jeudi 04 juillet 2013
Si jusqu’ici le 3 juillet n’était pas une date historique, depuis ce 03 juillet 2013, cette date sera inscrite dans les annales de l’histoire de ce pays. Et pour cause, le pouvoir et l’opposition ont enterré la hache de guerre par un accord politique (lire l'accord signé sur ce lien).
Les deux parties s’engagent résolument dans l’organisation des élections législatives crédibles et inclusives.
Si toutes les parties joignent l’acte à la parole, ou plutôt à la signature, la Guinée aura été remise sur les rail. Pour que le train du changement dont parle tant le président, prenne enfin le départ. Pour en arriver là il a fallu de la sueur et même du sang.
Depuis le début de l’année 2011, les deux protagonistes étaient à couteaux tirés pour ces législatives. Finalement la raison et la modération ont remporté sur la passion et l’extrémisme. Le trio Saïd Djinnit, Aboubacar Somparé et Salif Sylla a atteint son objectif. Ou disons-le, il commence aujourd’hui un autre travail : le plus dur : celui de faire respecter les termes de cet accord.
Car signer est une chose, respecter ce qu’on a signé en est une autre. Sans jouer aux sceptiques, il faut dire qu’il serait naïf de crier victoire comme si à partir d’aujourd’hui c’est le parfait amour entre les frères ennemis guinéens. Il n’est pas besoin d’être dans le secret devin pour savoir que certains extrémistes et autres désespérés qui ne prospèrent que dans la crise, pourraient tenter de faire capoter cet accord.
Mais ils auront fort à faire. Car cet accord a un parrain de taille : la communauté internationale. Outre le monsieur Guinée des Nations-Unies, Saïd Djinnit, il y a aussi les ambassadeurs des principales grandes puissances du monde qui veilleront au grain.
Ceux qui se sont battus ces dernières années pour éviter le pire à la Guinée ne sont pas prêts à ce que ce pays sombre dans le chaos. Ainsi à partir d’aujourd’hui le processus électoral redémarre. Cette fois avec la participation effective de l’opposition. Non pas celle taillée sur mesure, mais celle-là même qui donnait de l’insomnie au professeur.
Après que toutes les parties ont accepté de mettre de l’eau dans leur vin, le gros travail revient à la CENI. La commission électorale sera-t-elle à la hauteur de l’espoir de la communauté internationale et de tous les Guinéens, c’est là la grande interrogation. Il est évident que l’étau se resserre autour de cette institution vers laquelle tous les regards restent tournés.
A partir du moment où le gouvernement a apposé sa signature sur un document avec comme témoin les représentants de tous ceux qui comptent sur le petit village planétaire, la CENI n’a plus droit à l’erreur. Elle a désormais le choix entre le professionnalisme et la transparence ou l’amateurisme et l’opacité. Dans le premier cas, elle sauve le pays et la tête de ses principaux responsables. Et dans le second, elle apprend à ses dépens que l’inamovibilité et opacité sont et seront toujours incompatibles.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.