lundi 15 juillet 2013
Le verdict est enfin tombé. Celui concernant le procès dit de l’attaque de la résidence privée du nouveau maître de la Guinée. Ce procès a passionné au départ. Pour devenir un simple feuilleton comme tout autre. Vers la fin il ne suscitait d’intérêt que par la prestation des avocats de la défense.
Finalement, la seule surprise aura été que le président de la cour n’a pas prononcé une seule peine capitale. Il n’a pas suivi le procureur. Celui-ci avait réclamé que certains accusés soient passés par les armes. A part cette surprise, personne ne se faisait la moindre illusion. La justice guinéenne n’est pas justice béninoise. Entre l’accusé et l’accusateur, elle choisit toujours le second.
Le procureur, outré par un éclat de rire d’AOB en pleine audience, avait promis à ce dernier l’enfer. Disant en substance « rira celui qui rira le dernier ». AOB a été envoyé en enfer.
Avec la perpétuité qu’il a prise, il est évident qu’AOB ne rira plus. Mais devant la brillante prestation des avocats de la défense qui ont montré que ce dossier était monté de toute pièce et devant l’incrédulité du peuple de Guinée dans son écrasante majorité de la thèse de complot, ce n’est pas très évident que le procureur lui-même puisse éclater de rire.
Certains procès constituent eux-mêmes un autre procès en soi. Celui a été celui de la justice guinéenne voire de toute la Guinée qui se veut démocratique et prouve qu’elle est encore loin des comptes.
Avec AOB un autre prend la perpétuité. Une autre bête noire du régime actuel devait, si elle était sur le sol guinéen, passer le reste de ses jours loin des siens. Mais à la différence d’AOB, Bah Oury, dont il s’agit, passe sa perpétuité non dans les cachots chauds de Coronthie mais dans le froid parisien. Heureusement pour lui.
Bah Oury se frotte les mains. Il a vite vu venir le danger pour se mettre à l’abri. Comme Alpha Condé l’avait fait à un moment donné de sa vie.
Enfin 17 autres personnes bénéficient d’une remise en liberté. Ça veut dire que ces personnes auront passé près de 2 ans en prison pour rien. Le procureur prévoit-il une indemnisation pour ces personnes ?
Le moins que l’on puisse dire est que pour exercer certaines professions, il faut oublier son état d’âme. Lorsque vous privez quelqu’un de la liberté pendant deux ans et que vous vous rendez compte que vous lui avez privé cette liberté injustement, il va de soi que votre conscience vous met à rude épreuve. Si vous avez une.
En attendant, entre Alpha Condé et Bah Oury c’est exactement un changement de camp qui s’opère. Le premier est revenu à Conakry. Le second est parti à sa place à Paris. Comme si la Guinée ne peut pas ne pas avoir un exilé et un condamné par son pays dans la patrie des droits de l’homme. Le nouveau maitre de la Guinée ne peut plus se vanter de n’avoir aucun opposant en exile. Encore moins un prisonnier politique dans son pays.
De ce point de vue, le général-président-paysan devient un modèle et une référence. À l’exception de la période durant laquelle un certain Alpha Condé était à Coronthie, le vieil homme n’avait aucun prisonnier politique.
Depuis l’arrivée aux affaires du professeur-président ce n’est pas du tout repos pour la justice. Les condamnations se multiplient. Même si elles sont souvent suivies par le pardon présidentiel. D’où l’espoir des nouveaux bagnards et des leurs.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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Pour www.nlsguinee.com
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