mardi 16 juillet 2013
Des affrontements inter ethniques se déroulent actuellement à N’Zérékoré. Tout est parti de Koulé, localité où est originaire le capitaine Dadis Camara. Un jeune, qui cherchait de quoi manger dans la nuit du dimanche à lundi, a été pris pour un voleur. Il aurait été abattu par des gardiens.
Pour venger sa mort, les siens auraient saccagé les magasins où les gardiens meurtriers se trouvaient. Suivra une folle journée avec des affrontements entre les deux groupes ethniques. La nouvelle s’est propagée comme une trainée de poudre dans la grande métropole du Sud.
Dans un premier temps, le quartier Dorota a été contaminé par la violence. Ensuite d’autres quartiers ont été touchés. Provoquant un carnage.
Le dernier bilan est particulièrement lourd. Un témoin oculaire parle d’une dizaine de morts et un grand nombre de blessés. Parmi les victimes certaines ont succombé de leur brulure. Deux personnes auraient été entièrement calcinées. Les violences se sont propagées dans toute la ville.
Il n’en fallait pas plus que pour les autorités régionales se mobilisent. Le gouverneur de région a convoqué hier soir une réunion d’urgence avec le préfet, le maire et tous les autres élus à la grande mosquée de la ville.
Objectif, restaurer la paix, la quiétude et la tranquillité dans la cité voire la région. Malgré tout la violence a continué. Obligeant les autorités à instaurer un couvre-feu.
Ces violences sont récurrentes dans cette région. Elles se produisent quasiment chaque année. Avec à la clé plusieurs morts. C’est donc connu, cette ville est un véritable brasier. La tension est toujours vive entre les populations qui se regardent en chien de faïence. D’où l’impérieuse nécessité pour les autorités de veiller au grain pour éviter le pire dans cette ville voire la région entière.
Ces violences récurrentes sont la suite logique de l’irresponsabilité des dirigeants qui se sont succédé dans ce pays et de l’impunité. Chaque fois qu’il y a de tels évènements dans la région, le pouvoir central envoie une délégation de la capitale pour aller « réconcilier » les adversaires. Jamais par le passé, justice n’a été rendue.
Lorsqu’un homme ôte la vie à l’être le plus cher pour un autre homme est que les autorités, imans et prélats, arrivent pour demander de pardonner au nom de Dieu, il est évident que les parents des victimes n’osent pas rechigner. Mais il est aussi évident qu’ils attendront la prochaine occasion pour prendre leur revanche. Ainsi, vont les affrontements inter ethniques et inter religieux dans cette partie de la Guinée.
Le jour où le politique et le religieux vont céder la place au juge pour que ce dernier fasse son travail en toute indépendance, il y a de fortes chances que les violences s’arrêtent. D’ici là cette bombe à retardement est gérée de façon informelle. On demande ou plutôt somme quelqu’un qui a perdu les siens de pardonner à cause de Dieu. Évidemment devant le ministre venu de Conakry, le gouverneur de la région ou encore l’imam ou le prélat, il déclare pardonner au nom de la paix et de la fraternité.
Mais c’est connu, l’impunité est la porte ouverte à la récidive.
Vivement donc l’application stricte de la loi pour que l’impunité prenne enfin fin dans ce pays et pour toujours.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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