mardi 02 avril 2013
Les maux de la Guinée sont connus. Il n’y a plus que le remède qui manque : un courage politique, un sens de l’histoire et des responsabilités qui incombent à l’opposition guinéenne actuelle.
Ces qualités de l’homme politique ne peuvent s’incarner par des manifestations sporadiques et injustement réprimées dans le sang. Il est temps que les leaders de l’opposition passent à la vitesse supérieure. Soit le pouvoir accède immédiatement, sans aucune condition, à leurs revendications, soit ils le récusent publiquement, officiellement en appelant le peuple à se lever comme le 28 septembre 2009 pour dire non à la dictature.
Alpha Condé n’a rien de plus que le CNDD et son chef de l’époque ! Il est donc temps d’agir avec plus d’audace !
Le monde entier connaît les raisons de la souffrance du peuple de Guinée. Des maux qui rongent le pays depuis 1958, date de notre indépendance manquée. Depuis, les échecs sont infiniment plus nombreux que nos maigres réussites.
La succession d’échecs et de ratages de la Guinée est actuellement symbolisée par Alpha Condé, le président démoniaquement élu en novembre 2010. Arrivée au pouvoir par les voies les plus tortueuses à l’aide de la mafia internationale appuyée par un pseudo-pouvoir de transition, M. Condé Alpha n’a pas trouvé mieux que de ressusciter tous les rébus de la République. Sa cour grouille d’anciens politiciens, tout simplement des morts-vivants des systèmes passés qui sont, de jour en jour, en train de pousser notre pays dans les abyssales ténèbres de la pauvreté et de la dictature.
Ainsi, M Alpha Condé, a déterré tous ceux et toutes celles qui ont préparé l’échec des anciens systèmes : du PDG au CNDD. C’est avec ces gens, hommes et femmes, certains aussi grabataires que ma grand-mère, qui n’est d’ailleurs plus de ce monde, qu’il veut réussir à « ramener la Guinée où Sékou Touré l’a laissée ». On s’aperçoit que la tâche, si c’en était une, n’a pas été difficile car en un peu plus de deux ans, il a fait pire que Sékou Touré et tous les autres réunis. C’est-à-dire Lansana Conté, Dadis Camara et Sékouba Konaté.
Ce constat fait, il n’y a qu’une seule question à se poser. Quand Alpha Condé quittera-t-il le Pouvoir ? Quand dégagera-t-il le palier ? Jusqu’à quand, tout simplement, fera-t-il souffrir la Guinée des Guinéens ? Comprendra qui pourra ! Quand, surtout le Tout Puissant Accordera-t-il au peuple de Guinée le mérite du bonheur, du bien-être, de l’unité et de la paix ? Quand lui Donnera-t-il tout ce dont il a tant attendu sans encore en bénéficier ? En termes religieux, la Miséricorde.
En effet, du haut de mes cinquante ans passés, j’ai toujours vu les Guinéens prier pour avoir un peu de paix et de bonheur. Hélas, ils ont eu plus de malheur par la faute de leurs propres fils et filles que de bonheur. Cela signifie que ce n’est pas d’un étranger que nous devons attendre le bonheur lié à la démocratie et au développement.
Ce n’est pas non plus à la communauté internationale qui observe imperturbablement notre situation et qui continue de subventionner le système en place que nous devons compter. Preuve est faite que les mines de la Guinée ne valent pas le pétrole d’ailleurs.
L’organisation des Nations-Unies vient, aujourd’hui même, d’avaliser la désignation d’un autre acolyte du pouvoir guinéen comme médiateur de la crise. Celui-là, en n’en pas douter, fera pire qu’un autre Sangaré de piètre souvenir que l’opposition avait aveuglement accepté. Cependant, ce ne sont pas des mises en gardes matériellement appuyées qui manquaient.
Je le dis aujourd’hui, j’avais adressé à qui de droit des documents dénonçant les magouilles politiques dont ce monsieur s’était rendu coupable au Mali et qui lui avaient valu la radiation de la CENI de ce pays. Qu’à cela ne tienne, il a été accepté par nos leaders et nous a collé Alpha Condé.
On pourrait se tranquilliser cette fois-ci en voyant les annonces de par lesquelles l’opposition avise dores et déjà qu’elle n’acceptera aucun médiateur proposé par le RPG et avalisé par quiconque. Mais, les promesses de notre opposition, on en connait la solidité. On me dira encore, il « snipe ». Parole de snipeur me dira-t-on donc. Pas du tout, car mon engagement pour le changement en Guinée est total, sans faille et irréversible.
Je serai auprès et parmi tous ceux et de toutes celles qui se battent pour ce changement. Mais, je dénoncerai sans état d’âme ce qui constitue l’une des failles de l’opposition : celle de n’avoir encore réussi une stratégie qui nous débarrasse du pouvoir ethnocentrique du RPG et de son président.
Soyons clair ! En Guinée, le seul président qu’on a actuellement est celui du RPG. Dire qu’on a un président de la république n’est que conformisme et faire semblant. C’est une manière de se réfugier derrière l’idée de nation que serait encore la Guinée. Malheureusement, il n’y rien de plus erroné depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir de notre pays. La Guinée actuelle ressemble à un vaste ensemble hétéroclite dominé par un clan ethnico-mafiosi qui dilapide comme jamais les richesses minières.
