jeudi 09 mai 2013
Alors que tout le monde se réjouissait que l’opposition ait accepté pour une fois de reporter sine die sa marche, Conakry a connu malgré tout, des troubles ce jeudi matin.
Cette fois c’est la commune de Matoto qui était concernée par la contestation populaire. Précisément au niveau de Tanené permanence, ente l’aéroport et l’Etat-major de l’armée de l’air.
Tout serait parti d’un accident de la circulation. Une voiture aurait renversé une personne qui traversait la route. Le chauffeur a pris la poudre d’escampette. En réaction, les jeunes du quartier sont sortis pour exprimer leur colère. Déjà la zone fait souvent face à des contestations à cause des accidents récurrents consécutifs au nouveau mode de circulation sur l’autoroute.
Pour réduire les embouteillages, les autorités ont instauré un nouveau mode de circulation. Le matin prend le même sens. Pour reprendre le sens inverse le soir. Et les riverains, non habitués à ce mode de circulation, se font souvent renverser comme du bétail.
Alors, les jeunes barricadent la route. Causant de fortes perturbations sur cet axe routier considéré jusqu’ici comme le plus calme de la capitale. Mais qui, ces dernières semaines, est confronté à des révoltes récurrentes de la jeunesse.
Ce jeudi donc Yimbaya permanence donnait l’image de Bambeto. Avec des gravats sur toute la route. Aux grands maux les grands remèdes, les autorités n’ont pas lésiné avec les moyens pour le rétablissement de l’ordre.
Une dizaine de camions et de pick-up de la police et de la gendarmerie stationnait sur les lieux. La zone était fortement quadrillée par les forces de l’ordre.
Ces incidents surviennent après ceux de mardi soir au carrefour Cosa et Kakoro sur la route le Prince. Des incidents violents se sont déroulés sur la route le prince mardi soir. Cette fois, ils étaient consécutifs à la grogne contre le délestage d’électricité. D’autres incidents avaient éclaté à Gbessia où, là aussi, une voiture avait été calcinée suite à un accident.
Le moins que l’on puisse dire est que de plus en plus, la contestation populaire gagne du terrain à Conakry. Les manifestations se généralisent dans toutes les communes au grand dam des habitants de la capitale. Pour un oui ou pour un non, les jeunes se lèvent. Ils barricadent la route. Ils cassent tout sur leur passage. Ou plutôt tout ce qui bouge.
De plus en plus les citoyens se rendent justice. Il est donc plus qu’urgent que les autorités rétablissent l’ordre et la justice dans ce pays. Un pays où chacun se rend justice, n’en est pas un. C’est une jungle. Il faut avoir désormais les nerfs très solides pour vivre à Conakry. Chaque jour que Dieu fait apporte son lot de contestation, de manifestations, de protestation et de drame.
Aucune commune n’est désormais à l’abri des troubles politiques ou sociaux. Aucun secteur n’est épargné, même si les autorités donnent l’impression que seule la commune de Ratoma est l’enfant rebelle de la capitale. Malheureusement la contestation fait tache d’huile.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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