soir. Dans quelles conditions s’est déroulé l’interrogatoire ?
Toujours est-il que le lundi soir les populations de Conakry ont été servies par la RTG.
A écouter les aveux des suspects qui sont déjà considérés comme des coupables et responsables de l’assassinat du chef de quartier de Ratoma-centre, l’on peut retenir pour l’instant cette version.
Un certain Bah, n’acceptant pas que feu Keita soit le chef de quartier de Ratoma-centre à sa place, aurait commandité le meurtre. Pour cela, il aurait engagé sept (7) jeunes gens pour l’assassiner en leur promettant 3 000 000 FGN l’équivalent de moins de 600 euros. Nous parlons toujours au conditionnel, il aurait versé un acompte de 200 000 FGN (soit moins de 50 euros) en attendant la commission de l’acte barbare. Après le meurtre, il les aurait remis 50 000 FGN (soit moins 20 euros). En tout la bande aurait perçu 250 000 FGN (moins de 50 euros).
Telle semblerait être la version obtenue de l’aveu des présumés meurtriers déjà condamnés avant tout procès.
Le meurtre à proprement parler
Toujours selon la version officielle, les jeunes meurtriers avaient monté un véritable guet-apens au chef de quartier de Ratoma-centre. C’est ainsi qu’ils l’auraient d’abord appelé au téléphone pour lui dire qu’un meurtre s’est produit sur son territoire ; il fallait qu’il se présente sur les lieux de ce crime. Le chef de quartier leur aurait répondu qu’il allait prendre sa douche et s’y rendrait dès après. Et comme la douche se trouve hors de la cour de la concession, les sept jeunes gens se seraient précipités pour venir monter une embuscade à l’entrée des toilettes.
Le chef de quartier, ne doutant certainement de rien aurait noué sa serviette autour des reins pour aller prendre sa douche. Il tomba dans les mains des malfrats qui bandèrent sa bouche et commencèrent à lui donner des coups. C’est au cours de cette bastonnade que le septième jeune sortit son arme blanche (un coutelas) pour l’égorger.
Cette version vient contredire celles faites par les témoins juste après le meurtre, soit une heure plus tard. Ceux-là avaient raconté que deux jeunes, qui semblaient être connus de la victime, étaient entrés dans sa cour où il était entouré de certains membres de la famille. Lui et ses assassins avaient fait preuve d’une certaine familiarité. Après, il les avait suivis hors de la cour.
Qui dit vrai maintenant ? C’est la famille éplorée qui reste la victime malheureuse. Aura-t-elle droit à une justice sereine et véritable ? Sera-t-elle au moins dédommagée pour faire face momentanément au vide laissé ?
Jacques Kourouma
Directeur de la Rédaction et de la Publication tamsirnews.com
Contact : kourouma@tamsirnews.com
Correspondance pour Nlsguinee.com
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