mercredi 17 avril 2013
A quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Les habitants de N’Zérékoré sont aujourd’hui mieux placés pour apprécier cet adage. Eux dont la disparition de la mère du capitaine Dadis a permis de voir le fils de la région. Avant sa prise du pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara était inconnu des Guinéens, y compris en Guinée forestière.
Durant les 12 mois de règne du bouillant capitaine, celui-ci a évité de se déplacer. Le seul déplacement lointain qu’il a effectué fut celui de Labé. C’était à l’avant-veille des tragiques évènements du 28 septembre 2009 qui ont fait basculer son destin.
Les siens ne l’avaient vu qu’à la télévision. Inutile de dire donc que les habitants de la forêt souhaitaient voir en chair et en os celui qui les a fait rêver. Le décès de sa mère a été l’occasion. La venue du fils du terroir a déchainé les passions. Les siens ont fait le déplacement de l’intérieur comme de l’extérieur pour vivre l’événement. Les gens sont venus de Conakry, de Monrovia d’Abidjan et d’ailleurs. Ils n’ont pas été déçus. L’enfant du village leur a parlé dans la langue du terroir.
C’était véritablement la fête en Guinée forestière ce dimanche. Le témoignage d’un habitant de la ville en dit long sur l’état d’esprit dans la région. Selon cet habitant, Dadis dans cette région, c’est la religion. Dadis se savait populaire. Mais il ignorait certainement la dimension de sa popularité. L’occasion lui a été donnée pour se rendre compte que son éloignement a créé le mythe Dadis. Après son bain de foule, l’hôte du pays des hommes intègres peut se targuer auprès de ses hôtes de sa popularité dans sa région voire dans son pays.
Côté politique, aucun acteur guinéen n’a été indifférent. Pouvoir et opposition, qui avaient fait cause commune contre le capitaine en 2009, ont compati à sa douleur. Certains l’ont appelé. D’autres ont fait le déplacement de N’Zérékoré. Comme Mouctar Diallo ou encore Boubacar Barry. D’autres encore ont apporté une contribution financière. Bref, si le natif de Koulé pleur sa mère, il a, en revanche, de quoi être satisfait par la dimension que ce décès a prise.
La mobilisation de N’Zérékoré ce 14 avril 2013 est à l’image de celle du 26 décembre 2008 à Dubréka, à l’occasion de l’inhumation du président Conté. Si la disparition de la mère du capitaine Dadis est à l’image de la disparition d’un chef d’Etat, le capitaine ne doit pas rougir. Après ce succès fulgurant, Dadis, qui s’était abstenu de toute déclaration, est sorti de son silence. Il s’est adressé aux seins dans la langue du terroir.
Le déplacement de Dadis a été âprement et miteusement négocié. Notamment sur son retour à Ouagadougou. C’est le prix à payer de ce déplacement. Que dis-je de ce pèlerinage du capitaine sur la terre de ses ancêtres.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.