mercredi 03 juillet 2013
Le dialogue politique a repris ce mardi à Conakry. Les protagonistes ont finalement cédé sous la pression de la communauté internationale qui veut sauver les meubles. Cette fois, on espère que ce sera la bonne. Pouvoir et opposition vont enfin accorder leur violon pour aller à l’essentiel.
Il est certes prématuré de crier victoire dans une Guinée où on est habitué aux retournements de situation spectaculaires. Mais les acteurs savent que désormais ils n’ont plus droit à l’erreur. Le camp qui prendra l’initiative de faire capoter le dialogue sera pointé du doigt par ceux qui n’entendent pas laisser la Guinée sombrer dans le chaos.
De tous les soubresauts que la Guinée a traversés depuis l’installation du nouveau maître à Sékoutouréya, un certain nombre de constat se dégage : la Guinée d’aujourd’hui est totalement et radicalement différente avec celle d’hier. Même celle du début des années 2000, durant lesquelles on inventa dans ce pays le concept de koudaïsme.
Plus le temps passe, plus les Guinéens semblent tourner la page peu glorieuse du passé. Le professeur-président aura appris de passage qu’il a moins de chance que ses prédécesseurs de régner d’une main de fer dans ce pays. Dès après son installation, il y a eu des velléités d’un retour en arrière. Son camp a voulu tailler tout sur la mesure et la volonté du nouveau chef.
Dans un premier temps on nous a parlé non pas de révision des listes mais plutôt de recensement. L’opposition n’a pas voulu avaler la couleuvre. Elle a mis tout son poids dans la balance pour empêcher la modification des règles du jeu en plein match. Dans le camp des partisans du recensement on entend dire que ceux qui ne veulent pas se faire recenser devront prendre une carte de séjour dans la patrie de leurs ancêtres. On n’était plus loin du concept d’ivoirité.
Pour empêcher ce projet, les manifestations se multiplient. Commencent les violences et les meurtres. Devant la détermination des opposants, le projet de recensement est renvoyé aux calendes grecques. Le cas Louncény Camara reprend le flambeau. Pour aboutir à la démission forcée de celui dont le rêve de diriger les élections en Guinée sera à jamais brisé. Même si, en récompense pour les bons et loyaux services, son patron conforte tous ceux qui l’accusaient d’être partisan par sa nomination à la tête d’un département ministériel qui est le parent pauvre du gouvernement : le tourisme.
Après moult tractations et tergiversations, Bakary arrive avec la recomposition dite paritaire de la CENI. Celui-ci commence à donner du souci à l’opposition. Laquelle regrette même le départ de Louncény moins téméraire que Bakary. Mais elle ne capitule pas.
Et devant la détermination de cette opposition et le nombre de ceux qui ont fait don de soi pour la démocratie, la nouvelle gouvernance n’a pas d’autres choix que le dialogue et à la concertation.
Le rêve de ceux nourrissaient l’espoir de devenir député à l’assemblée nationale grâce au boycott des élections par l’opposition la plus représentative s’effondre peu à peu comme un immense château de cartes.
S’il n’y a ni vainqueur ni vaincu à l’issu de ce duel pouvoir et opposition, il y a cependant un gagnant : la démocratie. Il ne reste plus qu’à espérer que dans le future parlement de la République de Guinée, il n’y aurait pas un seul député à qui il faudrait montrer où se trouve le nom sur un document pour apposer sa signature.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.