Guinée : Association des Patriotes Guinéens (A.P.G.): Propositions pour une transition rapide et pacifique en République de Guinée
mercredi 03 mai 2006
Il y a quelques semaines, l’ensemble des partis représentatifs de l’opinion guinéenne et la société civile a présenté un document sérieux, construit et mesuré, relatif à la concertation nationale qu’ils préconisent.
Il devrait servir de base de travail à tous ceux qui, en Guinée ou ailleurs, souhaitent pour notre pays une transition rapide et paisible. Ceux qui l’ont construit, connaissent bien le pays dans toutes ses profondeurs. Ils y vivent, et luttent depuis des années contre les clans mafieux que Mr. Lansana Conté a produits et continue de protéger.
Ce que nous proposons et pourquoi nous le proposons ?
Pourquoi nous faisons maintenant ces propositions ?
Depuis la « modification » (le terme approprié serait la falsification) de la Loi Fondamentale en 2001, l’Etat a disparu, même sous sa forme fictive.
L’administration n’est plus qu’un conglomérat de petites « débrouillardises » de survie. Ce qu’il est convenu d’appeler « gouvernement » est en réalité une juxtaposition de clans d’intérêts privés de type mafieux.
L’attribution d’une licence de téléphonie mobile et les décrets successifs de remaniement, de contre-remaniement et finalement du licenciement d’un « premier ministre » prouvent à suffisance que le « président » de la République n’a plus ni ses facultés mentales, ni une quelconque capacité physique à diriger les destinées de 8 millions de personnes vivant en Guinée, dont 50% ont moins de vingt ans.
Leur destin ne peut être indéfiniment abandonné dans les mains de groupe mafieux, parfaitement identifiés. Et, il y a urgence.
Visiblement, le « président de la république » est devenu une marionnette que manipulent les différents clans d’intérêts personnels ou familiaux.
Certains de ses clans, liés aux intérêts personnels de la famille de Mr. Lansana Conté mettent en danger l’existence du pays en tant que entité étatique. Parmi eux, il faut citer les islamo-libanais barbus représentés par Rodha FAWAZ, trafiquant d’armes bien connu de nos compatriotes ; les russo-ukrainiens dans le trafic d’armes et de ressources minières, l’Italo-mafieux GUIDO Santullo, associé personnel du président, et le clan Chinois très actif dans la destruction de l’environnement en Guinée Forestière.
« L’assemblée nationale » n’a pas plus de légitimité. Les « députés » y ont été nommés contre toute règle constitutionnelle par un président de la république qui, manifestement s’estime au-dessus de la Règle Commune.
Le président de l’assemblée nationale est très contesté y compris sur le plan de sa personnalité, de son action et de son passé. (Il était un des membres influents des tribunaux révolutionnaires qui procédaient à des pendaisons au temps de Mr. Sékou Touré).
Le délitement accéléré du régime actuel est devenu une évidence pour tout le monde.
La transition telle que préconisée par la concertation nationale ne se concrétisant pas, malgré la descente aux enfers de notre pays, nous ne pouvons rester indifférents.
Dans ce contexte, que faire ?
Après vingt deux ans de règne calamiteux et sans partage, le président Lansana Conté, s’il a encore un minimum d’attachement pour la Guinée-Conakry, devrait être en mesure de contribuer à la réalisation d’une transition rapide.
Il doit bien ce dernier service à un pays qui lui a tant donné. C’est pourquoi, en complément au document de travail de l’opposition et des forces vives de la nation, nous proposons au président de la république ce qui suit.
Les Etats qui invoquent la constitution devraient l’appuyer maintenant :
nos Propositions :
I - prendre immédiatement l’initiative de dissoudre l’assemblée nationale actuelle. Il en a le pouvoir selon sa propre constitution. Car, cette assemblée n’a aucune légitimité. Les principales forces politiques du pays n’y sont pas représentées. Celles qui y ont quelques députés avaient d’abord refusé d’y siéger, pour ensuite y revenir, mais contre quelles(s) promesses ? , de qui ? de quelle nature ?
II -la mise en place d’un gouvernement transitoire d’urgence nationale dirigé par une personnalité consensuelle. Cette possibilité existe.
