jeudi 25 juillet 2013
Entrer ou sortir de Conakry relève désormais d’un calvaire. Non pas par la tracasserie potière. Non pas les éternelles et interminables bouchons. Mais par des routes qui ressemblent fort à celles de nos campagnes. A plusieurs endroits, il ne reste plus de traces du goudron. Ce sont de véritables pistes rurales qui mènent à Conakry.
Que ce soit à Kountia, au KM 36, à Fassia, à Gomboya, à Bintourayah ou encore à Manéah, cette route, la plus fréquentée, est entièrement dégradée. Les nids de poules ont désormais cédé la place à une piste caillouteuse, poussiéreuse ou boueuse selon la météo. Partout la situation est la même. Les usages ne savent plus où donner la tête. Les pouvoirs publics, à travers le ministère des travaux publics, brillent par leur absence.
Devant l’immobilise, que dis-je la démission de ceux qui sont censés intervenir dans pareil cas, riverains et usagers se mobilisent. Avec les moyens de bords, ils essayent tant bien que mal de colmater les brèches. Avec des pelles, des marteaux et de burins, gros cailloux à la main, ils bouchent les tous.
Tout le long de la route, on observe des jeunes, comme au bon vieux temps colonial, qui s’attèlent à ces travaux. Le plus souvent ils tendent la main dans laquelle, les usagers, partagés entre soulagement et révolte, glissent quelques billets de banque. Grâce à cette mobilisation, la circulation est encore possible.
N’eût été cette détermination populaire et volontaire des riverains il est fort à parier que la capitale serait coupée aujourd’hui.
Au même moment que la capitale était sur le point d’être coupée du reste du pays, le ministère des travaux publics a démarré tambour battant un projet d’extension de l’autoroute Dabompa KM 36. Tout le long de cette route, tout a été dégagé. Les arbres fruitiers n’ont pas été épargnés. Et parfois au moment où ils portaient encore leurs fruits.
Après avoir cassé et dépecé tout sur leur passage, les machines ont disparu. Entreprendre la réalisation de nouvelles infrastructures pendant que les anciennes sont totalement abimées, n’était pas forcément la meilleure idée de département des travaux publics.
Mais M. ministre des travaux publics voulait donner une belle cravate à un homme qui n’a même pas de chemise. Il aurait fallu commencer par entretenir l’existant avant de penser à construire de nouvelles infrastructures.
En tout cas une chose est sûre : à la fin de son mandat le président Condé n’aurait pas le même bilan qu’un autre opposant historique qui, à la fin de son mandat, lui, avait construit plus de routes que tous prédécesseurs. A la différence du professeur président, le vieux gorgui lui obtenait des retombées de ses multiples déplacements à l’étranger.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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