Ce projet est impossible sans l’instauration du pouvoir autocratique, dictatorial et ethnique que nous vivons actuellement. Il est temps qu’on n’y mette fin. Il est grand temps que nous montrions à Alpha Condé et à ceux qui font le malheur de notre pays que la Guinée n’est pas un désert. Qu’elle est habitée par un peuple qui a été le porte-drapeau de tout un continent : l’Afrique. Qu’elle a inspiré toute une époque : celle des indépendances.
Ce qui n’est pas très difficile. En effet, le mouvement populaire qui a fait partir le CNDD et sa puissance de frappe, parce que c’était un pouvoir militaire, ne peut épargner Alpha Condé et sa bande d’escrocs. Ce qui manque, c’est la détermination politique et la volonté inébranlable de l’opposition guinéenne. C’est elle qui, à force de vouloir dialoguer avec des gens de mauvaise foi, qui retarde le glas. Rien d’autre ne manque car l’engagement et le patriotisme de ses militants et de ses sympathisants sont acquis. Les sacrifices qu’ils ont consentis depuis 2010 en font foi.
Pour bon nombre d’observateurs, l’obstination de l’opposition guinéenne à vouloir dialoguer avec un système qui ne les considère pas moins qu’un chien laisse perplexe. En effet, au lendemain des manifestations du 27 février 2013 en Guinée et des violences de toutes sortes commises par le régime guinée, au lendemain des manifestations de Londres, New-York, Paris, Bruxelles, l’opposition guinéenne ne trouve pas mieux que de s’asseoir sur la même table avec le RPG et ses valets. Des gens appelés ministres alors qu’ils savent eux-mêmes qu’ils n’ont ni autonomie, ni considération, ni aucun pouvoir qui serait dévolu à un ministre de la république.
Pourtant, l’opposition sait pertinemment que la Guinée est désormais dirigée par une coordination et non par un gouvernement. C’est cette coordination dite nationale du RPG au sommet de laquelle plastronne une dame aussi vieille que « Diadiagne N’Diaye » qui précipite le pays dans l’abîme social, politique et économique. Pour ceux qui ne comprennent pas l’allusion, Diadiagne N’Diaye, c’est elle qui faisait le souper pour les dieux dans les religions polythéistes. C’est avec une telle personne qu’Alpha Condé veut faire la Guinée.
Les leaders politiques guinéens devraient ouvertement appeler au départ d’Alpha Condé s’ils veulent garder leur crédibilité. Ils ne doivent plus organiser une journée de manifestation et appeler les gens à une ville morte le lendemain. Une telle démarche donne l’occasion à Alpha Condé, à la bande de Rosko, à leurs sbires armés et aux loubards du RPG à tuer, violer et détruire les biens des citoyens. C’est leur permettre d’accomplir, loin de tout regard, leurs odieux crimes.
Ils devraient tenir compte des conséquences des manifestations passées et avoir présent à l’esprit que les répressions du pouvoir sont sans pitié. Que rien ne semble impressionner Alpha Condé et les criminels qui le poussent à agir. Ceux-là mêmes qui, après avoir participé à la faillite des systèmes précédents sont en train de voler la souveraineté du peuple en fixant la date des législatives.
Soit les leaders de l’opposition veulent des élections. Soit ils veulent le changement. Que les choses soient claires ! La Guinée ne peut pas se construire avec la horde de voyous, de revanchards, d’ethnocentriques, des personnes sans état d’âme qui ne vivent que pour faire leur bonheur sur le malheur du peuple. Un peuple qui a trop versé des larmes et du sang.
Les leaders du collectif, de l’ADP, du CDR ne gagneront rien avec Alpha Condé, son système anachronique et son gouvernement de soudards. Ce qu’il cherche, c’est la dislocation de notre nation et l’effritement de tout ce qui a réunis les Guinéens depuis des temps immémoriaux. Il n’a rien à perdre et les Guinéens n’ont rien à gagner avec lui tant cet homme est synonyme de regrets, de divisions, de déroute. Et, malheureusement pire, si toutefois s’il se maintenait encore au pouvoir.
Je dis sans ambages et je souhaite qu’on le retienne, les élections législatives n’amèneront pas le changement en Guinée ! Le changement n’est possible qu’avec le départ d’Alpha Condé. Il faut une révolution en Guinée ! Une révolution maintenant !
Ou l’opposition se bat pour cela, ou elle continuera à s’embourber et à perdre toute crédibilité avant de perdre son âme. Au rythme où vont les choses, c’est Alpha Condé qui profite de la situation car il est en train de monnayer les consciences grâce à la misère qu’il a instaurée.
Alors, c’est maintenant ou jamais l’Harmattan guinéen. Justement, ce vent qui souffle actuellement en Guinée. Il nous faut notre Harmattan comme d’autres leur Printemps !
Lamarana Petty Diallo
Contact: lamaranapetty@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
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