vendredi 26 avril 2013
L’opposition guinéenne a organisé sa marche de protestation ce jeudi sur l’axe Bambeto-Stade du 28 septembre. Au niveau du siège du RPG à Hamdallaye, des incidents ont éclaté entre d’une part, les forces de l’ordre et des jeunes manifestants et d’autre part entre ces derniers et des militants du parti au pouvoir.
Malgré tout, les marcheurs ont pu poursuivre leur chemin. Au stade du 28 septembre, point d’arrivée des manifestants, les leaders de l’opposition ont tour à tour pris la parole pour dénoncer ce qu’ils appellent la décision unilatérale et illégale du pouvoir. La quasi-totalité des intervenants s’est exprimée dans la langue du terroir.
La veille, les partis politiques de la mouvance présidentielle et ceux de l’opposition ont signé une déclaration commune. Dans cette déclaration toutes les parties s’engageaient à bannir la violence dans leur camp respectif. La déclaration a été signée par le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Mamadou Ballo, membre du bureau politique du RPG arc-en-ciel et Sidya Touré, le président de l’UFR. Après l’engagement d’enterrer la hache de guerre, d’autres déclarations ont suivi. Tout d’abord celle du président de la République.
Alpha Condé, qui a reçu le faciliter international et les deux locaux, s’est engagé une nouvelle fois à organiser des élections législatives transparentes et d’accepter les résultats quels qu’ils soient. Par ailleurs, Alpha Condé s’engage à demander à son ministre de la justice de libérer les militants de l’opposition incarcérés depuis fin février. Cela aussi répond à un des préalables posés par l’opposition.
La troisième déclaration est celle du facilitateur de la crise guinéenne. Le diplomate onusien se félicite que toutes les parties s’engagent à s’abstenir de la violence. L’audience accordée par le président de la République au trio Djinnit, Somparé et Sylla atteste que malgré tout, les négociations continuent en coulisses.
Le fil du dialogue est tordu mais pas coupé. Or qui dit négociations dit forcément concessions. Si les partis politiques de l’opposition ont accepté non seulement de changer l’itinéraire de la marche du 25 avril mais aussi de signer un pacte de non-violence, c’est que probablement ils ont obtenu une promesse.
Mais accepter de s’abstenir de toute violation ne se décrète pas. Il faut soigner la cause du mal et non son effet. La cause c’est le contentieux électoral. Le jour où le pouvoir et l’opposition s’entendront pour des législatives dans lesquelles tous sont rassurés de la transparence, on aura facilité la tâche aux facilitateurs.
Pour leur part, les Guinéens espèrent que le trio Saïd Djinnit, Aboubacar Somparé et Salif Sylla, usera de tout son talent, de toute son expérience et de toute son influence pour faire avaler la pilule amère aux différentes parties. Pour que triomphe enfin et pour toujours la démocratie et l’Etat de droit dans ce pays.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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Pour www.nlsguinee.com
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