mercredi 14 août 2013
Les prochaines élections présidentielles et législatives de novembre provoquent une certaine effervescence parmi les responsables politiques.
Pour la stabilité politique et sociale de la République de Guinée-Bissau, il serait profitable que le futur locataire du Palais Présidentiel soit une personnalité de la nouvelle génération, c'est-à-dire ni un ex-combattant de la guerre pour l’indépendance, ni un ancien ‘Alferes’ de l’armée coloniale portugaise, la RGB ayant trop souffert ces dernières décennies de combats sur le terrain militaire puis politique entre ces deux factions. Il est temps de rechercher une personnalité qui puisse réunifier les Bissau-guinéens.
Les candidatures pour les élections présidentielles du 24 novembre ont débuté. Celui qui a traversé le premier le Rubicon, est le professeur d’université Tcherno Djalo. Peul, homme de dialogue, avec une longue expérience internationale, Docteur en Sciences politiques de l’Université de Genève, il a séjourné de nombreuses années dans la ville de Calvin avant de rejoindre les terres lusophones.
A Bissau, il a été le Recteur Fondateur de l’Université Amílcar Cabral avant de devenir ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement dirigé par Aristides Gomes (2005/2007).
A Lisbonne, il est professeur de sciences politiques et de relations internationales à l’Université Lusofona et Président du groupe Lusophone en RGB.
Tcherno Djalo est peu connu des Bissau-guinéens de l’intérieur du pays, mais son passage à la direction de l’Université Amílcar Cabral puis le lancement de l’Université Lusofona à Bissau en fait une personnalité appréciée de la jeunesse et des milieux intellectuels.
Lors du lancement de sa candidature dans un grand établissement hôtelier de Bissau, il a annoncé devant une foule nombreuse que, s’il était élu, il organiserait un référendum pour savoir si la population accepterait un régime présidentiel.
"Convoquer un référendum sur la révision constitutionnelle visant l’instauration d’un régime présidentiel avec mandat limité à deux quinquennats. Le bicéphalisme du régime semi-présidentiel, ayant été source de conflits et de crispations permanents entre la Présidence et la Primature (…) n’a pas prouvé, à ce jour, être une bonne solution pour la résolution des problèmes de la Guinée-Bissau".
Aujourd’hui, le Président de la République est le chef de l’Etat et le chef des Forces armées et le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et l’Assemblée Nationale Populaire.
Ce candidat dit vouloir également mettre en place une politique ferme contre le trafic de stupéfiant. Certes, la RGB est un lieu de passage de la drogue parce qu’il s’agit d’un état avec une faible administration publique, de bas revenus et une grande façade maritime non contrôlée qui se trouve sur la route entre les producteurs sud-américains et les consommateurs européens, mais tous les Bissau-guinéens ne sont pas des trafiquants.
Seul une infime partie de la population est concernée, des effectifs certainement moins importants que ceux des grandes agglomérations européennes.
D’autres pays de la région subissent également ce phénomène mais ils reçoivent des moyens plus conséquents pour lutter contre ce fléau, notamment une aide militaire/policière de l’ancienne puissance coloniale, et préservent mieux leur image à l’international grâce à des contrats avec des agences de communication aux Etats-Unis et en Europe.
La RGB ne dispose pas de ces moyens et les autorités n’ont pas encore pris la mesure de l’importance de la communication via les nouveaux moyens technologiques.
Source : Article de la lettre de la lusophonie – Numéro 76 du 12-08-2013
Transmis par Bashir Bah
Pour www.nlsguinee.com
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