Ce gouvernement devra comporter toutes les composantes du pays. Il conduirait les affaires du pays pendant la durée de la transition, laquelle ne devrait pas dépasser 12 mois. Il devrait avoir pour missions principales :
A- La convocation d’une conférence nationale dans le mois qui suit son entrée en fonction. C’est un passage obligé. Prétendre le contraire, c’est tromper le pays.
La durée de la conférence nationale ne devrait pas dépasser un à deux mois. Toutes les questions devront y être abordées, sans tabou. Et en priorité, la révision de la constitution sur les points fondamentaux suivants :
1°- ramener le mandat présidentiel à une durée limitée à cinq ans.
2°-limiter le nombre de mandats présidentiels à deux.
3°-conforter les dispositions constitutionnelles relatives aux droits de l’homme (protection réelle des libertés publiques)
Pourquoi une révision constitutionnelle ?
La constitution actuelle révisée illégalement, est une source principale d’insécurité. Car elle institue de fait, un pouvoir perpétuel qui, inévitablement se transformera en tyrannie dynastique le moment venu.
En effet, un nombre illimité de mandats de sept ans (modification introduite en 2001) par Mr. Lansana Conté, c’est l’anéantissement de tout espoir de changement dans la sérénité. Et en maintenant le désespoir, on légitime par anticipation tous les moyens susceptibles de provoquer une alternance confisquée de fait.
Il nous faut donc bien admettre que la transition constitutionnelle sous sa forme actuelle n’est ni souhaitée, ni souhaitable.
B- La préparation et l’organisation d’une élection présidentielle libre et transparente. Pour cela il faut :
1° la création d’une commission nationale électorale indépendante (C.N.E.I. ).
2° un recensement national de la population guinéenne (intérieure et extérieure) dans le but d’identifier chaque citoyen guinéen afin de lui attribuer une carte nationale d’identité et une carte électorale s’il y a droit.
C- Rôle de la communauté internationale :
La Communauté internationale (Union Africaine, CEDEAO, U.S.A., Union Européenne) pourrait :
- fournir une assistance technique et financière dans les opérations de recensement et de distribution de cartes électorales et d’identité.
- assister la Commission Nationale Electorale Indépendante, depuis le recensement jusqu’à la proclamation du nouveau Président sorti des urnes à la suite d’une compétition électorale libre et transparente.
La réalisation de ces propositions devrait être terminée d’ici Juin 2007. C’est possible et souhaitable.
Il appartiendra au nouveau président, alors librement élu dans la transparence, de convoquer le corps électoral pour une vraie élection législative. Nos compatriotes savent voter.
Ils sont en mesure de désigner la personne ou l’équipe à laquelle ils souhaitent confier leur destin pour une durée déterminée, si les opérations électorales sont libres et transparentes.
Selon nous, ces deux propositions sont facilement applicables, et sans heurt. Leur exécution, si tout le monde s’y attèle de bonne foi, ne prendrait pas plus de douze mois. Le temps est compté pour notre pays.
Il y a beaucoup à faire, à défaire et à refaire. Plus le temps passe, plus les problèmes se compliquent.
Par ailleurs, ce sont des propositions qui sont à la fois mesurées, financièrement peu coûteuses, techniquement réalisables et politiquement sûres. La transition serait pacifique, sans que personne ne perde la face.
Il faut noter que le pays ne peut plus patienter. Les altérations humaines et environnementales qui lui sont infligées quotidiennement par le pouvoir actuel, sont de moins en moins supportées par nos compatriotes.
Il n’y a ni injonction, ni menace. Mais si ce schéma venait à être rejeté par les oligarques mafieux de Conakry, ou sa mise en application retardée par eux, alors, les principales forces vives de la société guinéenne considèreront comme un Devoir Patriotique de mettre la Terre de leurs Ancêtres à l’abri des agissements des réseaux prédateurs. Les forces vives prendront leur responsabilité, sans hésitation pour soustraire notre pays à la voracité des oligarques et de leurs alliés, et créer les conditions d’une alternance rapide tant souhaitée par tous les Guinéens.
Coordonnateur pour l'association :
Mamadou Billo Sy Savané, Professeur d’économie (Rouen), France
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble
Mon contact : smosalinn@aol.com
Téléphone : 06 78 20 94 17
Animateurs :
Abdoul Baldé pharmacien, Docteur en pharmacie (Paris)
Suzanne Rigollet, ép. Sy Savané, Attachée principale d’administration scolaire et universitaire
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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