mardi 23 juillet 2013
Revenu d’une tournée en Afrique de l’ouest et du centre, le président Alpha Condé fait face à un concert de critiques. Et cela suite à son départ pour l’étranger au moment où une partie de son pays était à feu et à sang.
Le professeur tente donc de reprendre la main. Il a décrété ce lundi une journée de deuil national pour les victimes des tragiques évènements survenus à N’Zérékoré et Beyla.
Le déplacement présidentiel en cette période agitée a été mal perçu par une grande majorité des Guinéens. Lesquels suivent l’actualité. Ils savent ce qui se passe sous d’autres cieux.
Dans pareil cas, le président, même en séjour à l’étranger, écourte sa mission pour revenir chez lui et gérer la crise. Pour son cas, lui, il était bel et bien dans le pays au moment où les violences ont éclaté. C’est un pays en ébullition qu’il a laissé pour prendre l’avion. Ses compatriotes ont vu un mépris à travers cet acte présidentiel. D’autant plus qu’il y a un précédent. Lors des récentes manifestations politiques, le patron de Sékoutouréya avait laissé Conakry dans la violence pour aller parler des crises d’autres pays.
Cette fois il a pris un coup. L’attitude et le comportement d’un chef choisi doivent être totalement différents avec ceux d’un chef qui s’est emparé du pouvoir fusil à la main. Or dans pareil cas, même ce dernier devait rester chez soi pour faire semblant de gérer et de compatir avec les victimes et les leurs. Dans un pays normal où c’est la volonté des urnes qui désigne le chef, une telle attitude est un suicide politique.
Et pourtant, le conducteur du train du changement manque de tout sauf de conseillers. Ces derniers auraient dû le dissuader de prendre l’avion en ce moment-là. L’annulation de son déplacement à la dernière minute en raison des troubles dans son pays lui aurait attiré plus de respect de ses pairs de la sous-région ainsi que de la sympathie de ses compatriotes.
Mais soit les conseillers n’ont pas rempli leur mission, leur rôle primordial soit celui qu’ils sont censés conseillés ne les a pas écoutés. Dans un cas comme dans l’autre, des leçons seraient à tirer. Le président n’étant pas un extraterrestre, il est faillible comme tout être humain. Il pouvait sous-estimer la gravité de la situation pour envisager de partir. Mais il fallait qu’il y ait quelqu’un pour le dissuader.
Et si messieurs les conseillers ont fait qu’ils devaient faire et que leur suggestion a été balayée d’un revers de la main, à eux de tirer les conclusions. Mais pareille chose est inadmissible pour ce pays qui tente de se refaire une image et une respectabilité internationale.
Malheureusement les récents événements nous ramènent encore loin en arrière. Les atrocités commises ces jours-ci ne ressemblent pas à la Guinée. Une Guinée certes pauvres mais jusqu’à une période récente digne.
Depuis l’indépendance c’est l’Etat qui s’est conduit comme barbare. Les citoyens eux se sont toujours montrés dignes et solidaires. Les dernières violences font de leurs auteurs des primitifs.
Au regard de la gravité des atrocités, le nouveau maitre de la Guinée se doit non pas de décréter un deuil national mais de faire en sorte que ces crimes soient sanctionnés à la proportion de leur gravité. Tout le reste est inutile.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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